SPECIAL LETTRE OUVERTE DU 25 JUIN. EDITORIAL. Moïse Katumbi et les cailloux du Petit Poucet…

Quarante-huit heures avant l’audience consacrée à l’affaire Katumbi relative au recrutement des mercenaires, 50 parlementaires (députés nationaux et sénateurs réunis dans un collectif) ont adressé une lettre ouverte au Président de la République en sa qualité de «Garant du respect de la Constitution, du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions de la République ainsi que de l’unité nationale…». (sic)

Ils lui ont demandé expressément de mettre fin aux tracasseries dont Moïse Katumbi est l’objet de la part instances judiciaires du pays.

Avouons d’emblée qu’il est tout de même surprenant qu’ils entreprennent une telle démarche en introduisant le paragraphe accusateur par la formule «En effet, sans entrer dans le fond des affaires pour lesquelles Monsieur Moïse Katumbi est poursuivi…» !

Oui, des parlementaires qui saisissent l’Institution Président de la République et font référence aux institutions internationales et à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) sans entrer dans le fond des affaires, ça n’existe que dans ce pays !

Conséquence : même Herman Cohen récupère à son compte cette initiative (lire «AMUSONS-NOUS UN PEU » intitulé «Pourquoi seulement Cohen et non les autres ?»).

***

Bien entendu, le député national Mp François Nzekuye a réagi le 27 juin 2018 par le canal de Radio Okapi en estimant qu’«Il nous parait inadmissible que les mêmes personnes qui dénoncent le fait qu’il y a encore persistance d’impunité dans notre pays qu’en même temps, ils demandent au chef de l’Etat, quand il s’agit de leur leader qui est incriminé, qu’il ne puisse pas subir la force de la loi, ce sont des attitudes irresponsables et inciviques». Et de renchérir : «Demander à un chef d’Etat d’interférer dans une affaire judiciaire en cours d’instruction ne lui est pas reconnu par la Constitution. Le chef de l’Etat n’a pas le droit d’interférer dans une affaire de Justice».

Bien entendu, Georges Kapiamba, le plus actif des «activistes» des Droits de l’homme pro-Katumbi aux côtés d’Hubert Tshisuaka et de Jean-Claude Katende (trio Katshuka), a demandé six jours plus tôt au PGR d’abandonner les poursuites contre son «leader», faisant observer au passage que «Les poursuites du procureur général de la République épargnent des gens impliqués dans la corruption, les blanchiments des capitaux, dans des violations graves des droits de l’homme», avant d’ajouter : «Nous lui disons qu’il doit agir en respectant les droits et libertés fondamentaux des citoyens, en faisant respecter l’indépendance de la justice et en veillant à ce que la justice ne puisse pas être utilisée à des fins politiciennes comme c’est le cas actuellement contre Moïse Katumbi».

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De l’acharnement judiciaire contre le candidat d’Ensemble, parlons-en !

Dans la lettre dont il est l’auteur – quitte à lui à soutenir le contraire – Herman Cohen écrit : «Après avoir déclaré son intention d’être candidat à la présidence de la RDC, le gouverneur Katumbi a été confronté à une hostilité importante de la part de personnalités politiques liées au parti majoritaire au pouvoir. Devant cette hostilité grave, M. Katumbi a invité M. Daryl Lewis et plusieurs associés à lui rendre visite à Lubumbashi pour lui donner des conseils sur sa sécurité personnelle».

Originaire d’un pays où la notion de sécurité est sacrée, le lobbyiste devrait se demander s’il est normal, pour un citoyen américain préoccupé par sa sécurité personnelle à cause des menaces qui lui sont proférées, de recruter des conseillers en la matière sans en aviser l’Autorité établie. Une chose est vraie : si Moïse Katumbi avait saisi par écrit cette dernière, il en aurait brandi la preuve.

Ceci pour la première affaire.

Pour la deuxième (affaire immeuble Stoupis), il est bon de relever que ce n’est pas le Gouvernement qui l’a révélée au public mais plutôt le bâtonnier Jean-Claude Mbuyambo. C’est peut-être pour cela que ni la Cenco, ni les 50 parlementaires signataires de la lettre du 25 juin 2018 ne plaident en sa faveur.

Pour la troisième affaire, Moïse Katumbi se complique la situation lui-même. Lors de sa dernière prestation, à la question simple d’un internaute de savoir s’il dément les informations de «Jeune Afrique» relatives à sa nationalité italienne, il va répond évasivement en avançant que c’est une affaire montée de toutes pièces.

A propos de ces trois affaires, on se souviendra de l’interview de Me Eric D. Moretti à Rfi le mardi 17 mai 2018. A la question de savoir s’il sera à Kinshasa à l’audience du 26 juin 2018, voici ce qu’a été sa réponse : «Si on m’accorde un visa, pourquoi pas. C’est intéressant de pouvoir regarder comment fonctionne la justice. C’est une garantie de la justice démocratique, le fait qu’elle soit publique. Maintenant, je ne sais pas si on m’autorisera à y aller. Moi j’aimerais beaucoup m’y rendre, avec des observateurs internationaux. Et on verra que ce dossier, comme le précédent d’ailleurs, est un dossier totalement bidon. Je reprends le mot des évêques, c’est une ‘mascarade’».

A l’audience du 27 juin à la Cour suprême de justice, il n’y était pas. A-t-il sollicité un visa qui lui aurait été refusé ? Dès lors que personne n’en parle, on peut déduire qu’il s’est défilé !

Quant à la quatrième (visa), ce n’est pas la DGM qui en a fait la découverte. C’est son équivalent belge.

Au lieu alors de parler d’acharnement judiciaire, on devrait plutôt se demander pourquoi – se sachant candidat à la présidentielle – Moïse Katumbi sème-t-il à la manière du Petit Poucet des «cailloux» pour se faire rattraper…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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