ÉDITORIAL. Luanda ? Nouakchott ? Washington ?

Le sommet de l’Union africaine tenu en Mauritanie les 1er et 2 juillet 2018 s’est achevé sans que l’apocalypse projetée sur la RDCongo par le Comité laïc de coordination ne produise les effets escomptés.

Ayant pour thème «Lutter contre la corruption» « , il a certes traité des questions sécuritaires (Sahel, Ethiopie-Erythrée et Soudan du Sud) ainsi que des questions électorales, notamment en RDCongo. Mais pour ces dernières, pas à la manière souhaitée, celle de tancer Joseph Kabila.

Les chefs d’Etat et de gouvernement se sont contentés de la communication du Vice-Premier ministre chargé des Affaires Etrangères et Intégration régionale Léonard She Okitundu, revigoré par la position du dernier sommet de la Sadc tenu à Luanda le 22 juin 2018.

Ainsi, le désintérêt manifesté à l’égard des Congolais par l’Union africaine porte un message à capter 5 sur 5 : l’Afrique se lasse de la légèreté avec laquelle l’élite politique et civile congolaise gère la question électorale.

***

Au cours du mois dernier exemple, un esprit belge malveillant a annoncé la tenue à Luanda pour le 17 juin 2018 d’un sommet où Kabila devait être sermonné par des pairs de la Sadc.

Le même esprit a fait état plus tard de la sollicitation par le Chef de l’Etat congolais d’un report pour mieux se préparer.

Manuel Domingos, ministère angolais des Affaires étrangères, s’est dit surpris de cette information que la presse congolaise anti-Kabila a médiatisée abondamment. Motif : à cette date, rien de tel n’a été prévu dans son pays.

A l’issue de l’audience accordée le 19 juin, à Luanda, par le Président Joâo Lourenço au VPM Léonard She Okitundu, il a considéré comme «constructives» et «dans le respect scrupuleux de la souveraineté de la RDC» les initiatives émanant des organisations continentales et sous-régionales comme l’Union africaine, la Sadc, la Ceeac. «Il n’y a donc pas d’initiatives des pays comme l’Angola ou le Rwanda ou d’autres sur la RDC».

D’ailleurs, pour bien se faire entendre de tout le monde, il va ajouter : «les relations entre la RDC et l’Angola sont excellentes et au beau fixe, l’Angola a toujours soutenu la RDC». Et de préciser : «il faut éviter de tomber dans le piège de la manipulation de communication de certains partenaires qui veulent voir des agendas de conspiration entre nos deux pays».

Le 22 juin, toujours à Luanda où se sont tenus les travaux de la 20ème réunion du Comité Ministériel de l’Organe de Coopération de la SADC dans les domaines Politique, Défense et Sécurité, le Président Joâo Lourenço, «très bien briefé 48 heures avant à Luanda même par Léonard She Okitundu sur l’évolution de la situation politique et le processus électoral en RDC, a salué les progrès réalisés dans les préparatifs des élections, tout en soulignant l’optimisme de la SADC dans l’aboutissement heureux de ce processus. Il en appelle à tous les acteurs congolais et africains impliqués dans les élections à des efforts conjoints pour des scrutins crédibles», a rapporté un confrère, de même que la Secrétaire exécutive de l’organisation sous-régionale, Stergomena Tax, a encouragé «les institutions et le peuple congolais à aller de l’avant pour des élections porteuses d’espoir dans cette grande nation au cœur de l’Afrique».

***

Ayant échoué alors à Luanda et à Nouakchott après les «succès » qu’ils ont cru engranger à Paris et à Bruxelles, les professionnels de la manipulation détournent maintenant l’attention des Congolais sur Washington. Où, à l’administration Trump serait mise sous pression par le Capitole pour accroître des sanctions sur les officiels congolais accusés les uns de violations des droits de l’homme, les autres de corruption, les autres encore de perturbation du processus électoral. Un processus qui, pour rappel, évolue pourtant positivement, selon la Sadc dont la voix ne peut être ignorée ni aux Etats-Unis, ni aux Nations Unies.

Réputés pro-Katumbi, ces «professionnels» évoquent à peine l’option levée par «ENSEMBLE» pour le dépôt de ses dossiers des candidats aux provinciales, ce qui a pour effet d’affaiblir la position radicale de l’Udps/Limete présidée par Félix Antoine Tshilombo, celle de ne pas le faire si tous ses préalables ne sont pas satisfaits.

A dire vrai, les considérations ethno-tribales perturbent leurs calculs. Et le stratagème trouvé pour se défouler est de livrer à la colère euro-américaine le Front Commun pour le Congo, à peine né !

Oui, «A malin, malin et demi» !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsong@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s