Optant pour le dépôt des candidatures aux provinciales, Katumbi lâche à son tour Fatshi !

  • Ça ressemble à la réponse du berger à la bergère. Privé de soutien de l’Opposition parlementaire lors de l’audience du 27 juin 2018 à la Cour de cassation, Moïse Katumbi prend de court son allié de la 25ème heure qui conditionne, lui, le dépôt des dossiers des candidats Udps aux provinciales par plusieurs préalables dont le rejet de la machine à voter…

  

« 15 jours terribles pour l’Opposition radicale ». C’est le titre de la chronique du 1er juillet 2018 annonçant la période allant du dimanche 24 juin au samedi 8 juillet 2018 pour le dépôt, aux Bureaux de réception et de traitement des candidatures de la Céni, des dossiers des députés provinciaux. La chronique d’aujourd’hui étant du 3 juillet, il reste 5 jours francs pour arriver à l’échéance. « Culture Nzombo le Soir » oblige, les partis, les regroupements et les indépendants vont certainement se bousculer au portillon dans les heures qui viennent. C’est le moment choisi par «Ensemble» pour annoncer sa décision, prise à Bruxelles le 1er juillet dernier, de franchir le Rubicon. Moïse Katumbi s’est personnellement engagé à la confirmer sur son compte twitter et dans une déclaration relative au processus électoral rendus publics le même jour…

 

Dans cette déclaration de six paragraphes, il ressort au deuxième qu’«En dépit des incertitudes qui planent sur le processus électoral, je tiens à rassurer l’opinion nationale et internationale qu’à partir de ce lundi 2 juillet 2018, les listes électorales des composantes de ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT seront déposées à la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, conformément au calendrier électoral publié par elle. Ces listes couvrent toutes les 201 circonscriptions de la République».

Au troisième paragraphe, il est indiqué que «La décision de déposer les listes des candidats à la députation provinciale procède de la bonne foi d’ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT et son engagement en faveur de l’instauration du régime démocratique en République Démocratique du Congo. Elle prouve sa détermination de poursuivre la lutte en vue de la tenue des élections libres, inclusives, transparentes et crédibles à la date du 23 décembre 2018 dans le respect de la Constitution et des conditions définies par l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016».

Toutefois, au quatrième paragraphe, il est précisé : «A cet effet, ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT rappelle les déclarations de l’Opposition du 11 avril et du 28 mai 2018 exigeant notamment l’abandon par la CENI de la machine à voter non prévue dans le calendrier qu’elle veut imposer en violation de la loi, la publication immédiate des listes électorales provisoires sans les cas litigieux aux fins des corrections requises, l’application de toutes les mesures de décrispation politique contenues dans l’Accord de la Saint Sylvestre et la levée des restrictions politiques liées à la zone opérationnelle du Kasaï afin de garantir la bonne tenue des prochaines élections».

Et au cinquième paragraphe, «ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT s’en tient strictement à ces déclarations et se réserve le droit de reconsidérer sa position au cas où elles ne seraient pas prises en compte par la CENI et le gouvernement. Dans ce cadre, ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT stigmatise l’opacité du processus électoral et demande le retour des experts internationaux aux fins d’en garantir la transparence et la fiabilité».

Disparition (omission) du point 3 : départ de Corneille Nangaa !

De prime abord, l’analyse de ces cinq paragraphes conduit à constater que les deux premiers traduisent la volonté des Katumbistes d’aller aux élections tandis que les trois derniers semblent émettre et mettre un bémol qualifiable pour la forme.

En effet, une fois le dépôt des candidatures effectué d’ici au 8 juillet 2018 pendant qu’il est évident que les préalables évoqués ne seront pas satisfaits à cette échéance, on ne voit pas ce que ferait de rationnel la plateforme pour la gestion des ambitions des candidats retenus. Si elle décide de les retirer, faudra-t-il qu’elle soit sûre de l’obéissance des candidats. Et même s’ils obéissent, il va falloir s’assurer de la consolidation de l’unité de corps et d’esprit. Ce qui n’est pas évident.

S’agissant du rappel des exigences contenues dans les déclarations du 11 avril et du 28 mai 2018, il est facile à constater dans l’énumération contenue dans celle du 1er juillet 2018 la disparition (omission) du point 3, à savoir «Le départ immédiat de monsieur Naanga, président de la CENI et la désignation toutes affaires cessantes d’un nouveau président de la CENI par la société civile (composante confessions religieuses) d’ici le 15 juin 2018».

Dans le même ordre d’idées, l’argument selon lequel la machine à voter est «non prévue dans le calendrier» et que le fait de l’imposer est une «violation de la loi» ne tient pas la route pour la bonne et simple raison que la Céni n’élimine pas le bulletin papier. La machine en facilite simplement l’impression.

D’ailleurs, commentant la déclaration du 11 avril 2018, la juriste Eve Bazaïba a eu le culot de soutenir que «L’utilisation de la machine à voter viole la Constitution qui exige les élections libres, transparentes et secrètes». Autant il est vrai qu’à son article 5, la Constitution dispose que «La loi fixe les conditions d’organisation des élections et du référendum» et que «Le suffrage est universel, égal et secret. Il est direct ou indirect», autant la loi électorale dispose à son article 58 que «L’électeur qui se trouve dans l’impossibilité d’effectuer seul l’opération de vote a le droit de se faire assister par toute personne de son choix ayant la qualité d’électeur » et ajoute même : «Tout électeur qui aura porté assistance à un autre électeur ne peut communiquer le choix fait par ce dernier».

La politique étant dynamique…

En levant alors l’option du dépôt des dossiers des candidats de sa plateforme électorale «En dépit des incertitudes qui planent sur le processus électoral», Moïse Katumbi ne veut pas – qu’il soit lui-même candidat ou pas – faire courir à sa plateforme  le risque de se retrouver dans les institutions issues des élections sans députés provinciaux, sans sénateurs et sans gouvernements provinciaux.

Il a conscience de la bavure commise par Etienne Tshisekedi en 2005 et 2006, celle de faire manquer à l’Udps les mêmes animateurs si bien qu’en dépit de sa notoriété, ce parti – comme relevé dans l’une des dernières chroniques – n’a jamais participé à l’élaboration, à l’examen ou à l’adoption d’une seule loi en 36 ans d’existence !

En homme averti, il ne peut que lâcher Félix Antoine Tshilombo, très à l’aise dans la pratique «professionnelle» de la chaise vide.

Il sait que si jamais l’Udps/Limete maintient sa décision de conditionner le dépôt des dossiers de ses candidats aux provinciales par ses préalables, et cela au-delà de l’échéance du 8 juillet 2018, et si la Ceni s’en tient au délai fixé dans son calendrier, on assistera à des élections qui favorable à la reconstitution du paysage politique actuel.

La politique étant alors dynamique, et le «re-croisement» possible, il préfère être là où se traitent les affaires du pays, c’est-à-dire dans les Institutions.

Peu importe qu’elles soient hors mandat, illégitimes ou illégales, peu importe également qu’elles soient en plein mandat, légitimes ou légales.

Il fait sienne l’opinion d’Alexis Thambwe Mwamba selon laquelle «la rue qui ne gouverne pas» !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsong@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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