Libre Opinion. Sanctions du Congrès américain ou le triomphe du gangstérisme d’Etat

S’érigeant en juge et partie, le congrès américain exploite le débat politicien interne en République Démocratique du Congo pour y fabriquer sa propre crise politique. Il a adopté une loi sur de processus électoral de la RDC, s’immisçant sans raisons logiques sur des questions éminemment de politique intérieure à notre pays. La loi dont question a été présentée par un certain Smith, sénateur de son état, et ignoré du public congolais, sur base des informations recueillies auprès d’un opposant dont l’activisme anti-patrie auprès des lobbies impérialistes est connu de tous. On est en droit de se demander si ce sénateur américain sait seulement situer la République Démocratique du Congo sur une mappemonde…

 

Sauf mauvaise fois doublée d’intention de nuire, personne de sensé ne peut méconnaitre l’état satisfaisant du fonctionnement régulier des institutions de notre pays selon les normes universellement admises.

Autant que le processus électoral en cours ne souffre d’aucun flottement qui serait, sans recours à la diabolisation injustifiée, imputable à telle ou telle acteur majeur sur l’échiquier politique national, autant il s’observe de manière incontestable et dans la tolérance des moyens médiatiques en activité, les débats contradictoires entre camps politiques opposés, situation normale inhérente à la liberté de pensée et d’expression qu’aucun autre État de la sous-région ne pourrait se targuer d’expérimenter plus que la RDC.

À ce que je sache, les institutions impliquées dans le processus en cours ne se plaignent d’aucun déficit d’agenda qui déciderait une puissance étrangère à s’inviter intempestivement dans le débat interne entre factions politiques du pays et prendre visiblement faits et cause pour un camp contre un autre.

À quoi alors consiste la crise congolaise évoquée par le congrès américain si ce n’est la volonté de créer en juge et partie l’occasion d’agir comme le loup du fable de la Fontaine ?

Méthodes moyenâgeuses de recourir à la loi de la jungle

Par ses mesures irrationnelles, le congrès américain s’est octroyé d’autorité et sans vergogne le droit divin de résoudre par le bâton tout ce qui contrarie les intérêts des lobbies maffieux et  impérialistes pour le compte duquel il agit. Qui plus est, avec en prime le pouvoir discrétionnaire de fabriquer de toute pièce des faits qu’il décide d’imputer aux personnes à condamner et dont la liste est confectionnée en dehors de tout discernement, s’interdisant de ce fait tout devoir de fournir la moindre explication ou rendre compte à qui que ce soit.

Appeler cela comme vous voulez, sauf à retourner au moyen âge et au mépris du principe élémentaire de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États, il n’y a aucune différence entre un tel interventionnisme manifestement destructif et la barbarie expansionniste d’une époque largement révolue.

Il est incontestablement établi que les politiques américains subissent des pressions de la part des lobbies actifs au noir, avec la complicité des réseaux des médias privés manipulant des informations délibérément orientées contre des États nommément ciblés et diabolisés à souhait.

Ainsi, le congrès américain peut se réveiller un bon matin et s’autoriser sans ménagement le pouvoir illimité d’infliger des sanctions opportunément arbitraires contre la RDC. Il s’agit plus des pressions en vue des objectifs précis de mise au pas que des sanctions légitimement correctives d’une situation donnée.

La RDC n’est pas l’enfer de la mal gouvernance dont on l’accuse à tort

La RDC, pays post-conflit se cherchant encore ses vrais repères ; n’a jamais dit se suffire d’une situation évolutive depuis le déclenchement du processus de démocratisation en se gardant de débarrasser comme par baguette magique les tares hérités de la mal gouvernance du passée.

C’est l’homme congolais qui est au centre de la stigmatisation des antivaleurs à tous les niveaux que décrivent les dix fléaux dénoncés déjà en 1975 par le président Mobutu.

Si le congrès américain s’est investi du droit divin et s’estime être fondé de sanctionner tous les abus commis à travers notre pays, comme si la RDC est le seul enfer ici sur terre, l’idéal aurait été que le congrès américain vienne installer dans notre pays, et aussi dans le monde entier, comme à l’époque de la domination de l’empire romaine, ses propres structures d’enquête et de justice, comme cela n’est possible que dans un pays sous domination coloniale.

Agir unilatéralement à distance, tel qu’il le fait sur base des fakes-news que lui servent les ennemis de la RDC, il y a de quoi s’interroger sur quel type d’allégeance nos autorités légitimes doivent-elles aveuglement et sans réserve vouer aux institutions de puissances étrangères pour que notre pays évitent des sanctions décidées sur fond des calculs machiavéliques au bénéfice des intérêts obscurs.

À lire entre les lignes, la déclaration sur lesdites mesures, prises sans autre forme de procès par le congrès américain, on découvre parfaitement la ligne directrice de la volonté qui s’affiche derrière ce qui s’apparente à des intimidations et à un vil chantage qui n’honorent pas une démocratie moderne.

Le congolais est-il considéré comme un sous-homme au point de lui dénier le droit de juger et de sanctionner par lui-même ses propres dirigeants ? Pire, le congolais qui apprend par les médias ses mesures n’a droit à aucun détails, ni justification sur comment on en arrive à ses sanctions par la volonté arbitraire d’une institution étrangère.

Les patriotes doivent réagir et dire non à l’impérialisme et au néocolonialisme 

Ce manque de considération ne peut prospérer au Sénégal, au Cameroun, encore moins au Congo Brazzaville, du reste, n’étant pas des paradis sur terre.

Aussitôt qu’elles seraient annoncées, c’est un tollé général qui s’observerait immédiatement parce que les peuples de ces pays ne vivent pas dans l’obscurantisme culturel ou encore moins sous les effets de l’aliénation mentale.

Le parlement congolais doit réagir par une réplique musclée contre ce qui s’apparente au gangstérisme sauvage d’une puissance étrangère, car il s’agit là d’une dérive gravissime qu’il faut à tout prix décrier et dénoncer avec force.

Lorsque le Congrès américain navigue intentionnellement à contre-courant du processus électoral en cours sur fond des procès d’intention, il se dévoile dans le texte de ses mesures irrationnelles et injustifiées des grosses ficelles tirées dans les coulisses par la mafia impérialiste, avec la complicité de ses valets locaux. Le seul but recherché, c’est de démoraliser la fibre patriotique des fils de ce pays déterminés de se tenir débout jusqu’au sacrifice suprême.

Daniel Makila

Analyste politique

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