Par son communiqué du 7 juillet 2018, le Clc confirme la légalité et la légitimité de Kabila !

 

  • A condition, soutient-il, pour le Chef de l’Etat de ne pas briguer un nouveau mandat !

 

Le communiqué porte le titre «Appel du Comité Laïc de Coordination» et le sous-titre «Le peuple congolais revendique haut et fort son droit à des élections crédibles». Sa première page, qui suscite cette chronique, a trois points introduits par la conjonction   «puisque» exprimant «une cause ou une justification donnée pour déjà connue de l’interlocuteur ou considérée comme incontestable» ou encore marquant «le motif, la cause, la raison connue ou évidente». Partant, le Clc affirme ce qui est irréfutable. A savoir, pour le premier point, le fait que «le processus électoral ne conduira pas à la paix et à la stabilité du pays et de la région», pour le deuxième point le fait que la «période préélectorale en cours dont l’environnement aurait dû être assainie, comme l’exigeaient l’Accord de la Saint Sylvestre et les résolutions pertinentes des Nations Unies continue à être envenimée» et pour le troisième point le fait que «le Président Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006, réélu en 2011, en fin de mandat depuis 2016, semble se préparer activement à poser sa candidature pour un troisième ou quatrième mandat en 2018 compte tenu de son silence sur les déclarations officielles de ses partisans…». Certes, pour chaque point, le Clc avance des arguments qui tiennent des convictions…

 

Seulement voilà, en ne prenant que le 3ème point, le Clc «prévient que si cet acte est posé de manière effective, le président Kabila aurait violé et trahi publiquement son serment constitutionnel».

On n’a pas être un logicien pour reconnaître le non-sens de l’usage de la conjonction affirmative «Puisque» et, en même temps, du conditionnel «si» dans la même phrase, le tout en notant simplement que le Président Kabila semble se préparer activement. Affirmer et conditionner à la fois, ça fait désordre.

Mieux, les signataires – dont des professeurs d’université – se permettent de parler d’un troisième et vulgairement d’un quatrième !

Le nec plus ultra, dans ce communiqué, est cependant au paragraphe. «En conséquence, à dater de ce jour du dépôt de sa candidature, le CLC se verra automatiquement dans l’obligation : – d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaître comme Chef d’Etat légitime et à la Communauté internationale de ne plus le considérer comme le représentant légal et légitime de ses intérêts», soulignent les signataires, en l’occurrence Jonas Tshiombela, Isidore Ndaywel, Justin Okana, Julien Lukengu, Gertrude Ekombe et Franklin Mbokolo, leurs collègues Thierry Landu et Léonie Kandolo signant, paraît-il, de moins en moins les déclarations de leur organisation.

Limitons nous, comme relevé plus haut, à la première page.

Ce qu’il faut absolument déduire de cette partie du paragraphe, c’est la remise en cause de tout ce que le Clc développe jusque-là comme discours au travers desquels il organise des manifestations publiques connues ou projetées.

En effet, le Clc reconnaît clairement Joseph Kabila chef d’Etat légitime tant qu’il ne brigue pas un nouveau mandat ! Il le confirme alors auprès de la Communauté internationale comme «représentant légal et légitime» des intérêts du peuple congolais.

En clair, aussi longtemps qu’il ne brigue pas un troisième ou un quatrième mandat, Joseph Kabila est et reste président de la République légal et légitime conformément à la Constitution, précisément à l’alinéa 2 de l’article 70 selon lequel «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu».

Le Clc reconnaît que même s’il est fin mandat depuis décembre 2016, il jouit des prérogatives dévolues à son institution par la Loi fondamentale.

Les «Trois Glorieuses» projetées en août prochain

Coup dur alors pour ceux des Congolais et des étrangers – à l’instar malheureusement du Mgr Luis Montemayor (dernier nonce apostolique en RDCongo) – de réaliser qu’à forcer de se comporter en force politici-sociale de l’Opposition, le Clc est en train de sombrer. Ses dernières sorties ne lui réussissent plus.

Cas de la saisine de l’Union africaine annoncée le samedi 23 juin 2018 en prévision du 31ème sommet continental prévu à Nouakchott du 1er au 2 juillet. Dans sa correspondance, le Clc a commencé par noter à l’attention des participants à ce sommet que «la situation politique n’a connu aucune évolution positive. Aucune mesure  significative d’impartialité et de bonne foi n’a été d’application de la part des gouvernants et de la direction de la commission électorale nationale indépendante» avant d’ajouter : «Pour sauvegarder l’intérêt commun, le CLC n’a pas d’autres choix dans les semaines qui viennent que de reprendre ses actions avec l’ensemble du peuple congolais plus que jamais éveillé et mobilisé».

On connaît la suite : l’Ua a plutôt salué les efforts en cours pour matérialiser le processus électoral.

Comme pour réaffirmer son rejet de ce processus, le Clc ne fait même pas allusion, dans son communiqué du 7 juillet 2018, du dépôt des candidatures pour les provinciales. Dire que ce communiqué a été publié la veille de la clôture de cette opération démarrée le 24 juin dernier.

Ce genre de silence a une signification claire et nette : le Comité laïc de coordination n’est pas dans le schéma des élections. Il est dans celui de la «Transition Sans Kabila». D’ailleurs, depuis son apparition sur la scène politique, il y travaille au prix du sang et des larmes de l’homme de la rue.

A preuve, il préconise ses «Trois Glorieuses» les 12, 13 et 14 août 2018.

Nous y reviendrons.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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