EDITORIAL. «Voix du peuple, voix de Dieu ?» : faux !

Si le verset «Tout pouvoir vient de Dieu» est biblique du seul fait d’avoir une référence connue, à savoir  Romains 13 :1-2, on ne peut en dire autant de la citation «La voix du peuple, c’est la voix de Dieu» qui, elle, est de Fadeville. On en situe l’apparition en 1852. C’est la traduction latine «vox populi, vox dei».

Ceux qui tentent de trouver à cette citation une origine biblique ont intérêt à méditer à ce qu’en dit 1 Samuel 8 :6-8 : «Samuel vit avec déplaisir qu’ils disaient : Donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel pria l’Eternel. L’Eternel dit à Samuel : Ecoute la voix du peuple dans tout ce qu’il te dira; car ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent, afin que je ne règne plus sur eux. Ils agissent à ton égard comme ils ont toujours agi depuis que je les ai fait monter d’Egypte jusqu’à ce jour; ils m’ont abandonné, pour servir d’autres dieux».

Aussi, lorsqu’un chrétien – ministre de Dieu ou laïc – utilise la citation «La voix du peuple, c’est la voix de Dieu», il pèche. Simplement parce que Romains 13 :1-2 dispose : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes».

De grâce, qu’on ne s’en prenne pas au siteweb www.congo30juin.com. Ceux qui trouvent quelque chose à redire n’ont qu’à se référer au maître du temps et des circonstances. A lui la rétribution, à lui la vengeance, prévient-il à tout le monde, chacun étant appelé à rendre compte de ses actes.  

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Etat laïc – c’est à l’article 1er de la Constitution – la République Démocratique du Congo vit à chaque tournant de son histoire politique une drôle de «christianisation» établissant un hit-parade pour «meilleures églises», «meilleurs prêtres», «meilleures paroisses»…

Naturellement, la meilleure église, le meilleur prêtre ou la meilleure paroisse se mesure à l’aune du durcissement de position à l’égard du Pouvoir.

Ainsi, plus on attaque ce pouvoir, plus on s’attirer la sympathie des forces politiques et sociales internes et externes résolues, elles, à provoquer l’alternance à la tête du pays à tout prix, quitte à la fin de justifier les moyens.

Il y a lieu de le préciser d’emblée pour éviter toute confusion : le Pouvoir visé est impersonnel. C’est celui aux affaires depuis le 30 juin 1960.

Le scénario se reproduit mécaniquement dès que ce Pouvoir a maille à partir avec l’ex-puissance coloniale : la Belgique.

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Il est connu de l’opinion avertie que le plus grand tournant dans l’histoire du Congo indépendant s’est produit les 16 et 17 mai 1997.

Le 16 mai, Mobutu, affaibli par la maladie et lâché par les proches sur lesquels il fonde ses espoirs, quitte furtivement Kinshasa, abandonnant quasiment le pouvoir dans la rue.

Le 17 mai, l’Adfl le ramasse, faute de preneurs. Les Opposants d’alors se terrent qui dans leurs maisons, qui dans les chancelleries, qui dans les dépendances des paroisses.

Or, avant d’en arriver-là, un ministre de Dieu croit son moment arrivé. Celui d’accéder à la magistrature suprême sans passer par des élections. Retenons-bien ce passage : sans passer par les élections.

Malheureusement pour lui, le contexte ne lui est pas favorable. Il se retire comme l’autre.

Depuis, il court continuellement après le Pouvoir qui, hélas !, lui échappe constamment.

Son problème est qu’au verset biblique «Tout pouvoir vient de Dieu», il préfère la citation humaine «La voix du peuple, c’est la voix de Dieu», oubliant simplement que Dieu lui-même a déjà tranché à ce propos en déclarant en Esaïe 55 :8 «Car mes pensées ne sont pas vos pensées ; Et vos voies ne sont pas mes voies».

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Ainsi, pour le Pouvoir, fait-il usage des méthodes du monde. Dont le pharianisme consistant à nettoyer «le dehors de la coupe et du plat, alors qu’au-dedans ils sont pleins de rapine et d’intempérance», à ressembler «à des sépulcres blanchis, qui paraissent beau au dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d’ossements de morts de toute espèce d’impuretés», à courir «la mer et la terre pour faire un prosélyte» qui, au retour, devient «un fils de la géhenne deux fois plus…» qu’il ne l’était !

C’est à cette race-là que Jésus-Christ dit : «Malheur à vous aussi, docteurs de la loi ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous ne touchez pas vous-mêmes de l’un de vos doigts».

Comment peut-il en être autrement lorsque de la bouche du ministre de Dieu et des siens ne sortent qu’injures, insultes, menaces, diatribes etc. ?

La vérité biblique est au moins une : de l’abondance du cœur parle la bouche !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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