Grande Interview au journal “Les Coulisses”. Melonie Kastman, réalisatrice du film : «Jusqu’à ce que la paix règne/Until there is peace»

Directeur de Publication du journal «Les Coulisses», Nicaise Kibel’Bel Oka a recueilli de Melonie Kastman une interview édifiante sur la Brigade d’intervention constituée des troupes de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et du Malawi, brigade ayant accompagné les Fardc dans la neutralisation du M23 en octobre 2013, mais aussi durement éprouvée par l’assassinat des éléments du contingent tanzanien en 2017. Réalisée en français avec traduction anglaise, cette interview est axée sur le film «Jusqu’à ce que la paix règne» ou «Until there is peace» projeté déjà à New York (siège des Nations Unies), Vienne, Genève, Bruxelles et Paris. Sa réalisatrice souhaite le faire aussi au Congo-Kinshasa. INTERVIEW…

 

Nicaise Kibel’Bel Oka : Vous n’êtes pas Congolaise. Peut-on savoir la motivation qui vous a amenée dans le choix du sujet de votre film ?

Melonie Kastman : En écoutant la radio, j’ai entendu des critiques sur les Casques bleus des Nations Unies. Je me suis dit que s’il y a une histoire négative, il devait y avoir beaucoup de nouvelles positives. Je suis allé au Département des Opérations de Maintien de la Paix des Nations Unies et je leur ai dit que je voulais trouver ces images positives et les filmer. Ils m’ont suggéré d’aller en République Démocratique du Congo, dans la région de Beni, et j’ai dit oui, sans savoir exactement où se trouvait Beni. J’aime l’Afrique depuis des années et j’ai travaillé auparavant dans d’autres pays comme le Sierra Leone, juste après la guerre, le Kenya, l’Afrique du Sud ou le Botswana…

Nicaise Kibel’Bel Oka : You are not Congoles. What are the motivations that brought you to choose the subject of your film?

Melonie Kastman : I had hear a negative news report on UN Peacekeepers and I thought for that one negative story there must be so many positive things being done,  So I went to the UN Department of Peacekeeping and told them I wanted to find and film those positive stories.  They suggested DR Congo, Beni area, and I said yes, not knowing where exactly Beni was. But I have a love of Africa for many years and have worked in several other countries like Sierra Leone just after their war, Kenya, South Africa, Botswana ….

 

Nicaise Kibel’Bel Oka : En quelques mots, que peut-on retenir de votre film pour ceux qui ne l’ont pas encore visualisé ? De quoi traite-il et qui en sont les acteurs principaux ?

Melonie Kastman : Mon film parle de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la RDC). Il traite notamment de la Brigade d’intervention (ndlr : une force à mandat offensif, composée de contingents du sud de l’Afrique). Il montre le courage et la façon dont les troupes de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie et du Malawi œuvrent pour les communautés et protègent les populations. Il montre comment ces populations de l’est du Congo vivent vivre dans la crainte d’être attaquées à chaque instant, la peur de voir leurs enfants kidnappés, mais aussi leur courage et leur résilience. J’espère que ce film contribuera à appeler davantage l’attention sur cette situation, car personne ne devrait vivre ainsi.

Nicaise Kibel’Bel Oka : In a few words, what can be remembered from your film for those who have not yet visualized it ? What is about and who are the main actors ?

Melonie Kastman : My film is about the peacekeeping mission Monusco mostly focused on the Force Intervention Brigade.  It shows the bravery and way the troops from South Africa, Tanzania and Malawi work with the community and protect the community. It shows what the community has to live like in fear of being attacked at any time, fear of children being kidnapped and yet the Congolese are so brave and resilient, I hope it brings attention so this can come to end because not one should be living like this.

 

Nicaise Kibel’Bel Oka : Vous abordez un phénomène très complexe et à polémique.

  1. Pourquoi avoir choisi les Nations – Unies comme première cible de projection ?
  2. Quel accueil les Nations – Unies ont-elles réservé à ce film lors de la projection ?

Melonie Kastman : Je pense que l’avis le plus fort que j’ai reçu, c’est que ce film reflète de façon objective ce qu’est la vie des Casques bleus et en République Démocratique du Congo. Je n’avais, auparavant, aucune connaissance des militaires, du maintien de la paix et du Congo ; ce que je montre apporte une perspective nouvelle, sans parti pris.

  1. J’ai choisi les Nations Unies parce qu’ils ont apporté leur soutien à la réalisation de ce film, mais aussi parce que je pensais que c’était le bon endroit pour trouver des gens et des responsables qui peuvent faire en sorte que les choses changent.
  2. J’ai eu un très bon accueil de la part des Nations Unies à New York et puis ensuite aux Nations Unies à Vienne, Genève et Bruxelles. La meilleure présentation s’est faite à Paris, à l’Unesco, le 4 juin. Avec la présence du général Jean Baillaud, commandant adjoint des opérations lors de la projection, nous avons eu une discussion modérée avec M. Rheal LeBlanc (Unog). J’espère pourvoir présenter bientôt le film au Congo.

Nicaise Kibel’Bel Oka : You are dealing with a very complex and controversail phenomenon.

  1. Why did you choose the United Nations to do the first screenings ?
  2. What reception did the United Nations give to this film during the screenings ?

Melonie Kastman : I think the most meaningful feedback that I received is that it is an accurate unbiased representation of what it is like to be a Peacekeeper and in the Congo.  I think that because I had no prior knowledge really about military or Peacekeeping or the Congo it gave me fresh eyes to see it without prejudice.

  1. I chose the UN because they had supported the filming and I thought it was a good place to find people and policy makers who could actually make change happen
  2. I had a very positive reception at the UN in NY and then UN Vienna Geneva Brussels and the best screening at UNESCO in Paris having Jean Baulliad at the screenings made it so much more impactful. I hope to bring the film to Congo soon !

 

Nicaise Kibel’Bel Oka : Quel message voulez-vous donner à la communauté internationale, particulièrement au gouvernement de la RD Congo (et à son armée) à la vue du phénomène que vous avez traité dans le film ?

Melonie Kastman : Je pense que mon film n’a pas pour but de passer un message particulier, mais plutôt de contribuer à comprendre la complexité de la situation et à ce que la Communauté internationale et le Gouvernement de la RDC ne regardent pas cette situation de façon abstraite, mais d’abord sous son côté humain. J’ai voulu montrer le côté humain des choses ; qu’il a, de chaque côté, de bonnes et de mauvaises personnes, comme dans le monde réel où tout n’est jamais totalement mauvais ou acceptable. Je sais qu’il y a beaucoup de choses que je ne connais pas ; c’est pourquoi je ne montre que ce que je connais.

Nicaise Kibel’Bel Oka : What message do you want to give to the international community, especially to the DR Congo  government (and its army) in view of the phenomenon that you have treated in the film ?

Melonie Kastman : I think my film is not to give “a message” per se … but more to bring awareness to to the complexity of the situation and for the international community and the congolese government not to view these situations as “issues” but as real life human beings.  Show the humanity of all of it. That here are good and bad actors in all sides of it just like the real world … that it is not all terrible or not ok. I know there is so much I do not know, so I only show what I experienced.

 

Nicaise Kibel’Bel Oka : A quand la projection de votre film en RD Congo et dans la région des Grands Lacs africains ?

Melonie Kastman : Je voudrais présenter mon film en RDC dès que possible. Les Congolais qui ont vu le film l’ont beaucoup aimé. J’espère aussi pouvoir accéder à une large diffusion, pour que beaucoup de gens puissent voir le film.

Je suis tellement chanceuse d’avoir pu venir, voir et rencontrer tous ces gens admirables qui travaillent avec la Monusco et de vivre auprès des Congolais. J’aimerais revenir bientôt au Nord Kivu…

Nicaise Kibel’Bel Oka : When will your film be shown in DR Congo and in the African Great Lakes region ?    

Melonie Kastman : I would love to screen my film in DR Congo as soon as possible.  Those from the Congo who have seen the film love it … I also hope to get wide distribution so many people can see the film. I feel so lucky to have been able to come and see this and meet all of the amazing people working with MONUSCO and the Congolese people. I would love to come back to North Kivu.

Nicaise Kibel’Bel Oka

Directeur de Publication du Journal «Les Coulisses»

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