Sous prétexte du 3ème mandat Kabila, le Clc entend dégager la voie pour son «candidat» !

 

  • Il s’agit, on s’en doute, du seul grand acteur «politique» cherchant depuis 1990 à accéder à la magistrature suprême sans passer par des élections !

 

  • Tout le reste dans les préalables du Clc n’est que diversion…

 

Ils sont au total six. En l’occurrence «non dépôt de la candidature de Joseph Kabila pour un nouveau mandat», «retrait total et immédiat de la machine à voter», «mis en œuvre des recommandations de l’OIF relatives au fichier électoral», «implication par la CENI des experts internationaux dans l’accompagnement du processus électoral», «fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, de la police et ses services de sécurité» et «application stricte des mesures de décrispation politique préconisées par l’Accord de la Saint Sylvestre». Au point 6 de son communiqué du 7 juillet 2018 totalement muet sur la période de dépôt des candidatures pour les provinciales initialement prévue du 24 juin au 8 juillet mais prolongée au 12 juillet du fait du phénomène «nzombo le soir», le Clc prévient que «L’heure étant grave, la paix et la stabilité au pays ainsi que dans la sous-région étant menacée, le 9 août 2018 le CLC lance un appel à la mobilisation générale de toutes les forces vives de la Nation, pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le 14 août, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la démocratie en péril». Pour qui roule-t-il ? TENTATIVE DE REPONSE…   

 

En passant le scanner sur les acteurs majeurs ayant marqué la première phase de la Transition (1990-1997), il se constate que Mobutu et Tshisekedi sont morts tandis que Gizenga et Kengo sont essoufflés. Ceci côté classe politique.

Côté société civile, principalement dans sa branche la plus active qu’est la sous-composante «confessions religieuses», les Protestants et les Kimbanguistes n’ont pas de cartes à sortir de la manche.

Reste en lice les Catholiques avec, tout naturellement, Monsengwo, président du Bureau provisoire et définitif de la Cns entre 1991 et 1992, président du Bureau du Hcr (Haut conseil de la république) de 1993 à 1994, initiateur de la 3ème voie neutralisant les schémas de la Conférence nationale souveraine et du Conclave politique de Kinshasa en 1994, président du Bureau du Hcr-Pt (Haut conseil de la république-parlement de transition) entre 1994 et 1995, défénestré de ce bureau en 1995 à l’initiative des familles politiques constitutionnelles auto-proclamées Fpc (Forces politiques du conclave) et Usoral (Union sacrée de l’Opposition radicale et Alliés) et ramené précipitamment à Kinshasa en 1997 pour reprendre son poste dans le but de combler la vacance à la magistrature suprême en cas de démission, de décès ou d’empêchement définitif du Président de la République en fonction, en l’occurrence Mobutu qui le soupçonnait déjà de vouloir le remplacer !

C’est à deux doigts de la réalisation de son rêve que le prélat verra un certain Kabila, porte-parole de l’Afdl, lui barrer la route du Palais de la Nation.

La suite se devine d’elle-même lorsqu’à la mort de L-D. Kabila, c’est Joseph Kabila qui prend la succession, et cela dure depuis 17 ans. Bien plus, du fait de l’alinéa 2 de l’article 70, il peut rester davantage en fonction jusqu’à l’installation effective du Président de la République élu.

«Maîtres» et «résignés» de la République cherchent issue !

Or, que se constate-t-il dans la configuration actuelle ? Les forces politiques apparemment en pointe, singulièrement celles de l’Opposition radicale, peinent à s’organiser sérieusement en interne et en externe. Le cas le plus emblématique est l’Udps. La mort du Sphinx en février 2017 l’a sérieusement sonnée.

Déjà, Félix Antoine Tshilombo successeur presque désigné par vote à main levée dans une assemblée d’un millier de membres ne fait pas le poids devant, par exemple, le candidat d’Ensemble,  Moïse Katumbi, lui-même en mauvaise posture en raison de sa nationalité étrangère. Son avocat, Me Moretti, qui a promis dans une interview à Rfi en avril 2018 de démonter cette affaire, semble se défiler. A deux semaines de l’ouverture de la période de dépôt des candidatures pour la présidentielle et les législatives prévue du 24 juillet au 8 août 2018, il est trop silencieux.

On a longtemps cru que les dissidents de la Mp évoluant dans le G7 connaissaient toutes les stratégies pour offrir à l’Opposition radicale et à certaines puissances étrangères la tête de Joseph Kabila. Deux ans et demi après leur fronde, leur ex-autorité morale semble plutôt les connaître mieux que quiconque.

Vital Kamerhe se présente comme le moins «mal à l’aise» des candidats de l’Opposition radicale. Curieusement, ses pairs se méfient de lui. Ils apprécient bien la finesse de son raisonnement mais doutent de sa sincérité.

Jean-Pierre Bemba, acquitté visiblement pour des raisons politiques amplement justifiées par les Américains Herman Cohen, Jason Stearns et Ida Sawyer, pourrait ne pas être prêt avec son dossier de candidature dans les quatre semaines à venir, même si son parti projette un congrès. Et quand bien même il sera candidat, c’est un homme conscient des dégâts de son sale caractère. Il pourrait, au demeurant, prendre un congé sabbatique pour ne remonter sur la scène politique que dans le 4ème cycle électoral.

Quant aux autres candidats à la présidentielle, entre autres Martin Fayulu, Adolphe Muzito, Noël Tshiani et autres Freddy Matungulu, ils se savent certes partants, mais non arrivants !

«Maîtres» du monde et «résignés» de l’Opposition radicale cherchent l’issue appropriée !

Les victimes ? Ce n’est pas son problème

Il va de soi qu’à défaut de visibilité, ils s’imposent une solidarité de survie en misant sur l’acteur «politique» pour qui le contexte d’accession à la magistrature suprême est aujourd’hui favorable : opposants neutralisés et auto-neutralisés, activistes religieux de la société civile désintéressés, processus électoral sous pression, mais surtout âge canonique pour retrait de la vie religieuse atteint : Laurent Monsengwo.

Depuis 2001, sa cible reste Joseph Kabila. Dont il conteste toutes les initiatives le mettant en bonne position : référendum constitutionnel de 2005, victoires électorales de 2006 et de 2011, programme des 5 Chantiers pour la République.

Que le Clc soit apparu en décembre 2017 avec sa bénédiction n’a rien de surprenant. C’est sa machine, son char, son artillerie. D’où le peu d’attention accordée aux candidatures pour les provinciales (du 24 juin au 12 juillet) et pour les législatives (du 24 juillet au 8 août 2018).

Que le Clc ait retenu comme préalable n°1 le «non dépôt de la candidature de Joseph Kabila pour un nouveau mandat» n’a rien de fortuit. Ce préalable a motivé les trois manifestations publiques du 31 décembre 2017 ainsi que du 21 janvier et du 25 février 2018.

Les victimes ? Ce n’est pas son problème. On ne fait pas d’omelettes sans casser les œufs. Si celles des manifs Clc ont été proclamées «martyrs», leurs prédécesseurs de la Marche des Chrétiens d’un certain 16 février 1992 n’ont jamais obtenu la «grâce cardinalice».

Les dégâts au sein de la société civile au sein de la sous-composante «confessions religieuses», Cenco comprise, ou au sein du laïcat catholique ? Ce n’est pas son problème.

Aussi,  tous les préalables étalés dans le communiqué du 7 juillet 2018 ne sont que prétextes.

En effet, qu’adviendra-t-il s’ils ne sont pas satisfaits ? Tout esprit sensé a la réponse exacte : il n’y aura pas d’élections. Conséquence : pas de candidature de Joseph Kabila pour un nouveau mandat, pas de retrait total et immédiat de la machine à voter, pas de mise en œuvre des recommandations de l’OIF, pas d’implication par la CENI des experts internationaux dans l’accompagnement du processus électoral, les quatre préalables liés techniquement au processus électoral.

Ce sera – cela se devine bien – l’avènement de la fameuse «Transition Sans Kabila». Au profit, évidemment, de l’unique acteur majeur courant après la magistrature suprême depuis 1990 sans passer par l’épreuve des élections.

Moralité : sous prétexte du 3ème ou du 4ème mandat de Kabila, le Clc entend dégager la voie pour son «candidat» qui, lui, préfère à la sentence biblique «Tout pouvoir vient de Dieu» (Romains 13 :1) la citation humaine «La voix du peuple, c’est la voix de Dieu» (Lire Editorial « Voix du peuple, voix de Dieu : c’est faux» ! Il croit son heure venue.

Les «résignés» de l’Opposition sont prêts à accepter ce schéma pour souffler…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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