EDITORIAL. «Prétendants» à l’alternance politique prennent déjà peur…

La Déclaration politique de l’Opposition rendue publique le 23 juillet 2018 compte 16 points. Le 13ème, très intéressant, fait dire à cette Opposition politique qu’elle :

1) dénonce les actes posés par Monsieur Joseph Kabila depuis l’expiration de son mandat pour se maintenir au pouvoir, actes qui impacteront, sans doute, négativement le fonctionnement régulier de la République même après les élections;

2) met en garde contre toutes velléités de conclure avec Joseph Kabila et son gouvernement illégitimes, des accords, contrats ou conventions généralement quelconques portant notamment sur les finances publiques, le patrimoine de l’Etat et les ressources naturelles de la RD et touchant aux intérêts vitaux de la Nation congolaise.

3) appelle le Peuple congolais à mettre fin à la passion criminelle de Joseph Kabila pour le Congo qui précipite le pays vers le chaos, et à faire obstacle par tous les moyens, y compris par le recours et l’article 64, à toute velléité de Monsieur Kabila de se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution et d’instaurer une nouvelle dictature dans notre pays».

Le sous-point 13-2 étant déjà exploité dans la sous-rubrique «AMUSONS-NOUS UN PEU !» intitulé «L’Opposition illégitime met en garde ses ‘parrains’»!, contentons-nous d’abord du sous-point 13-1, ensuite du sous-point 13-3.

***

Par le premier, l’Opposition avoue implicitement qu’elle ne saura apporter au peuple congolais le bonheur promis après les élections. A la base, relève-t-elle, l’impact négatif des actes d’Etat que pose Joseph Kabila dans le fonctionnement de l’Etat.

De quels actes s’agit-il ?

Bien entendu, elle ne les cite pas.

Cette attitude n’est pas sans rappeler les lendemains de l’élection d’Etienne Tshisekedi en qualité de Premier ministre à la Conférence nationale souveraine un certain 15 août 1992.

Alors président du Bureau de la Cns, Laurent Monsengwo – Monseigneur à l’époque – avait convaincu le peuple zaïrois en conférence de l’impératif d’élire rapidement le chef du Gouvernement parce que c’était la condition posée par l’Union européenne pour la reprise de la coopération structurelle suspendue, on le sait, à la suite du « massacre des étudiants » survenus sur le campus de Lubumbashi en mai 1990. Massacre qui va se révéler faux, mais plus tard et même trop tard.

Tshisekedi plébiscité en 1992 (comme cela va s’observer en 2006 après l’élection de Joseph Kabila), l’Union européenne ne débloquera pas l’aide promise.

Comme pour justifier son incapacité de tenir ses propres promesses d’un Zaïre assuré d’un bel avenir, le lider maximo mobilisera ses canaux médiatiques avec une seule consigne : dénoncer l’existence des peaux de banane placées sur son chemin par les Mobutistes pour l’empêcher de bien gouverner.

L’histoire, pardon l’épisode se répète en ce que l’Opposition à Kabila prépare l’opinion à son infortune une fois aux affaires : le Chef de l’Etat serait en train de planifier l’échec de son successeur émanant du Rassop/L et Alliés. Comme si par alternance politique, on ne doit entendre que l’avènement de l’Opposition aux affaires et non le maintien au pouvoir de l’actuelle Majorité.

***

D’où, par le sous-point 13-3, l’appel lancé au peuple congolais «à mettre fin à la passion criminelle de Joseph Kabila pour le Congo qui précipite le pays vers le chaos, et à faire obstacle par tous les moyens, y compris par le recours et l’article 64, à toute velléité de Monsieur Kabila de se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution et d’instaurer une nouvelle dictature dans notre pays» !

C’est tellement tiré par les cheveux qu’on en vient à se demander si cette Opposition est effectivement prête à aller aux élections.

Visiblement, elle est et reste dans le schéma d’une «Transition Sans Kabila» parce consciente d’une vérité, de l’unique vérité implacable à laquelle elle fait face : son incapacité de convenir d’une candidature commune. D’où le stratagème de promouvoir celle du cardinal Laurent Monsengwo, les évidences étant que :

  1. Moïse Katumbi, quoiqu’on en dise, n’a aucune chance de revenir au pays et d’y faire campagne en dépit des assurances données par Me Moretti au sujet de la nationalité italienne sur base du document non pas des autorités municipales de San Vito dei Normanni, encore moins des autorités gouvernementales (notamment les ministères de l’Intérieur, de la Justice ou des Affaires étrangères), mais plutôt d’un Procureur, et en plus sur du papier en-tête et texte en français;
  2. Félix Antoine Tshisekedi, quoiqu’on en dise, n’a pas l’aura du père et
  3. Jean-Pierre Bemba, quoiqu’on en dise, traîne comme un boulet à ses pieds la réputation d’avoir sale caractère, même s’il s’en défend aujourd’hui en déclarant avoir grandi de «dix ans plus» !

En schématisant, l’Opposition trahit son incapacité d’assumer sa responsabilité dans la gestion de la Chose publique dès son accession à la magistrature suprême au motif que le Président Joseph Kabila déstructure l’Etat et veut refiler la patate chaude au prélat.

Pourquoi dans ce cas confier la gestion du pays à des mains se reconnaissant inexpertes ?

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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