EDITORIAL. Katumbi, plutôt sécessionniste en puissance que présidentiable !

Pourquoi rentrer seulement au pays via Lubumbashi et non Goma, Kisangani ou Kinshasa ?

Si l’on s’en tient à la loi n°10/014 du 31 décembre 2010, l’article 68 dispose que «Sauf autorisation de l’autorité de l’aviation civile :

  1. a) le décollage et l’atterrissage d’un aéronef ne peut s’effectuer en dehors d’un aérodrome,
  2. b) un aéronef venant de l’étranger ou s’y rendant atterrit sur un aéroport international ou en décolle».

Les aéroports congolais de niveau international sont les quatre cités.

Ce qui est valable pour Jean-Pierre Bemba en provenance de Bruxelles l’est pour Moïse Katumbi en provenance de Johannesburg, de même que pour tout autre présidentiable rentrant au pays par son avion personnel en vue du dépôt des candidatures à l’unique Brtc installé au siège de la Céni, à Kinshasa.

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Pourquoi alors le candidat d’Ensemble tient absolument à passer par Lubumbashi pendant que la destination finale est Kinshasa ? Et pourquoi menace-t-il de le faire par tout moyen à sa portée, c’est-à-dire par voie terrestre à partir de la Zambie à défaut de la voie aérienne à partir de l’aéroport de Luano ?

Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas emprunter la voie ferroviaire ?

Sa détermination incite à croire que l’homme opte pour une épreuve de force.

Pourtant, il a conscience du fait que tout peut arriver, et pas forcément à l’initiative du Pouvoir.

Après tout, il n’a jamais été un saint. Les abus dont il s’est rendu coupable, directement ou indirectement, à l’égard des tierces personnes (physiques ou morales) avant, pendant et après son règne sur le Katanga peuvent «inspirer» et justifier des actes incontrôlés.

Il est à noter qu’à la différence du Mlc qui a obtenu des autorités locales un dispositif policier pour assurer la sécurité de son candidat, Ensemble ne jugé utile d’en faire autant. Ce qui signifie ce que ça signifie.

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Qu’il veuille bien l’admettre ou pas, Moïse Katumbi le doit savoir : la Monusco n’est pas une garantie suffisante de sécurisation. Pour avoir vu en 2006 et en 2007 la Monuc détaler des coins stratégiques de la capitale alors que la ville basculait dans la violence, les Kinois en savent quelque chose.

Qu’il veuille bien l’admettre ou pas : toute tentative de sa part de confier sa sécurité à des privés (à l’instar de Darryl Lewis) confirmera l’affaire des «mercenaires».

Aussi, en préférant à Kinshasa (où il pourrait facilement être arrêté dans l’indifférence de la majorité des Kinois) Lubumbashi (où le même exercice susciterait certainement des échauffourées chez certains Lushois), le candidat Moïse Katumbi agit moins en présidentiable pour le Congo qu’en sécessionniste en puissance.

Un certain Gabriel Kyungu wa Kumwanza a déjà averti l’opinion : sans Katumbi candidat, point d’élections dans l’ex-Katanga !

Or, Kyungu est conscient de l’étiolement de son leadership. Des quatre coins de l’ex-province cuprifère, surgissent des forces politiques et sociales foncièrement et manifestement opposées à son discours.

En s’affichant malheureusement «kyunguïste», Katumbi risque de faire les frais du déclin de son compagnon. Si bien que la bavure à ne pas commettre est celle de croire en sa capacité d’entraîner tout le Katanga dans une aventure de nature à rappeler la sécession managée autrefois par un certain Moïse Tshombe.

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Dans cette perspective, Moïse Katumbi réduirait ses chances dans les 25 autres provinces du pays pendant que la 26ème, le Haut Katanga s’entend, ne lui est pas totalement acquise.

Il faut admettre que ceux des membres de son pré-carré à l’encourager dans l’aventure de rentrer au pays par l’ex-Katanga sont des bons conseilleurs, c’est-à-dire de mauvais payeurs.

N’étant du reste pas du Grand Katanga, ils ne peuvent que pousser Moïse Katumbi à la faute.

A l’instant précis, ils ont en train de réaliser leur agenda caché sur son dos : réduire l’impact nationaliste et patriotique de leur candidat président amené à se dire, comme Jules César : «J’aimerais mieux être le premier dans ce village que le second à Rome».

C’est cela même le message à déduire du choix de Lubumbashi !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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