Retour médiatisé. Avec quel document de voyage Katumbi va-t-il fouler le sol congolais ?

Jusqu’à présent, nous n’avons enregistré aucune réaction ou démarche de sa part. On peut donc dire qu’il est actuellement en séjour illégal. Son passeport reste pour le moment confisqué au niveau du procureur du roi», a déclaré à Jeune Afrique jeudi à Bruxelles, Geert Devulder, le porte-parole de l’Office belge des étrangers. À en croire les autorités belges, jusqu’à présent Moïse Katumbi n’a toujours pas régularisé sa situation avec l’administration congolaise – acquisition d’un nouveau passeport biométrique – après son interpellation, le 14 juin dernier, en raison d’un passeport jugé «falsifié» par la police belge…

 

Alors que l’opinion congolaise attend toujours une explication de la part de l’intéressé sur  son vrai statut actuel, sa plate-forme n’a pas trouvé mieux que d’ajouter de la confusion, en annonçant son retour au pays au courant de ce mois d’août  avec une médiatisation qui frise le ridicule.

Katumbi a quitté l’Europe pour un pays africain pour faire savoir à tous nos partenaires qu’il sera ici [à Kinshasa] avant le 8 août pour le dépôt de sa candidature. J’appelle les kinoises et kinois à réserver à cette belle nouvelle l’accueil que cela vaut”, avait déclaré le secrétaire général de la plateforme Ensemble, Delly Sesanga,  devant la presse à Kinshasa  le dimanche 29 juillet 2018.

Moïse s’enfonce dans la bêtise

Comme le ridicule ne tue jamais, dans une correspondance référencée 11507/PR/MK/2018, du 30 juillet 2018, adressée à la direction de l’Autorité de l’Aviation Civile de la République Démocratique du Congo – RDC –  Moïse Katumbi Dagnano écrit entre autres, ce qui suit : ”Je vous  demande de bien vouloir autoriser le survol  de l’espace aérien congolais et l’atterrissage ce vendredi 3 août 2018 à l’aéroport de la LUANO à Lubumbashi de l’avion Golfstream IID immatriculé ZS – JDL en provenance de JOHANNESBURG – Afrique du Sud…

La réalité est qu’aujourd’hui  le seul document congolais que détenait Monsieur Moïse Katumbi Dagnano est un passeport semi-biométrique, document n’ayant plus court légal en RDC, de surcroît   confisqué par les autorités belges depuis le 14 juin 2018.

La question que les congolais sont légitimement en droit de poser au  gouverneur honoraire de l’ex-province du Katanga est celle de savoir : ”avec quel document de voyage va-t-il fouler le sol congolais  le 3 août prochain ?

JP Bemba plus intelligent  que Katumbi 

L’opinion congolaise se souviendra que le premier acte posé par Jean-Pierre Bemba  Gombo au plan national, après sa libération conditionnée, était celui de régulariser son statut vis-à-vis de l’administration de son pays.

En effet,  depuis son acquittement le 8 juin 2018 des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, JP Bemba  a reçu l’autorisation de séjourner à Bruxelles. Il  s’est par la suite rendu discrètement à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour faire sa demande de passeport diplomatique, en sa qualité de sénateur. Le 13 juillet dernier,  «le passeport diplomatique» sollicité été remis au requérant à travers l’un de ses proches, nous avait indiqués une source au ministère des affaires étrangères.

Dès lors, plus rien n’empêchait son retour en RDC. Ce qui n’est pas le cas avec Moïse  Katumbi.

Comme nous l’avions démontré, le concerné ne détient présentement aucun passeport selon les autorités belges.

Par ailleurs, le président de la plate-forme ”Ensemble” est en séjour irrégulier en Belgique depuis le 5 juillet dernier, selon le responsable de la police des frontières de ce pays.

Il convient de retenir également que la demande de survol et d’atterrissage devrait être formulée à l’autorité compétente par la compagnie d’aviation. Dans ce contexte, la compagnie avait le devoir de fournir le plan de vol, le numéro d’immatriculation de l’avion, les preuves de  l’assurance de l’appareil  et surtout  se rassurer sur l’identification de ses  passagers – documents de voyage. Or l’un des passagers, en l’occurrence Moïse Katumbi, ne possède plus un passeport en règle.

C’est pour toutes ces raisons que les observateurs notent qu’il sera très difficile pour l’autorité de l’Aviation Civile de prendre ce  risque de violer la réglementation en matière d’atterrissage ou de décollage et surtout  fouler aux pieds,  les lois de la République Démocratique du Congo.

Guy Momat

RDC TODAY, 1er août 2018

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