EDITORIAL. Bemba : dessous des cartes pour médias occidentaux !

Les médias occidentaux aiment tellement voir le sang nègre couler qu’ils ont choisi le 1er août 2018, quelques instants après le retour qualifié de mouvementé de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, pour se focaliser plutôt sur les incidents post-électoraux du Zimbabwe où, le même jour, il a été enregistré trois morts, portés maintenant à six.

Les réseaux sociaux congolais pro-Opposition ont espéré une diffusion virale de la vidéo présentant un manifestant bembiste étendu sur la chaussée, tête pulvérisée par une ou des balles «réelles tirées à bout portant» par la police chargée de sécuriser le retour du président national du Mlc.

La tentative a échoué en ce que ni la Police, ni le Mlc n’ont fait état d’un seul mort.

Alors, pour confirmer le retour mouvementé de Chairman, les médias occidentaux vont faire de l’usage du gaz lacrymogène et du refus de la police de permettre au revenant de reloger dans la résidence familiale leurs choux gras.

On peut dire que là, ils ont réussi.

En effet, dans des émissions à téléphone ouvert proposées par quelques médias audiovisuels congolais, le débat a porté sur le retour à la maison héritée de papa.

«Comment interdire à quelqu’un de rentrer chez lui ou chez eux», a-t-on entendu dire.

Il faut bien qu’une réponse appropriée soit donnée.

***

Ouvrons déjà une parenthèse à ce sujet. Rappelons-nous du stade Tata Raphaël, un certain 28 juillet 2006 : Bemba vient de terminer sa campagne électorale en provinces. Les élections (présidentielle pour le premier tour et législatives) sont prévues le 30 juillet. Pour s’attirer la sympathie de la population de Kinshasa, mais surtout la dresser contre le candidat Kabila, le candidat Bemba attribue à ce dernier les propos «injurieux» selon lesquels jusqu’à 40 ans d’âge, les Kinois vivent encore sous le toit paternel.

Evidemment, il réussit son coup tout en sachant que c’est un mensonge grossier.

L’ennui est qu’il promeut par effet d’entraînement le discours sur la congolité. Comme pour inoculer dans l’esprit des Congolais les concepts discriminatoires «mwana mboka» pour les citadins et «mwana zamba» pour les ruraux. L’autre appliquerait à ces derniers le jargon colonial «indigène» !

Et que fait-il, lui-même, de retour au pays le 1er août 2018, à 56 ans d’âge, c’est-à-dire bientôt la soixantaine sonnante ?

Eh bien : Jean-Pierre Bemba Gombo veut rentrer chez papa !

En jargon kinois, il veut rentrer «chez bango»…

Franco Luambo dirait «azongeli mbeto na ye ya bomwana» (ne traduisez pas SVP !).

***

Aussi incroyable que cela puisse paraître, aucun des médias occidentaux ne se préoccupe jusqu’à ce jour de savoir où Chairman logeait à l’époque où il était conseiller financier du maréchal Mobutu ! Ou encore où sous le «1+4», c’est-à-dire entre juin 2003 et décembre 2006. Ou avant les incidents de Kinshasa en mars 2007. Il ne vivait tout de même pas sous le toit paternel.

Il est connu de tout le monde que sous le « 1+4 », il avait deux adresses: l’officielle, sur le Bd du 30 juin, en face du cimetière de Gombe, et la privée, avenue Kalemie, non loin de la résidence Ubuntu (ambassade d’Afrique du Sud).

De quoi alors se demander pourquoi n’a-t-il pas fait réaménager sa résidence personnelle.

Ou de quoi se demander aussi pourquoi vouloir récupérer absolument la résidence paternelle qui est tout de même un bien familial.

On pourrait supposer qu’il y a anguille sous roche.

***

Ce qui doit d’emblée être noté, c’est qu’en quittant la Belgique pour la RDCongo, Jean-Pierre Bemba savait que sa sécurité dépendre du pays d’accueil et/ou de résidence, et non de la Cpi via la Monusco. Après tout, malgré son acquittement pour la première affaire, il est encore «prévenu» de la Cour pénale internationale pour la seconde.

Partant, il a conscience de se soumettre à des exigences sécuritaires relevant de la compétence des autorités gouvernementales, cela autant en Belgique qu’en RDC.

Si l’homme de la rue est censé ne pas le savoir, l’homme politique le sait, et avec lui les médias.

Surtout les médias occidentaux.

Hélas ! Comme cela arrive quand il s’agit de l’espace nègre, l’intérêt porte plus sur l’accessoire que sur l’essentiel. L’accessoire, ici, c’est le spectacle : accueil bloquant la circulation dans la ville, largage de la bombe lacrymogène par la police, nombre de blessés et de morts etc.).

Pourtant l’essentiel, dans le cas Bemba, est la sécurisation de son séjour dont le but connu est le dépôt du dossier de candidature. Chose faite le 2 août 2018.

En principe, après le «pèlerinage» de Gemena il est question de s’incliner devant la tombe de son père Jeannot Bemba Saolona, Chairman pourra revenir à Kinshasa pour repartir sur Bruxelles où il devra attendre avant la campagne électorale en novembre le verdict de l’affaire de subornation des témoins.

Bien entendu, faute de sang, le séjour mouvementé de Jean-Pierre Bemba ne suscite aucun intérêt.

L’intérêt s’est déplacé sur Lubumbashi…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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