En forçant son retour, Moïse Katumbi disqualifié par dix observations !

 

  • Ses «parrains occidentaux» découvrent au travers des dernières prestations un homme n’ayant aucun sens d’Etat ni de l’Etat. A Bruxelles de Didier Reynders à Washington d’Herman Cohen en passant par New York de Nikki Haley, la déception doit être à son comble…

 

L’actualité politique en RDCongo est actuellement focalisée sur l’aventure de Kasumbalesa où, depuis le 3 août 2018, en provenance de Johannesburg, la délégation d’Ensemble conduite par Moïse Katumbi arrivée en Zambie tente en vain de rentrer au pays. Dans sa dépêche du jour intitulée «Moïse Katumbi bloqué en Zambie» publiée initialement à 19h53 et mise à jour à 20h22, Radio Okapi signale que «Des sources à Kasumbalesa indiquent que l’ex-gouverneur du Katanga était resté bloqué longtemps dans la zone neutre, entouré des milliers des sympathisants. Du côté congolais, aucun service ne fonctionnait à la frontière, qui a été fermée. Entre-temps, sur place, la police a dispersé les manifestants à coup de gaz lacrymogènes» et note, en plus, que «Des personnes jointes à Kasumbalesa par Radio Okapi se demandaient pourquoi le gouvernement congolais empêche Moïse Katumbi de retourner au pays, alors qu’il y a un mandat de prise de corps émis contre lui par le tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo». Au fait, dans toutes leurs déclarations, les Katumbistes intervenus dans des médias comme TV5, France 24 et Rfi mettent l’accent sur ce qu’ils présentent comme une contradiction. Qu’en est-il au juste ? Dans cette chronique, www.congo30juin.com va au-delà de cette préoccupation au travers des dix observations justifiant le titre. DEMONSTRATION :     

Première observation : en décidant de se livrer à la justice congolaise à cinq jours seulement de la clôture de la période de dépôt des candidatures pour la présidentielle et les législatives, et en sachant par avance  qu’il est l’objet d’un mandat de prise de corps, Moïse Katumbi devait avoir conscience du fait que son arrestation le bloquerait à Lubumbashi avec pour conséquence de l’empêcher de descendre à Kinshasa pour déposer son dossier. Il agit comme si son intention n’était pas d’arriver dans la capitale !

Deuxième observation : en adressant le 30 juillet 2018 à l’Autorité de l’aviation civile de la RDCongo sa demande de survol du territoire congolais et d’atterrissage à l’aéroport de Lubumbashi, Moïse Katumbi devrait exiger de cet organisme un accusé de réception. Or, il ne dispose pas de cette preuve. Autrement, il se serait empressé de la publier.

Troisième observation : en annonçant, de Johannesburg, son départ pour Lubumbashi le 3 août 2018, il devrait disposer du plan de vol sollicité et obtenu de l’Autorité de l’aviation civile sud-africaine. Vraisemblablement, il n’en a pas. Autrement, il l’aurait publié également.

Quatrième observation : dès lors que son avion a atterri plutôt à l’aéroport zambien de Ndola que congolais de Lubumbashi, c’est qu’au départ de Jo’bourg, les Autorités de l’aviation civile d’Afrique du Sud et de la Zambie se sont mises d’accord pour lui délivrer le plan de vol exclusivement pour ce parcours. De même qu’en quittant Bruxelles pour Johannesburg, Moïse Katumbi avait sollicité et obtenu par écrit, avec accusé de réception, le plan de vol accepté par les Autorités de l’aviation civile belge et sud-africaine.

Cinquième observation : en forçant son retour par la frontière congolo-zambienne de Kasumbalesa, Moïse Katumbi n’était pas sans savoir qu’il mettrait à mal les opérations d’exportation minière sans lesquelles, cela est évident, le Katanga cesse d’être le Katanga, et concomitamment avec elles les opérations d’importation desquelles dépendent cette ex-province. Il savait en même temps qu’il perturberait les rentrées douanières. On peut de ce fait affirmer qu’il a cherché à asphyxier économiquement le Katanga, donc son électorat principal.

Sixième observation : en laissant les siens demander au peuple d’aller le chercher en Zambie pour le ramener en RDC, précisément à Lubumbashi, Moïse Katumbi cautionne en réalité un appel au soulèvement populaire avec, en plus, une crise diplomatique en Kinshasa et Lusaka.

Septième observation : en misant sur l’intervention de la Monusco pour sa sécurisation, Moïse Katumbi confirme, si besoin est, qu’il ne connaît rien du droit international, simplement parce qu’étant manipulé par ses juristes. Il découvre seulement maintenant que la Monusco n’a pas pour charge de sécuriser des individus, fussent-ils présidentiables, mais plutôt la population civile, et encore celle vivant sous menace des groupes armés.

Huitième observation : privé de candidature à la présidentielle, Moïse Katumbi met dans une épreuve dure ses proches qui, par solidarité, ne peuvent pas déposer leurs dossiers de candidature aux législatives. Il s’agit, entre autres, de Gabriel Kyungu, Pierre Lumbi, Christophe Lutundula, Olivier Kamitatu, José Endundo, Christian Mwando, Delly Sessanga et Jean-Bertrand Ewanga.

Neuvième observation : privé de candidature à la présidentielle, Moïse Katumbi devrait prendre conscience du fait de se priver en même temps de la solidarité de l’Opposition. Ce serait le comble de naïveté de sa part que de croire, par exemple, dans une décision collégiale de l’Opposition radicale de boycotter les élections pour cause de sa non-participation. Au contraire, pour tous les autres candidats de l’Opposition sans exception, son élimination est une bonne chose. «C’est une affaire de la famille Mp», dirait l’autre.

Dixième observation : Moïse Katumbi doit bien se demander pourquoi avoir programmé sa rentrée au pays à cinq jours seulement de l’échéance du 8 août 2018. Il aurait fait un mois ou deux semaines plus tôt que ses avocats auraient mis à profit ce délai pour le tirer d’affaire. Or, en le faisant seulement maintenant, il est censé savoir que le temps joue contre lui. Reste maintenant à savoir si l’initiative vient de lui-même ou de ceux qui sont allés préparer récemment à Bruxelles son retour.

Moralité : «Gouverner, c’est prévoir», dit-on. Or, à l’analyse de ses derniers faits et gestions, Moïse Katumbi prouve qu’il n’en a pas l’aptitude. D’où l’auto-disqualification.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

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