«Aventure Kasumbalesa» : Katumbi prié gentiment de quitter la Zambie

 

  • Va-t-il repartir sur Jo’bourg pour remonter sur Bruxelles ?

 

Le tweet est d’Olivier Kamitatu. Il est ainsi libellé : «#Kasumbalesa le Gouvernement Zambien vient de signifier officiellement au Prés.@moise_katumbi du refus des autorités de Kinshasa de le laisser franchir la frontière pour rentrer dans son pays. A-t-on jamais vu un gouvernement interdire à un soit-disant fugitif de se rendre ?». Sans doute que les autorités de la Zambie n’ont pas envie de garder sur leur sol un opposant devenu encombrant… Dans la chronique du 4 août 2018 intitulée «En forçant son retour, Moïse Katumbi disqualifié par dix observations !», deux de ces observations ont été consacrées aux aspects économiques et diplomatiques entre la RDCongo et la Zambie. Il s’agit de la cinquième et de la sixième…

           

La cinquième est formulée en ces termes : «en forçant son retour par la frontière congolo-zambienne de Kasumbalesa, Moïse Katumbi n’était pas sans savoir qu’il mettrait à mal les opérations d’exportation minière sans lesquelles, cela est évident, le Katanga cesse d’être le Katanga, et concomitamment avec elles les opérations d’importation desquelles dépendent cette ex-province. Il savait en même temps qu’il perturberait les rentrées douanières. On peut de ce fait affirmer qu’il a cherché à asphyxier économiquement le Katanga, donc son électorat principal».

La sixième en ces termes : «en laissant les siens demander au peuple d’aller le chercher en Zambie pour le ramener en RDC, précisément à Lubumbashi, Moïse Katumbi cautionne en réalité un appel au soulèvement populaire avec, en plus, une crise diplomatique en Kinshasa et Lusaka».

Et voilà que du territoire zambien, le même 4 août 2018 en début de soirée, Olivier Kamitatu se fend du tweet désespéré repris ci-dessus.

Bras de fer avec le Pouvoir sur fond du soulèvement populaire…

Au fait, le bembiste des années 1990-2004 devenu kabiliste entre 2004 et 2015 pour s’afficher katumbiste de 2015 à ce jour semble n’avoir rien compris de la gestion politique d’un parti ou d’un regroupement. Peut-être parce que «pierre qui roule n’amasse pas mousse», surtout lorsque, dans son cas, il a la faculté inouïe de quitter le navire X en ballotage pour rejoindre le navire Z annoncé pour la prochaine croisière, même ce dernier est hypothétique !

Directeur de cabinet d’un potentiel président de la République, il devrait pourtant s’inspirer de Bisengimana et Nimy sous Mobutu ou, pour être plus près de nous, de Mwilanya sous Kabila. A l’instar des premiers cités, le second ne s’expose pas en porte-parole. Face à des situations à forte dose médiatique comme l’affaire Kasumbalesa, on laisse le «sale boulot» à ceux qui en ont l’art.

Justement, ce boulot-là de réagir à temps et parfois à contretemps convient aux acteurs politiques ayant le verbe facile et l’argument rationnel. Cas, pour Ensemble, de Lutundula et Sessanga.

Depuis le 3 août 2018, Olivier Kamitatu se met en vedette. Sur France 24, TV5 et Rfi, ses prestations sont catastrophiques. On a par moments l’impression d’entendre une voix préenregistrée, répétant la même chose avec les mêmes mots et, des fois, avec la même intonation.

Peut-être cherche-t-il à se rattraper de son mauvais coaching, car c’est lui qui accompagne Moïse Katumbi comme son ombre partout, et on peut même supposer qu’il en est l’éminence grise.

Conséquence : en médiatisant dans son tweet le message reçu du Gouvernement zambien selon lequel les autorités de Kinshasa refusent l’entrée de son président sur le territoire congolais, il révèle en réalité cette évidence triste : Lusaka prie gentiment Moïse Katumbi de quitter la Zambie pour un autre pays. Peut-être l’Afrique du Sud d’où il est venu. Peut-être la Belgique d’où il est parti.

C’est à se demander d’ailleurs pourquoi avoir choisi justement la Zambie comme pays de passage en force tout en étant conscient des incidents diplomatiques qui ne pouvaient qu’en découler !

Résultat : des «hommes d’Etat» se sont livrés au populisme en prenant à témoin l’humanité entière, simplement parce que voulant présenter en dictature le régime en place. Et ils croient avoir réussi.

Or, dans l’aventure de Kasumbalesa, ils ont fait quelque chose de gravissime : engager un bras de fer avec le Pouvoir sur fond du soulèvement populaire.

A partir de cet instant, aucun Pouvoir au monde, même dans des pays de tradition démocratique avérée comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Allemagne ou la France, ne cède à la pression au risque de perdre la face.

Dans ce genre de confrontation, les arguments juridiques et judiciaires comptent moins.

L’Etat impose d’abord la force pour rétablir son autorité.

Le reste se négocie après, s’il y a seulement à négocier.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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