Fini le suspens pour la présidentielle : c’est Shadari !

  • Ainsi, Joseph Kabila déjoue tous les pronostics…

 

Ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende n’avait pas encore abordé le second point de sa conférence de presse du 8 août 2018 que l’information la plus attendue de ces deux dernières années circulait déjà dans les réseaux sociaux : le dauphin désigné sur base des 11 critères fixés pour le choix du candidat à la succession de Joseph Kabila à la présidence de la République venait d’être annoncé. Il s’agit d’Emmanuel Shadary Ramazani, ci-devant secrétaire permanent du Pprd, autrefois Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, autrefois encore président du Groupe parlementaire Pprd et Alliés. Au fait, la fameuse fumée blanche a été aperçue au Glm (résidence privée du Chef de l’Etat Joseph Kabila) aux environs de 13h30, heure de Kinshasa…

 

Dans les premières minutes de l’annonce, médias étrangers et nationaux se sont littéralement jetés à l’eau pour exploiter l’événement d’autant plus qu’au travers de l’élément surprise, il en est effectivement un.

Dans sa dépêche du jour mise en ligne à 16:19, soit 15h19 heure de Kinshasa sous le titre «Présidentielle en RDC: Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la majorité», Rfi – qui constate que «Joseph Kabila a tenu sa promesse» – note que le Président de la République «aura attendu jusqu’au dernier moment, jusqu’au dernier jour de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle prévue en décembre prochain » avant de noter qu’il «ne sera donc pas candidat à un troisième mandat consécutif, une candidature qui aurait été inconstitutionnelle. C’est un des proches de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, qui a été choisi, ce mercredi 8 août, pour défendre les couleurs de la coalition au pouvoir lors du scrutin présidentiel».

Sous le titre «Présidentielle en RDC : Joseph Kabila désigne Emmanuel Ramazani Shadary comme dauphin» publié dans sa version électronique à 15h05, heure de Kinshasa, Jeune Afrique relève que «C’est au bout d’un suspense devenu intenable pour les prétendants du camp présidentiel que le verdict est tombé. Emmanuel Ramazani Shadary, jusqu’ici secrétaire permanent du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, principale formation politique de la coalition au pouvoir), sera le candidat du Front commun pour le Congo (FCC), plateforme électorale de Joseph Kabila, pour la présidentielle à venir en RDC».

Bbc, dans sa dépêche portant le titre «Kabila désigne Emmanuel Shadary candidat de la majorité en RDC», se borne à signaler que «Le président Joseph Kabila a désigné le Secrétaire permanent du PPRD, Emmanuel Ramazani comme candidat de la majorité à la prochaine présidentielle. Avec ce choix Joseph Kabila respecte la constitution qui lui interdisait un troisième mandat. Emmanuel Ramazani Shadary est ancien ministre de l’intérieur et secrétaire permanent du PPRD, originaire de la province du Maniema. A 57 ans, M. Shadary va porter les couleurs du Front Commun pour le Congo (FCC)».

Réputé proche de Moïse Katumbi, La Libre Belgique, qui fait sa manchette avec le titre «Emmanuel Shadary, un dauphin sur la liste des sanctions européennes», rappelle le nom du candidat Fcc parmi les huit responsables sanctionnés par l’Union européenne le 29 mai 2017 avant de noter : «Les faucons de la Kabilie ont imposé leur candidat. Depuis de longues semaines, Shadary parcourt le pays, invective les adversaires du régime et distribue les billets comme des petits pains. Un cacique du régime dont la popularité ne doit pas excéder un nombre à un chiffre. L’ex-gouverneur du Maniema, s’il veut donner le sentiment qu’il a réellement des chances d’être élu à la présidentielle va devoir mener une campagne de terrain intensive».

Fait important à relever : dans son propre sondage, le journal réalise le score de 19 lecteurs pour et 41 lecteurs contre son papier !

Grosse curiosité : jusqu’à 16h16, heure de Kinshasa, le journal belge Le Soir – qui venait pourtant de publier le matin du 8 août l’article intitulé «Toute crise au Congo est aussi une crise internationale», n’avait encore rien proposé à son lectorat par rapport à l’événement du jour. Ceci en externe.

En interne, le site onusien www.radiookapi.net se signale par le titre «RDC : Emmanuel Ramazani Shadary, candidat du FCC à l’élection présidentielle» mis en ligne d’abord à 14h12 avant d’être modifié à14h50. Présentant l’intéressé en «l’un des plus fidèles lieutenants du président Kabila», le media note que «Cette annonce met fin aux nombreuses spéculations sur une probable candidature du président Kabila à sa propre succession» et souligne qu’«A de nombreuses reprises, le chef de l’Etat congolais avait promis de respecter la constitution congolaise qui limite à deux les mandats successifs du président de la République».

Le site 7sur7.cd se retient de tout commentaire dans sa dépêche intitulée «Présidentielle 2018 : Emmanuel Shadary désigné dauphin par Kabila ce mercredi 08 août». Il signale seulement : «Fin de suspens. Il n’y aura pas de 3e mandat présidentiel en République Démocratique du Congo. Joseph Kabila vient de désigner Emmanuel Shadary Ramazani ce mercredi 8 août 2018 comme son dauphin (successeur) à la présidentielle de décembre 2018I» et se demande : «Reste à savoir si après ce choix, la majorité présidentielle recomposée en FCC restera unie ?», d’autant plus, retient-il qu’«Avec cette non candidature du président Kabila, fin mandat depuis 2016, une partie de la crise politique congolaise vient de s’évaporer car les opposants et la société civile le soupçonnaient de vouloir briguer un 3e mandat anticonstitutionnel».

L’Acp va juste titrer pour sa dépêche du jour : «Urgent : Ramazani Shadari candidat du front commun pour le Congo (FFC) à la présidentielle». Juste pour annoncer que «Ramazani Shadari, secrétaire permanent du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, a été désigné candidat du front commun pour le Congo(FFC) à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018. Le ministre de l’information et communication Lambert Mende Omalanga l’a annoncé mercredi au cours d’un point de presse».

L’illogique vite constituée en logique…

Il faut bien admettre que le choix d’Emmanuel Shadari Ramazani n’est surprenant que par son caractère inattendu ; les candidats potentiels présentés jusque-là, notamment l’honorable Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, le ministre d’Etat Modeste Bahati du Plan et le Premier ministre honoraire Augustin Matata n’ayant pas été retenus.

Des sources autorisées, il ressort au moins que sans démériter, les prétendants au trône – toutes tendances confondues – ont été consultés et ont marqué leur accord en faveur de l’heureux promis. D’où, en guise de solidarité, l’accompagnement dont l’oiseau rare a bénéficié le même jour lors du dépôt de sa candidature au Brtc de la Céni situé au siège même de la Centrale électorale.

S’il est toutefois un fait sur lequel on devra longuement méditer, c’est bien celui de la pression exercée à l’intérieur comme à l’extérieur sur le Président Joseph Kabila pour désigner son dauphin. Tout une population, toute une communauté a été embarquée dans cette «illogique» tant il est vrai que le terme «dauphin» s’applique à la personne désignée par un Chef d’Etat ayant en plein mandat constitutionnel mais qui renonce de lui-même de l’exercer.

Dans cette chronique, plus d’une fois, il a été démontré, par exemple, que Joao Lourenços de l’Angola peut être considéré comme le dauphin de Jose Eduardo Dos Santos simplement parce que ce dernier a renoncé volontaire à exercer un nouveau mandat alors que la Constitution de son pays l’en autorisait. Dans la même optique, Hillary Clinton ne pouvait nullement être considérée comme la dauphine de Barack Obama au motif simple que ce dernier avait consommé ses deux mandats constitutionnels et n’avait, de ce fait, nullement compétence de la désigner candidate à la candidature des Démocrates pour la présidentielle américaine. A la limite, elle avait juste obtenu le soutien moral du Président de la République sortant.

Evidemment, quand il s’agit d’Afrique, particulièrement de la RDCongo, l’illogique est vite instituée en logique.

Résultat : depuis 2016, on a rabattu les oreilles des Congolais avec cette histoire de dauphin que l’intention réelle aura consisté en réalité à forcer le Chef de l’Etat à renoncer à un 3ème mandat pendant qu’il n’a eu de cesse, dans toutes ses prestations publiques (discours et conférences de presse), de renouveler son engagement à respecter la Constitution.

A lui maintenant de descendre dans l’arène…

Maintenant que c’est fait, commence – si on peut le dire – le gros et grand boulot de conforter la «présidentiabilité» d’Emmanuel Shadary Ramazani.  Il s’agit d’une affaire de vie ou de mort non seulement pour le Pprd et la Mp, mais surtout pour le Fcc.

Va-t-il encore falloir que le «présidentiable» se fasse rassurant. Il doit prendre conscience du fait que le Président Joseph Kabila lui a donné l’occasion de sillonner le Congo profond comme pour le préparer au jeu et à l’enjeu.

A lui maintenant de descendre dans l’arène en sachant que ses premiers pas (lisez ses premiers actes) sont déterminants pour sa carrière nouvelle qui s’ouvre devant lui. Une carrière pour laquelle le plat repasse rarement la deuxième fois.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s