Ayant fait du 3ème mandat leur fonds de commerce : Tous déçus de voir Kabila respecter la Constitution !

 

  • De l’Ile de Gorée en 2015 à ce jour en passant notamment par le Centre interdiocésain en 2016, la majorité des forces politiques et sociales dites acquises au changement et leurs parrains occidentaux se sont servis de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre comment moyen de pression sur le Chef de l’Etat pour le dissuader de briguer un 3ème Pourtant, Joseph Kabila n’a eu de cesse de rappeler son engagement de respecter surtout la Loi fondamentale. Paradoxalement, au moment où il le fait, il s’observe de leur côté un mécontentement diffus…

 

 

12 juin 2007. En réponse à une question de Jeune Afrique sur son opinion par rapport à la Constitution, le Président de la République répond sans fioritures «…Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution. Je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter». 15 novembre 2016. Profitant du discours sur l’état de la nation, le Président de la République fixe l’opinion sur son sort : «A tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur de journée de mon avenir politique, je tiens à dire, tout en les remerciant, que la RDC est une démocratie constitutionnelle. Toutes les questions pertinentes relatives au sort des institutions et de leurs animateurs sont réglées de manière satisfaisante par la Constitution». Fait important à retenir, l’Accord du 31 décembre 2016 négocié et signé une cinquantaine de jours après ce discours consacrera le primat de la Constitution sur tous les textes politiques et juridiques en vigueur, car au point II.1. du chapitre II, «Les parties prenantes s’engagent à respecter la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée en 2011 et les Lois de la République». Mieux, elles reconnaissent les prescrits des articles 70 (alinéa 2), 103 (alinéa 2), 105 (alinéa 2) et 197 (alinéa 6) maintenant en fonction respectivement le Président de la République, le Député national, le Sénateur et le Député provincial jusqu’à l’installation des Institutions à mandat électif dont ils sont membres…

 

De ce fait, à l’instar de Joseph Kabila, chef de l’Etat, le député national comme Christophe Lutundula du G7, le sénateur comme Jean-Pierre Bemba du Mlc et le député provincial comme Gabriel Kyungu savent qu’aussi longtemps que les élections les concernant ne sont pas tenues, la Constitution leur garantit l’exercice de leurs mandats dans la plénitude des prérogatives y afférentes.

En se focalisant sur le seul mandat du Président de la République pendant qu’ils étaient tous impliqués, les députés nationaux, les sénateurs et les députés provinciaux de l’Opposition, de même que les forces internes et externes qui les ont appuyées ont manqué de rectitude. Elles ont fait preuve de malhonnêteté intellectuelle avérée.

C’est si évident que tout en réclamant par médias interposés le respect des délais constitutionnels pour les opérations préélectorales et électorales – allant même jusqu’à provoquer des incidents caractérisés par des violences au cours des manifestations publiques – ces Opposants n’ont organisé aucun congrès ou conclave en prévision des élections de 2016 et même de 2017. Ils ne le feront qu’en cette année 2018, et encore en entendant Joseph Kabila le déclarer d’abord lors de sa conférence de presse du 26 janvier écoulé ainsi que dans son dernier discours sur l’état de la Nation.

Le 26 janvier 2018, lors de sa conférence de presse, il s’est voulu convaincant estimant qu’on ne peut «avoir d’autre garantie à part ce que la Ceni vient de publier : une feuille de route pour l’organisation des élections», avant de relever qu’«Il n’y a pas que les élections cette année. Il y a aussi des élections en 2019. Il y a bien sûr les élections présidentielle, législatives et provinciales, et par la suite, les locales et ainsi de suite» et de conclure : «La seule garantie est que les élections seront organisées la même façon qu’en 2006 et en  2011».

Dans le discours sur l’état de la nation le 19 juillet, il persisté et signé. «Le cap des troisièmes consultations électorales, fixées en décembre prochain, reste donc maintenu. Notre engagement à respecter la Constitution demeure lui aussi non équivoque», a-t-il rappelé.

Effet d’une douche froide

Que l’Opposition et ses parrains extérieurs n’y aient pas cru, quoi de plus normal. Après tout, de façon formelle, ils sont pour le schéma de la «Transition Sans Kabila» (TSK) préconisé en 2017, variante du schéma «Régime spécial» envisagé en 2016, au moment où ils n’étaient pas prêts pour les élections.

Qu’ils en viennent cependant à prétendre que la nomination par le Président Joseph Kabila d’un dauphin en la personne d’Emmanuel Shadary Ramazani résulte des pressions «Opposition-Occident-Peuple», là c’est le comble de l’hérésie. Pour la bonne et simple raison qu’aucun texte légal, réglementaire ou administratif ne soumet un Chef d’Etat en fin mandat de se déclarer non candidat pour n’importe quel nouveau mandat au même poste. Aucun non plus ne l’oblige de désigner un dauphin.

Il est vrai qu’en réactions à la nomination d’Emmanuel Shadary Ramazani comme candidat du Fcc, on entendu en interne Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi déclarer : «C’est un pas dans la bonne direction, mais le plus important est à venir. La décrispation, les élections libres et crédibles pour une alternance pacifique, restent les prochains objectifs», Christophe Lutundula soutenir que «Le Peuple congolais vient de remporter une victoire historique. Pour la première fois, un peuple d’Afrique centrale est parvenu à empêcher un Chef d’État puissamment soutenu par les forces armées de modifier la Constitution et l’a forcé à quitter le pouvoir». Delly Sessanga considérer qu’«Aujourd’hui, le peuple congolais doit célébrer une victoire. La victoire sur la dictature… » tandis que Jacques Djoli s’en vanter en ces termes : «Nous constatons que finalement, malgré les appels à la délinquance constitutionnelle, malgré les tentatives de toute sorte, la loi fondamentale s’est imposée, l’accord du 31 décembre aussi».

En externe, dans une déclaration commune, la Monusco, le Canada, les Etats-Unis, la Suisse, l’Union africaine et Union européenne saluent «la décision du Président Joseph Kabila d’avoir tenu son engagement de respecter la Constitution», non sans réitérer notamment leur «appel à toutes les parties à ce que le processus électoral et le transfert du pouvoir soient menés de manière transparente, pacifique et inclusive, conformément à la Constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre de décembre 2016».

Pourtant, tous le savent : Joseph Kabila a donné sa parole de respecter la Constitution qui ne prévoit pas de troisième mandat. Le moment venu, il est passé à l’acte.

La bouderie qui caractérise ces réactions incite à croire plutôt à des réactions de dépit de la part des forces politiques et sociales internes et externes ayant fait du 3ème mandat un fonds de commerce.

Visiblement, tous leurs calculs étaient fondés sur la violation de la Constitution, question de voir la RDCongo rejoindre  le Congo-Brazzaville, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda. D’ailleurs, même après 13h30 – heure à laquelle la fameuse fumée blanche est sortie de Glm – bien des Opposants et leurs parrains occidentaux ont continué de miser sur la candidature de Kabila.

L’annonce de la candidature d’Emmanuel Shadary Ramazani à la présidence de la République pour le compte du Fcc a eu en réalité l’effet d’une douche froide. L’irrationalité de l’argumentation développée après  coup prouve qu’ils n’avaient pas de Plan B parce que convaincus de l’irréversibilité du Plan A.

Ayant ainsi fait du 3ème mandat leur fonds de commerce, ils sont plus que déçus de voir Kabila désigner un dauphin. Ils sont plutôt fâchés de se révéler des prophètes de mauvais augure.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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