EDITORIAL. La page Katumbi en train d’être tournée ?

Forte est la tentation de l’admettre pour ne pas dire de le croire.

A l’analyse des réactions des partenaires extérieurs dits traditionnels – avec en tête les Etats-Unis, la France, la Belgique et l’Union européenne – par rapport d’abord à l’aventure de Kasumbalesa, ensuite à la non-candidature de Joseph Kabila à un troisième mandat, cette tentation l’est puisqu’aucun pays, aucune organisation, aucune personnalité ne cite nommément Moïse Katumbi dans ses prises de position.

Vague, la formule consacrée est l’organisation des élections «libres, transparentes et inclusives».

***

De la Déclaration de la Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et des Ambassadeurs ou Chefs de mission du Canada, des Etats-Unis, de la Suisse, de l’Union africaine ainsi que de l’Union européenne en accord avec les Chefs de mission de l’UE à Kinshasa » ne portant malheureusement pas de date, retenons que les parties concernées saluent «la décision du Président Joseph Kabila d’avoir tenu son engagement de respecter la Constitution congolaise». Elles estiment que «La conclusion du dépôt des candidatures pour les élections présidentielles et législatives en RDC, conformément au calendrier électoral de la CENI, constitue une étape clé sur la voie devant mener à la première alternance politique pacifique en RDC, grâce à des élections crédibles le 23 décembre 2018» et réitèrent leur appel «à toutes les parties à veiller à ce que le processus électoral et le transfert du pouvoir soient menés de manière transparente, pacifique et inclusive, conformément à la Constitution et à l’Accord de la Saint Sylvestre de décembre 2018».

Elles sont d’avis que «L’engagement de tous les acteurs congolais en faveur d’élections crédibles, pacifiques et inclusives avant de la fin de l’année renforcera la stabilité et la prospérité de la RDC et de toute la région».

Il est à noter que les parties concernées n’ont pas réagi aux événements de Kasumbalesa les 3 et 4 août 2018.

Le 9 août 2018, le secrétaire général de l’Onu, tout aussi silencieux à propos de cette aventure, «a salué la décision du président de la République Joseph Kabila Kabange, de respecter la constitution de la RDC, comme il l’a toujours énoncé». Selon son porte-parole, Antonio Guterres «se félicite également des progrès enregistrés dans la préparation des élections présidentielles et législatives prévues le 23 décembre 2018».

Le 10 août 2018, en provenance de Lusaka, le Chef de l’Etat sud-africain Cyril Ramaphosa, Président en exercice de la Sadc, est arrivé à Kinshasa. A en croire Olivier Kamitatu dans son énième tweet maladroit, l’hôte du Président Joseph Kabila a été chargé de convaincre son interlocuteur de l’impératif de laisser Moïse Katumbi rentrer au pays.

Résultat : dans le communiqué final de la visite de travail effectuée à Kinshasa, Cyril Ramaphosa fera plutôt trois déclarations aux antipodes des revendications d’Ensemble.

Primo, aux côtés de son homologue, il prend note «des progrès importants accomplis dans le processus électoral en cours», ce «au regard des engagements pris conformément au calendrier électoral publié le 5 novembre 2017 par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et prévoyant l’organisation des élections présidentielle, législatives, nationales et provinciales, à la fin de cette année».

Secundo, il salue «la poursuite du financement du processus électoral par le Gouvernement congolais qui vient de clôturer l’étape du dépôt des candidatures aux élections législatives nationale et présidentielle et ce, en respect des règles constitutionnelles et des lois nationales de la République Démocratique du Congo».

Tertio, il félicite Joseph Kabila d’avoir tenu parole en respectant la Constitution, c’est-à-dire en ne se présentant pas pour un 3ème mandat.

***

Il y a là un faisceau d’éléments qui devrait interpeller «Ensemble». On peut même dire des Katumbistes, habitués à ne saisir que des instances internationales, qu’ils ont reçu le message subliminal 5 sur 5 ! Car, ils ont résolu, cette fois, d’introduire au Conseil d’Etat deux requêtes dont «Une à référé liberté pour qu’on permette à Moïse de rentrer au pays et une autre à référé conservatoire afin le Conseil donne la possibilité à Katumbi de déposer sa candidature à la présidentielle». Delly Sessanga affirme sur Rfi que l’objectif est d’«obtenir la levée des mesures d’interdiction d’entrer au pays».

On se souviendra que les 3 et 4 août 2018, Sessanga et Kamitatu ont lancé des appels au soulèvement populaire à la population congolaise du Katanga.

Pendant qu’ils se font forts d’évoquer l’article 30 de la Constitution selon laquelle «Toute personne qui se trouve sur le territoire national a le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi» et «Aucun Congolais ne peut être ni expulsé du  territoire de la République, ni être contraint à l’exil, ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle», ils ne sont pas sans savoir qu’à son alinéa 2, l’article 52 de la même Constitution dispose : «Aucun individu ou groupe d’individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives ou terroristes contre l’Etat congolais ou tout autre Etat».

Or, ce qui s’est passé à Kasumbalesa les 3 et 4 réunit toutes les conditions des activités subversives à la fois contre la RDCongo et la Zambie.

Sur ce point-là, Moïse Katumbi a commis une bavure «sanctionnée» par la communauté internationale à sa façon : le silence sur son sort. Un silence traduisant une page en voie d’être tournée…

Après tout, c’est par son canal que la solution politique préconisée en 2015, à savoir le Dialogue dans la perspective des élections, avait été bloquée un certain 10 décembre, dans un hôtel parisien.

Ce jour-là, Moïse Katumbi et Antoine Félix Tshilombo avaient levé l’option du bras de fer.

Or, tout le monde le savait : à lui seul, Fatshi n’avait aucun poids politique.

Par contre, MKC si,  mais hélas ! sous le «parrainage» en voie de le lâcher…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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