Processus électoral. Katumbi : les carottes seraient cuites !

 

  • Bruxelles qui l’a entêté est en train de le laisser s’enterrer…

 

Si jamais il a un jour le courage d’écrire ses mémoires, Moïse Katumbi va révéler l’identité des personnalités politiques et économiques belges qui lui ont fait croire qu’il détenait toutes les aptitudes pour succéder à Joseph Kabila et disposait de tous les atouts pour être meilleur que son ex-chef. Car l’arrogance avec laquelle, de retour d’un voyage en Occident, il avait lancé en 2015 son fameux  » troisième penalty, non ! » ne pouvait se justifier que par l’assurance d’un soutien puissant. Après tout, avec notamment Pierre Lumbi, il s’était convaincu d’appartenir au club fermé des gens qui connaissent bien Joseph Kabila. Deux ans et demi après la fronde de septembre-décembre 2015, on assiste plutôt à l’effet inverse : c’est Joseph Kabila qui connaît mieux ses « hommes ». Le « coup K.O. » à la congolaise survenu le 8 août 2018 en dit long. Il a pris de court tout le monde, Ensemble compris…

 

Pourtant, cela ne devrait jamais être le cas. Pour la bonne et simple raison que 2007 à 2018, Joseph Kabila a fait preuve d’une constante remarquable en renouvelant continuellement son engagement à respecter la Constitution, s’agissant évidemment de son mandat.

Nul n’étant prophète chez lui, c’est de l’extérieur que vient la reconnaissance de cette constante.

En effet, dans leur déclaration commune, la Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et les Ambassadeurs ou Chefs de mission du Canada, des Etats-Unis, de la Suisse, de l’Union africaine ainsi que de l’Union européenne, en accord avec les Chefs de mission de l’UE à Kinshasa, ont salué «la décision du Président Joseph Kabila d’avoir tenu son engagement de respecter la Constitution congolaise» et le 9 août 2018, le secrétaire général de l’Onu,  Antonio Guterres, a abondé dans le même sens en saluant, lui aussi, «la décision du président de la République Joseph Kabila Kabange, de respecter la constitution de la RDC, comme il l’a toujours énoncé» !

Évidemment, en interne, l’Opposition radicale continue de présenter la décision du Chef de l’Etat en résultat des pressions qu’elle a exercées concomitamment avec le peuple.

Heureusement que la réalité et la vérité ne remettent pas en cause la constante reconnue par les partenaires extérieurs traditionnels.

Et ce sera la bavure

Le tort de Moïse Katumbi est d’avoir joué la carte ethno-provinciale dans la succession de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, tous Katangais comme lui.

Pour peu qu’il ait eu un sens d’État et de l’État, il aurait compris qu’après justement le premier Kabila (1997- 2001) et le second Kabila (2001 à ce jour), soit une vingtaine d’années, une carte katangaise passait et passerait mal dans l’opinion congolaise, géopolitiquement parlant. De même, d’ailleurs, que la carte équatorienne après 32 ans de Mobutu sur l’ensemble pays (1965-1997) et les 5 ans de Bemba sur une bonne partie de l’Equateur (1998-2003).

Si Moïse Katumbi n’a pas eu le temps de le comprendre, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, lui, l’a compris à temps ! Et avec lui, plusieurs candidats de l’Opposition à la présidentielle dont la demi-douzaine originaire de l’ex-Bandundu (Antoine Gizenga, Freddy Matungulu, Martin Fayulu, Adolphe Muzito, Tryphon Kin-Kiey et Marie-Laure Kawanda).

Ce qui signifie, concrètement, que Moïse Katumbi avait tout à gagner à rester fidèle à Joseph Kabila et à attendre son heure soit sous la quatrième, soit sous la cinquième mandature.

Hélas !, il s’est empressé de prendre la succession, et encore de la manière la moins recommandée en politique : le bras de fer avec son chef au prix d’une trahison avérée.

L’opinion avertie retient (et retiendra) qu’il a choisi le moment où la Mp cherchait avec l’Udps la solution idoine pour gérer ensemble le Dialogue consacré aux préparatifs des élections pour s’interposer et y mettre fin.

Rappel des faits : 10 décembre 2015. Paris. A l’issue de la rencontre « Katumbi-Fatshi », la solution politique MP/UDPS est renvoyée aux calendes grecques. 15-16 décembre 2015. L’Opposition radicale se retrouve en Ile de Gorée. 8-10 juin 2016. Elle crée à Bruxelles-Genval la plateforme «Rassemblement».

Au cours de tous ces rendez-vous, tout dialogue avec la MP est rejeté, même celui facilité par l’Union africaine à la demande pourtant du Conseil de sécurité de l’Onu. Il faudra attendre l’initiative de la Cenco pour voir cette Opposition accepter de dialoguer avec la même MP, au centre interdiocésain à Kinshasa. D’où l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016.

Sur ces entrefaites, il y a eu des manifestations publiques marquées par des actes de violence dont on aurait pu se faire l’économie. Visiblement, l’Opposition radicale, pilotée plus par Moïse Katumbi que par Etienne Tshisekedi, va se préoccuper moins des enjeux électoraux que des sanctions occidentales contre les acteurs institutionnels de la politique et de la sécurité. Katumbi sera aidé dans sa croisade par l’eurodéputée italienne Cécile Kyenge d’origine congolaise, native du…Katanga !

Se croyant au-dessus de la loi et même de la morale, Moïse Katumbi ira jusqu’à tenter les 3 et 4 août 2018 son aventure à Kasumbalesa consistant à rentrer par la force en RDCongo par sa province d’origine, quitte à créer une crise politique et sécuritaire en interne et une crise diplomatique en externe, tout cela parce que tenant absolument à se présenter en candidat dans un contexte géopolitique pourtant défavorable au Katanga ! Et ce sera la bavure ayant certainement effrayé ses parrains occidentaux !

La Belgique de Louis Michel et de Didier Reynders

Heureusement, comme relevé dans la chronique intitulée « Katumbi a failli étrangler le Congo via le Katanga !« , les Congolais du Katanga n’ont pas suivi l’appel au soulèvement populaire leur lancé les 3 et 4 août 2018 par Delly Sessanga et Olivier Kamitatu.

On imagine seulement les conséquences de cet appel si ces compatriotes avaient répondu positivement ! Non seulement que la sécurité au pays et dans la région aurait été perturbée, mais en plus le processus électoral serait lui-même bloqué. On n’en serait à ce moment au mieux sous le régime d’état d’urgence ou d’état de siège, au pire dans le fameux schéma « Transition Sans Kabila ». Dans l’un ou l’autre cas, la configuration politique en RDCongo aurait changé.

Ne pouvant rien par lui-même, Moïse Katumbi aurait-il été incité à entreprendre cette aventure ?

Quelle que soit la réponse à donner, la seule et unique vérité à demeurer est que les carottes sont bel et bien cuites pour lui. Il ne sera jamais Président de la République, avec ou sans arrêt du Conseil d’État, instance judiciaire d’ailleurs non encore opérationnelle.

Même dans l’histoire des puissances occidentales, aucun État fédéré (cas du Texas aux Usa), ni département (cas du Limousin et de la Corrèze en France) n’a réussi à donner trois fois de suite un Président de la République. Dès la fronde G7, la sonnette d’alarme était tirée dans ce sens. Elle s’est en plus appuyée sur la sentence biblique en Marc 3 : 24-25 selon laquelle «Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut subsister; et si une maison est divisée contre elle-même, cette maison ne peut subsister».

L’exception congolaise n’a été que dans la tête de Moïse Katumbi, probablement influencé et convaincu par une certaine Belgique, celle qui depuis 1960 ne voit le Congo qu’au travers du diamant, du cuivre, du cobalt et de l’uranium et non des citoyens qui en constituent le peuple. C’est la Belgique de Louis Michel et de Didier Reynders.

58 ans après l’Indépendance du Congo, elle doit bien se demander si Moïse Katumbi est réellement une carte valable, quand bien même elle soit la préférée d’une partie de la Cenco et du Clc, contraints déjà à constater que depuis plusieurs mois, leur «champion» ne se pavane plus avec des effets vestimentaires à l’effigie de la Vierge Sainte Marie ! Preuve, si besoin est, qu’il a un double personnage.

De quoi alerter Bruxelles capitale de Belgique, siège de l’Union européenne et centre de l’Otan !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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