EDITORIAL. Affaire «passeport» : Katumbi à l’épreuve des portes à demi refermées !

Lorsque ce mardi 28 août 2018, à 12h00 précises, la rédaction centrale se résout à confectionner la revue de presse quotidienne constituant sa documentation, une insolite se constate à propos de l’affaire «Passeport falsifié» de Moïse Katumbi.

Bon nombre de médias étrangers couvrant les activités politiques en RDCongo n’exploitent pas l’info livrée la veille par «Jeune Afrique» sous le titre «JUSTICE. Passeport ‘falsifié’ de Moïse Katumbi : la justice belge ouvre une information judiciaire».

Dans leurs livraisons du jour, «La Libre Afrique», «Rfi», «Voa», «Le Monde Afrique», «Le Soir» ont vraisemblablement fait le choix d’ignorer ce qui a pourtant tout d’un événement. Même au pays, «Radio Okapi» opte pour le silence, du moins sur sa page web…

Auraient-ils reçu consigne de se soustraire à l’exercice de forte médiatisation dont ils habituent l’opinion ?

Au moins, quelques tabloïds kinois ont décidé de s’assumer. C’est le cas des journaux «Forum des As» avec le titre «Une énième affaire pour Katumbi», «Le Phare» avec le titre «La justice belge exhume le dossier du faux passeport de Katumbi» et «Le Maximum» avec le titre «Moïse Katumbi, la justice belge à ses trousses».

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Il faut reconnaître que cette affaire embarrasse l’opinion avertie en raison de la tournure des événements de «Kasumbalesa», début août dernier. Car, le substitut du procureur belge Gilles Blondeau est formel dans sa déclaration. «Le passeport en question a été confisqué par mon office. Nous le détenons toujours. Vu qu’il a été falsifié, il ne sera pas rendu à l’intéressé», a-t-il dit.

La question, dès lors, est de savoir avec quel passeport Moïse Katumbi voyage-t-il depuis le 14 juin 2018, date à laquelle la police de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem a fait le constat selon lequel «La page d’identité » du passeport de l’intéresse «n’est pas authentique». A en croire, en plus, le porte-parole de l’Office belge des étrangers, Dominique Ernould, «L’originale a été changée et remplacée par une autre».

Or, à l’époque, les proches de Moïse Katumbi ont prétexté de la désactivation de la puce électronique dudit passeport à partir du ministère congolais des Affaires étrangères.

On sait désormais que l’homme ne dispose pas du passeport officiel congolais, semi-biométrique soit-il.

Pourtant, entre le 14 juin et le 27 août 2018, il a été en Russie pour la Coupe du Monde, en Afrique du Sud et en Zambie en escale pour Kinshasa via Lubumbashi pour le dépôt de son dossier de candidature à la présidentielle, en Namibie en marge du 38ème sommet de la Sadc et en Algérie à l’occasion du match du Tp Mazembe-ES Sétif !

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Le coup est tellement dur que pour la première fois, Olivier Kamitatu va surprendre l’opinion en bottant en touche lorsque «Jeune Afrique» cherche à prendre son avis. «Vous m’apprenez cette information», répond-t-il alors qu’un mois plus tôt, au cours d’une conférence de presse, il a rassuré tout le monde que «Moïse Katumbi réside en toute légalité en Belgique» et qu’«Il n’y a aucun problème de document ayant trait à sa résidence dans le royaume de Belgique».

Oui, le coup est si dur que même Me Eric Dupont-Moretti va se limiter à dire : «…on a déjà trois procédures (judiciaires) ; on ne va pas en rajouter une qui n’existe pas» !

C’est à croire qu’après les affaires «mercenaires», «immeuble Stoupis» et «double nationalité», son client ne peut plus être poursuivi pour une nouvelle affaire.

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Malheureusement, à force de vouloir à tout prix accéder à la magistrature suprême, et encore en se laissant entraîner dans cette voie par des boutefeux désespérés qui l’entourent, le candidat d’Ensemble est en posture délicate. Celle susceptible de lui faire commettre des erreurs pouvant se révéler des fautes, voire des bavures.

A preuve, l’aventure de Kasumbalesa, avec des appels au soulèvement populaire lancés clairement par Delly Sessanga, Olivier Kamitatu et Claudel Alfred Bushiri aux Congolais du Katanga.

Aujourd’hui, au Conseil de sécurité de l’Onu, certaines forces politiques et sociales congolaises peuvent plaider pour des élections dites inclusives en se focalisant sur leur favori, mais si les autorités politiques de la RDCongo n’avaient pas géré cette aventure, le pays aurait eu un autre visage, et avec lui la sous-région Sadc, Cééac et Cirgl. Simplement parce qu’à Bruxelles ou à Washington, une officine a mis dans la tête de Moïse Katumbi l’idée de détenir tous les atouts pour être le 3ème président de la République successif au Congo et qui soit d’origine katangaise.

Avec l’affaire «Passeport» suscitée non pas par Kinshasa mais par Bruxelles, le message subliminal passé est celui des portes hier ouvertes, maintenant à demi-refermées, avec possibilité d’être fermées hermétiquement demain.

Une page en voie de se tourner.

(Lire Revue de Presse thématique)

 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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