Au Conseil de sécurité, Nikki Haley s’oppose encore à la machine à voter !

 

  • C’est à croire que les incidents qui se sont produits en 2006, en 2007 et en 2011 en RDCongo sont le fait de cette machine. Ou encore les incidents graves enregistrés au Mali, au Zimbabwe, en Côte d’Ivoire, au Kenya et au Congo-Brazzaville autour des élections sont liés à ce matériel !

 

  • Les partenaires extérieurs sont tenus au respect de l’article 13 du règlement intérieur de la Céni qui disposent notamment que les membres de cette institution «accomplissent leur travail sans être soumis à l’influence de forces extérieures comme les autres institutions de la République, les partis ou regroupements politiques au pouvoir, dans l’Opposition, les groupes d’intérêts et la Communauté internationale»…

 

Le 27 août 2018, le Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) a consacré sa 8331ème à la situation qui prévaut en RDCongo dans le cadre du processus électoral. Dans la déclaration portant les références CS/13466, sont signalées 17 interventions faites respectivement par Leila Zerrougui pour la Monusco, Mgr Marcel Utembi la Cenco et Solange Lwashiga l’ONG «Rien sans les femmes», Nikky R. Haley pour les Etats-Unis, Anne Gueguen la France et Gustavo M. Cuadra le Pérou, M. Alexander A. Volgarev pour la fédération de Russie, Karel Jean Gustaaf les Pays-Bas et Kairat Umarov le Kazakhstan, Lie Cheng pour la Chine, Joanna Wronecka la Pologne et Carl  Orrenuis la Suède, Veronica Cordova Soria pour la Bolivie, Mansour Ayyad le Koweit et Job Obiang E. Mbengono la Guinée équatoriale, Karen Pierce pour le Royaume Uni et, bien entendu, Ignace Gata Mavita la RDCongo. Absent à ce débat : Corneille Nangaa, président de la Céni, qui devait intervenir par vidéo-conférence. Que retenir d’essentiel de l’analyse de ces prestations principalement sur la machine à voter, le financement électoral et la logistique quand on sait que le Gouvernement congolais est résolu à les prendre en charge au nom de la souveraineté ? TENTATIVE DE REPONSE…

 

Selon la Déclaration officielle, Leila Zerrougui a relevé que «L’absence de consensus sur l’utilisation de la machine à voter et la non publication de la liste définitive du fichier électoral demeurent deux sujets de discorde majeurs».

Mgr Marcel Utembi a exhorté les parties prenantes à «œuvrer à la recherche d’un consensus sur l’utilisation, ou non, de la machine à voter, en favorisant les consultations entre la CENI, la CENCO, la majorité et l’opposition, et en sollicitant un groupe d’experts indépendants pour en vérifier le fonctionnement».

Nikky R. Haley va se demander comment, à 4 mois des scrutins, «la CENI acheminera-t-elle le matériel électoral dans plus de 90 000 bureaux de vote ?». Suivront ces questions : «Y aura-t-il suffisamment de machines à voter ou les autorités vont-elles devoir prolonger le vote de plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? Les autorités peuvent-elles recharger des machines à voter avec seulement une autonomie de 12 heures ? Les organisateurs ont-ils testé de manière approfondie les machines ? Les électeurs, dont beaucoup n’ont jamais utilisé un écran tactile, sauront-ils les utiliser ? Les organisateurs préparent-ils des bulletins de vote imprimés en guise de sauvegarde si les machines à voter électroniques échouent ?».

Plaidant pour un soutien logistique et technique de la Monusco, elle a préconisé l’usage des bulletins en papier. «Une méthode de vote fiable, testée, transparente et facile à utiliser», a-t-elle fait valoir, notant au passage que «Les bulletins de vote en papier ont été assez bons pour faire élire le Président Kabila, ils devraient être suffisamment fiables pour élire son successeur».

Commençant par reconnaître que les élections à venir «sont celles du peuple congolais», Anne Gueguen a réaffirmé la position de la France quant à la pleine «souveraineté en RDC» avant d’encourager «le Gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le bon déroulement du processus électoral, ainsi que la tenue d´élections libres, inclusives et transparentes, dans le respect du calendrier et de la Constitution».

Gustavo M. Cuadra a estimé qu’«il est urgent de définir une date pour tester les machines à voter».

Alexander A Volgarev, qui a déploré la non-intervention du président de la Céni, a dit prendre note «de la conclusion du processus d’enregistrement des candidatures pour l’élection présidentielle». Il a respecté «la décision des autorités congolaises de ne compter que sur leurs propres ressources pour assurer le déroulement du processus électoral».

Si pour Karel J. Gustaff, la préoccupation majeure porte sur les questions «de la livraison en temps voulu, du stockage et de la distribution des machines à voter ainsi que de leur utilisation», pour Kairat Umarov est nécessaire l’établissement d’«dialogue intercongolais constructif, afin de faire des progrès politiques et instaurer la confiance vis-à-vis du processus électoral, y compris son aspect technique».

Si pour Lie Cheng, «Tout en fournissant une aide à la RDC, la communauté internationale doit s’efforcer de respecter la souveraineté de ce pays, de même que la MONUSCO dans le cadre de ses opérations», pour Carl Orrenius «les préparatifs techniques ne sont pas suffisants pour assurer des élections libres, justes et crédibles» pendant que Mansour Ayyad a encouragé «le Gouvernement congolais et la CENI à formuler une demande d’appui logistique et technique à la MONUSCO» et Job Obiang E. Mbengono «a demandé le règlement des difficultés liées aux machines de vote et à l’établissement des listes électorales, sous peine de compromettre gravement le processus».

Quant à Karen Pierce, il «a regretté que la CENI ait refusé la proposition d’appui logistique et technique faite par la MONUSCO pour l’organisation du scrutin».

Il faut au moins noter que les intervenants ont salué l’engagement, pris et concrétisé par le Président Joseph Kabila, de respecter la Constitution.

Evidemment, la prestation la plus attendue a été celle de la RDCongo par la voix autorisée de son Représentant à l’Onu, Ignac Gata Mavita. Ce dernier a répondu aux cinq questions posées par certains membres du Conseil de sécurité. Notamment celles portant sur la machine à voter, le fichier électoral, le financement électoral et la logistique.

«Ainsi sur la question de la machine à voter, il a expliqué que la CENI est consciente des appréhensions que soulèvent certains membres du Conseil et les Congolais. C’est pour faire face à cette situation et renforcer la confiance et dissiper le doute que la CENI a entrepris depuis plusieurs mois une campagne de sensibilisation et de vulgarisation sur l’utilisation des dites machines. Il a rappelé ce qui avait été ‘déjà souligné devant votre Conseil, lors de la réunion du 21 juillet 2018’, à savoir que ‘bien qu’appelée à tort machine à voter, celle-ci ne votera pas en lieu et place de l’électeur’.  Son rôle est plutôt d’imprimer le bulletin de vote que l’électeur sera appelé à glisser dans l’urne», note la Déclaration du CSNU.

A propos du fichier, la déclaration souligne que «Concernant les six millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui a constaté cette situation en faisant l’audit du fichier électoral, a formulé des recommandations pour l’amélioration dudit fichier.  M. Mavita a souligné les conclusions de l’OIF, pour qui la présence d’électeurs sans empreintes à hauteur de 16,6%, repartis sur l’ensemble du territoire national, ne remet pas pour autant en cause, conformément à la loi, leur qualité d’électeur».

A propos du financement et de la logistique, il ressort que «le délégué a rassuré sur la volonté du Gouvernement de poursuivre les efforts engagés pour conduire le processus jusqu’à son terme. Il a garanti que le pays reste ouvert aux apports d’autres partenaires, pourvu que ceux-ci soient sans conditionnalités et se fassent dans le respect de sa souveraineté».

Congolais, lamuka, telema !

Au regard de ces prestations, la plus «percutante» est celle de Nikki Haley, réputée «anti-machine à voter» notoire. Lors d’une conférence organisée à Bunia le 18 mai 2018, Corneille Nangaa a révélé la «petite passe d’armes» qu’il a eue avec Nikki Halley qui lui a carrément intimé l’ordre de retirer ce matériel. Et le président de la Céni de lui rétorquer : en quoi alors son institution est-elle indépendante !

Comment, du reste, peut-il en être autrement dès lors que le Règlement d’ordre intérieur (article 13) met la Céni à l’abri des pressions internes et externes, communauté internationale comprise.

Ne serait-ce qu’au nom de cette disposition légale congolaise et non étrangère ou internationale, la Céni n’a à discuter ni au pays, ni à l’étranger du choix du matériel de vote qu’elle acquiert. Elle l’a clairement signifié à l’Udps en réponse la question n°39 de savoir «Pourquoi la machine à voter n’est-elle pas prévue dans le calendrier électoral ?». Pour la Ceni, «La machine à voter fait partie du matériel d’un bureau de vote, au même titre que les isoloirs, les urnes, les stylos, l’encre indélébile et les calculatrices. Elle n’est pas un élément isolé du calendrier, lequel constitue un ensemble des tâches planifiées par la CENI en vue de l’organisation des scrutins combinés prévus le 23 décembre 2018».

Cette position étant connue de la Cenco et de la Monusco, donc de la communauté internationale, les délégués de la Cenco et de la Monusco auraient pu l’évoquer au cours de la réunion du 27 août 2018.

Il est en plus étonnant d’entendre Nikki Halley soutenir, au sujet des bulletins en papier, que pour avoir été «assez bons pour faire élire le Président Kabila, ils devraient être suffisamment fiables pour élire son successeur». C’est à croire que tous les incidents survenant autour des élections sont l’œuvre de la machine à voter.

Pourtant, l’expertise congolaise est assez claire à ce sujet : c’est justement pour en éviter la répétition en RDCongo que ce matériel – imprimante du bulletin papier – a été conçu.

Quand alors Nikki Haley en vient à demander aux autorités de la Céni si elles peuvent «recharger des machines à voter avec seulement une autonomie de 12 heures ?», alors qu’il lui a été plus d’une fois dit que ce matériel est dotée d’une batterie de réserve de 11 heures parce que son fonctionnement ne dépend ni de l’hydroélectricité, ni du solaire, ni du carburant, on en vient à déduire simplement la mauvaise foi.

D’ailleurs, on en viendrait à soupçonner la planification des incidents devant absolument se produire lors des élections, le but visé étant une crise justifiant au mieux un coup de force, au pire l’implosion du pays.

Congolais, lamuka, telema !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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