Dans une lettre du 20 janvier 2018. Nicaise Kibel’bel Oka à Jason Stearns : « Il n’est pas trop tard pour GEC de présenter les excuses aux FARDC »…

 

Journaliste d’investigation et écrivain, Directeur du journal «Les Coulisses» et Directeur du Centre d’Etudes et de Recherche Géopolitiques sur l’est du Congo (C.E.R.G.E.C.) situé à Beni, en République Démocratique du Congo, Nicaise Kibel’bel Oka a adressé à Jason Stearns, Directeur du Groupe d’Etudes sur le Congo fonctionnant sous les auspices de l’Université de New York. Cette lettre introduit une mise au point nécessitée par la publication récente du 2ème rapport de cette ONG américaine qui fait parler énormément d’elle, surtout par rapport aux questions sécuritaires et électorales. Dans un premier temps, www.congo30juin.com publie, en rappel, la correspondance adressée en janvier 2018 à Jason Stearns. Dans un second temps, suivra la réaction du confrère audit rapport. Encore quelque chose d’édifiant sur la situation qui prévaut à l’Est du pays…  

 

 Le 20 janvier 2018

A Monsieur Jason Stearns

Directeur du Groupe d’Etudes sur le Congo

Université de New York

 

Monsieur le Directeur,

Je vous remercie sincèrement de votre réaction à nos deux lettres de septembre et de décembre 2017 traitant du rapport de GEC.

Dans le souci de la vérité que nous recherchons tous, je répondrai aux 4 points que vous nommez «principales allégations» alors qu’il y en a plusieurs. Soit !

D’emblée, je réitère le conseil que je vous avais prodigué, à savoir : « GEC doit présenter les excuses aux Forces armées de la RD Congo pour des allégations mensongères qui visent à lui nuire et à la déstabiliser. »

Et voici pourquoi :

  1. Des massacres dans les zones contrôlées par la 31ème Brigade du général Mundos

Je ne prétends pas mais je le confirme au regard des faits et notamment de la mission allouée à cette Brigade de Défense Principale qui est une des deux unités spéciales de notre armée nationale avec celle Unité de Réaction Rapide commandée par le général de Brigade Kalonda Famba.

Sa mission n’a jamais été de rester dans les agglomérations[1].

Coincés par les éléments de cette brigade, les ADF avaient opté de frapper les agglomérations pour leur permettre de souffler. Ils étaient en face de deux ennemis : les Fardc et la famine.

Lorsque vous lisez le chapitre 2 de mon ouvrage : « L’avènement du jihad en RDC. Un terrorisme islamiste ADF mal connu[2]», vous trouverez la 1èrecatégorie des tueurs notamment de Mayangose et alentours.

Les raisons que j’avance et que vous avez récupérées à votre compte sans me citer reposent sur les conflits de terre entre des cousins. (Lire utilement les pages 25 à 31).

Ces massacres interviennent entre le 2 et le 20 octobre 2014 et coïncident avec les déclarations sur RFI de monsieur Mbusa Nyamwisi le 25 octobre les attribuant au général Mundos.

Vraisemblablement, GEC en fait siennes et continue depuis dans cette logique jusqu’à ce jour.

  1. Des chercheurs d’une seule communauté ethnique

Sur ce point, je préfère vous renvoyer à votre propre conscience tout en insistant avec force que votre équipe de recherches notamment à Beni et Butembo était composée des gens d’une seule communauté ethnique. Nous (et vous avec nous) savons de quoi nous parlons[3].

  1. A propos du colonel Dieudonné Muhima

Ici aussi, je préfère vous envoyer une de nombreuses photos prises lors de la prise du QG des ADF, Madina où le colonel Muhima est avec le général Bauma.

Je vous convie à lire sur cet officier mon ouvrage cité ci-haut aux pages 141 et 142. Nulle part, il est fait  état de sa participation aux massacres.

Vous vous rendrez bien compte que nous écrivons toujours avec des preuves à l’appui. C’est ce qui fait la force reconnue mondialement de monsieur Nicaise Kibel’bel Oka. Il n’y a donc pas débat.

  1. A propos du colonel Mamadou Ndala

GEC fait vraiment preuve de mauvaise foi jusqu’à oublier qu’un colonel, dans n’importe quelle armée du monde, ne peut pas commander des généraux.

Je vous apprends que même lors de la guerre contre le M23, c’est le général Lucien Bauma (paix à son âme) qui a commandé les opérations et non le colonel Mamadou (aujourd’hui général à titre posthume).

Depuis ses débuts, Sukola I a eu 4 commandants. Le général-major Bauma (janvier- août 2014) avec comme second en charge des opérations et renseignements le général Mundos. Puis le général de Brigade Akili Mundos (de septembre 2014 au 5 juin 2015), suivi du général de Brigade Marcel Mbangu (du 5 juin 2015 à ce jour avec une présence du général de Brigade Fall Sikabwe lorsque le secteur avait été divisé).

Le colonel Mamadou Ndala (paix à son âme) n’a jamais été désigné pour commander les opérations Sukola I.

En y insistant sur des notions élémentaires, GEC fait preuve de la mauvaise connaissance du fonctionnement et de l’organisation de l’armée parce qu’il reste convaincu que les FARDC fonctionnent comme un groupe armé ou une milice.

Cette attitude est assimilable à l’intention de nuire à tout prix à notre armée nationale.

Cher monsieur Jason,

Je ne saurai refermer cette lettre sans faire allusion au dernier paragraphe de votre lettre de ce 11 janvier 2018.

Tout d’abord, je vous répète ce que j’ai l’habitude de dire avec insistance lors des formations que je donne depuis plus de 5 ans sur le journalisme d’investigation par hypothèse aux journalistes professionnels. A propos des sources, il y existe des précautions à prendre.

– Ne jamais prendre comme argent comptant des déclarations d’une source car nul n’est cru sur parole sans preuve.

– Revenir quelques temps après pour tester si la source garde les mêmes informations ou si elle les a modifiées par après ;

– Informer la source de ce que vous êtes, ce que vous faites et de ce que vous attendez d’elle.

– Informer la source si vous voulez l’enregistrer ;

– Lui dire ce qui suit : « si jamais je rendais publiques les informations obtenues de vous, quel risque elles représentent pour la source et pour le chercheur ? »

– Enfin, la règle d’or : flexibilité, objectivité/impartialité  et honnêteté.

Vous me faites vraiment pitié lorsque vous déclarez que moi Nicaise Kibel’bel Oka, j’ai prétendu (heureusement que vous utilisez le verbe « prétendre ») que le colonel Muhima et le général Mundos seraient complices des massacres et que ces chercheurs ont même enregistré ma voix. Mais c’est grave ce que vous déclarez par écrit. D’abord, c’est une faute professionnelle lourde relevant de la malhonnêteté intellectuelle d’enregistrer quelqu’un à son insu. A supposer que cela soit vrai, GEC aurait obtenu des informations sans exiger une seule preuve de Nicaise Kibel’Bel Oka, réputé ne jamais rien écrire sans la moindre preuve. Et ce, sur base de quelle confiance aveugle, de quel principe ?

Vous prenez un raccourci en mettant sur mon dos votre (ir) responsabilité : la faute à Nicaise.

Ce qui n’honore pas votre groupe d’Etudes. Parce que cela signifie que vous travaillez sans rigueur scientifique et que vous publiez des choses sans vérification préalable.

Enfin, comment expliquez-vous votre silence depuis plus de trois ans que Nicaise Kibel’bel Oka (presque seul contre tous) soutient la thèse vraie sur l’identité des tueurs qui sont les terroristes islamistes ADF, excluant les Rwandais et les Fardc dont le général Mundos ? Comment êtes-vous resté sur la prétendue vieille thèse de Nicaise Kibel’Bel Oka de qui, dites-vous, vous détenez les informations sans preuves sur le général Mundos alors que lui, votre source précieuse d’information aurait évolué ?

Se tromper est humain, mais persévérer dans l’erreur est diabolique.

Il est inadmissible qu’un groupe d’études qui se veut sérieux et d’une prestigieuse université puisse chercher à se dédouaner sur le nom d’un individu qui le contredit du fait qu’il écrit sur des rumeurs et sur des mensonges dans le seul objectif de nuire à l’armée nationale d’un pays et de le déstabiliser.

GEC devra se libérer de l’emprise envoûtante de BeniLubero Online s’il veut faire un travail sérieux et apprécié des connaisseurs de la région.

Cher Monsieur Jason,

Je suis disposé à des échanges scientifiques comme vous le dites et à mettre à la disposition de GEC les nombreuses preuves sur la participation des terroristes islamistes ADF dans les massacres des populations civiles de Beni (puisque j’en dispose et en donne à ceux qui le souhaitent). A la seule condition que vous me contactiez personnellement et non plus en groupe comme vous l’avez fait avec cette lettre.

Naturellement, je vous répondrai aussi dans le même groupe pour être correct.

Pour terminer, je reviens au conseil vous prodigué dans ma lettre de décembre 2017. Il n’est pas trop tard pour GEC de présenter les excuses aux FARDC.

Faites-les s’il vous plaît. Cela va honorer votre groupe.

Salutations distinguées.

Nicaise Kibel’bel Oka

 

[1]          A ce sujet, je vous renvoie à la lettre de monsieur Eugène Serufuli vous adressée le 18 octobre 2017 notamment au sujet du lieutenant- colonel Tipi Ziro et du général Akili Mundos mais aussi je vous prie de contacter  l’un des vôtres qui vous avait fourni des données erronées publiées par GEC sur la prétendue participation du major Biamungu dans les massacres des populations sur l’axe Eringeti-Oïcha.

[2]                  Nicaise Kibel’bel Oka, L’avènement du jihad en RDC. Le terrorisme islamiste ADF mal connu, Editions Scribes, Bruxelles, 272 pages, novembre 2016.

[3]             Quatre sur la dizaine de chercheurs de GEC appartenant à cette communauté et ayant partcipé au fameux rapport avaient été invités à apporter des éclairages sur leurs allégations. Vous connaissez la suite.

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