J. Kabila n’étant pas candidat, les préalables électoraux restants deviennent des accessoires !

  • «Je pense qu’il y a la fatigue, qu’ils ne voient pas d’alternative. Il y a beaucoup de gens qui sont déçus par l’opposition, qui sont déçus par la société civile. A la communauté internationale de porter l’espoir pour tous les Congolais», déclarait sur Rfi le 1er novembre 2017 Jason Stearns du Groupe d’Etude Congo…

 

  • Or, les partenaires extérieurs connaissent les textes légaux et réglementaires qui régissent la Ceni et dont l’un dispose clairement que ses membres «accomplissent leur travail sans être soumis à l’influence de forces extérieures comme les autres institutions de la République, les partis ou regroupements politiques au pouvoir, dans l’Opposition, les groupes d’intérêts et la Communauté internationale»…

 

 

Arrêtons de rêver debout à propos du soutien extérieur au processus électoral congolais. L’esprit cartésien qui anime l’homme blanc en général, l’Occidental euro-américain en particulier, ne s’embarrasse pas d’accessoire. Il ne promeut que l’essentiel. Dans cette logique, l’essentiel – pour le blanc et par rapport à ce processus – s’est produit le 8 août 2018 : le fait d’avoir vu et entendu Joseph Kabila désigner son «dauphin» en la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary. Se confirme ainsi ce qu’il voulait pour le Congo-Kinshasa, même s’il ne le fait pas pour les autres Etats africains, les voisins principalement, à savoir l’alternance politique dans les termes constitutionnels fixés pour le mandat du Président de la République. A preuve : tout ce bouquet de fleurs tressé à l’annonce de l’événement escompté. De Washington à Bruxelles, de Paris à New York, que de messages de félicitations pour un geste pourtant normal puisque de 2007 à 2018, Joseph Kabila n’a eu de cesse de réitérer sa détermination à respecter la Constitution. Le blanc tient par ce geste l’argument massue dont il a besoin pour convaincre désormais tout chef d’Etat de faire ce que le Raïs congolais vient de faire : passer la main…

 

Que le « dauphin » n’ait alors pas été Augustin Matata Ponyo, Aubin Minaku ou Néhémie Mwilanya, voire Olive Lembe n’a aucune importance à ses yeux. Cela relève d’ailleurs de la cuisine interne. L’important est le fait que Joseph Kabila n’ait pas brigué un 3ème mandat.

Ce résultat étant acquis, le reste – on le devine – devient accessoire. Oui : accessoire.

La validation ou l’invalidation des candidatures est accessoire.

La non-inclusion de Moïse Katumbi – trempé dans une sale affaire de faussaire avec son passeport falsifié – est accessoire.

Dans la foulée, évidemment, la machine à voter est accessoire, le fichier électoral est accessoire,  le calendrier électoral est accessoire, et même l’Accord de la Saint Sylvestre dans son volet «mesures de décrispation politique» est en voie de devenir accessoire.

Transition Sans Kabila : trop tard…

A dire vrai, l’homme blanc – l’Occident euro-américain s’entend – met les Congolais devant le fait accompli : ou ils se font des concessions pour organiser les élections le 23 décembre 2018, ou ils s’en abstiennent, quitte à «glisser» davantage en sachant pertinemment bien que par son alinéa 2, l’article 70 de la Constitution proroge le mandat de Joseph Kabila. «A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu», dispose-t-il.

C’est ici l’occasion de le rappeler à ceux qui en sont encore à croire à l’alternative du coup de force via l’alinéa 1 de l’article 64 selon lequel «Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution». Et à préconiser le schéma «Transition Sans Kabila», «TSK».

En plus de savoir que l’alinéa 2 du même article dispose que «Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi», les promoteurs de ce schéma doivent admettre que la donne a radicalement changé sur le terrain.

En effet, les pro-TSK les plus en vue jusque-là (Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi pour l’Udps et Martin Fayulu pour l’Ecide-Dynamique de l’Opposition) ont fait valider leurs candidatures pour la présidentielle. Ils n’ont plus de raison de soutenir une alternative non constitutionnelle.

Un autre pro-TSK, en la personne du Dr Denis Mukwege, n’a plus d’argument à évoquer. Personne ne l’a empêché de se porter candidat à la magistrature suprême. Avec tout ce qu’il s’est constitué comme lobbies en Occident, ce n’est pas la caution de 100.000 USD qui lui a fait défaut. Rêver d’une TSK dont il prendrait la tête est un raccourci indigne.

Quant à Moïse Katumbi, il se sait interdit d’en appeler maintenant à ce schéma. L’opinion avertie le mettrait sur le compte de la colère et de la vengeance.

Préalables irrationnels

C’est ici l’occasion de rappeler les phrases clés de l’interview de Jason Stearns du Groupe d’Etude Congo (GEC) fonctionnant à l’université de New York. Invité Afrique le 1er novembre 2017, cet américain a révélé un schéma occidental qui semble se concrétiser. La précision à porter à propos de cette interview est que Rfi ne l’a jamais transcrite pour la reproduire sur son site comme elle le fait d’habitude.

A analyser les faits et gestes actuels des acteurs de l’Opposition et de la Société civile alliée, et à voir comment évolue le Fcc, tout semble obéir à un plan pour lequel les protagonistes congolais ont été suffisamment alertés par les Occidentaux sans qu’ils n’en tirent la conséquence essentielle, envahie hélas  par des accessoires.

Prenons le cas précis de la machine à voter. Il s’observe, d’un côté, une forte pression pour l’écarter du processus électoral et, de l’autre, la détermination de la Céni de l’utiliser à tout prix.

Lors de sa 8331ème réunion tenue à New York le 27 août dernier et consacrée au processus électoral en RDCongo, les membres du Conseil de sécurité de l’Onu et ceux de la Cenco en ont appelé à un consensus entre protagonistes congolais. Le péruvien Gustavo M. Cuadra a même considéré qu’«il est urgent de définir une date pour tester les machines à voter».

Or, justement, cette suggestion a été émise par l’Udps dans ses 45 questions posées à la Ceni le 1er avril 2018 et auxquelles celle-ci a répondu le 22 juillet dernier. A la question n°27 «Pourrions-nous faire une journée de test grandeur nature une fois que les machines sont déployées ?», la réponse n°27 est la suivante : «Oui, plusieurs tests seront effectués tout au long de la période de sensibilisation».

On peut à ce stade dire de la machine à voter qu’il s’agit d’un préalable irrationnel.

Tout comme devient un préalable irrationnel la question du fichier électoral. La Céni a décidé de procéder à l’affichage des listes provisoires des électeurs.

Ces deux préalables étant éliminés, que reste-t-il encore de condition qui tienne la route ?

Si c’est le caractère inclusif des élections appliqué principalement à Moïse Katumbi, force est de constater que l’affaire de la double nationalité est postérieure à l’Accord de la Saint Sylvestre. Cet accord est du 31 décembre 2016. Par contre, l’affaire «nationalité italienne» remonte au premier trimestre 2017.  D’ailleurs, un malheur ne venant pas seul, Chairman se retrouve avec un dossier malsain : le passeport falsifié pour lequel il risque un procès en Belgique. De quoi démobiliser ses lobbies.

Au final, l’homme blanc (lisez l’Occidental euro-américain) a conscience du fait qu’il ne peut pas hypothéquer l’essentiel (l’alternance politique obtenue le 8 août 2018) pour des accessoires que sont ou deviennent la validation ou l’invalidation des candidatures, la non-inclusion de Moïse Katumbi, la machine à voter, le fichier électoral, le calendrier électoral et même l’Accord de la Saint Sylvestre.

Comprenne qui pourra !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s