Sécurité à l’Est*. Général Akili Mundos : « Je n’ai jamais tué des gens, je ne suis pas un monstre ! »

C’est au cours d’un premier face à face avec la presse de Bukavu qui a duré près de deux heures que le nouveau commandant de la 33ème Région militaire, le général-major AKili Mundos, s’est exprimé à bâton rompu sur les accusations de meurtre portées contre lui et les sanctions de certains pays occidentaux et des Nations-Unies. Balayant une à une ces accusations, le nouveau commandant région appelle toutes les structures de la société civile et les mouvements citoyens à la collaboration et au dialogue, car, dit-il «ils ne doivent pas être animés des préjugés sur ma personne». S’il reconnaît le droit à toutes les personnes et structures de s’exprimer, il note cependant que cela est dû aux rumeurs et intoxications des réseaux sociaux sur sa personne ; demandant aux uns et aux autres de vérifier ces allégations sans se fier aux écrits des étrangers, «car l’histoire des congolais doit s’écrire par les congolais». «Pourquoi avoir des préjugés sur ma personne alors que je serai avec vous et vous serez avec moi ?», demande Mundos. «Je n’ai jamais tué des gens !», se défend-t-il…

 

Concernant les accusations de meurtre à grande échelle à Beni, il fait remarquer qu’il a quitté la région depuis le 5 juin 2015 mais trois ans après, les meurtres se poursuivent.

«Est-ce que vous pouvez me dire que depuis 2015, on ne tue pas de gens à Beni», s’interroge-t-il.

Le général Akili rappelle que c’est à la suite d’autres meurtres dans la région que le gouvernement congolais avait décidé du lancement d’une opération militaire. «On a tué des militaires, est-ce que je pouvais tuer mes propres miliaires ?»,  s’étonne-t-il avant de poursuivre : «Est-ce que vous connaissez le bilan de cette population tuée à cause de ces mensonges contre l’armée ? Ceux qui paient cher tous ces mensonges c’est la population… j’aimerai trouver des gens qui ont ces doutes sur la situation de Beni. On a écrit que j’ai tué des gens au Kasaï. Savez-vous que je ne connais même pas le Kasaï ? Au contraire, j’ai déjà commandé plus de 11 opérations et partout où je suis passé on me transporte sur le tipoy. Il ne faut jamais politiser la sécurité. Quand on politise la sécurité, on trouve des résultats comme ceux de Beni. Bref, je n’ai jamais tué des gens. J’ai prêté serment de défendre ma nation, pour protéger la population et ses biens jusqu’au sacrifice suprême…celui qui m’amènera une seule preuve de meurtre, je me rendrai moi-même à la justice…Je suis totalement à l’aise… je ne suis pas un monstre»,  renchérit-il, appelant les mouvements citoyens à le rencontrer pour discuter, car dit-il «vous n’aurez pas de tort à donner des témoignages de mes comportements et de mes capacités».

«Est-ce qu’on peut sanctionner quelqu’un sans l’écouter ?»

Abordant la question des sanctions occidentales contre lui, le général Mundos s’étonne que les gens puissent prendre des sanctions sans l’avoir écouté au préalable. «Je suis un nationaliste à 100 %. Je combattrai pour mon pays jusqu’au sacrifice suprême. Est-ce qu’on peut sanctionner quelqu’un sans l’écouter ? Je n’ai jamais eu des biens dans ces pays-là, je n’y vais même pas. Moi c’est mon pays ou rien. Ces sanctions ne sont là que pour faire plaisir aux gens. Je vous demande d’aimer, d’adorer votre pays. Combien des Français ou Américains avons-nous sanctionné ? Parce que quand on m’accuse, c’est toute l’armée qu’on accuse, toute la République. J’ai demandé des preuves et personne ne les a apportées. Vous devez sauver votre beau pays qui est la convoitise de tous ces pays qui ne veulent pas qu’il évolue», dit-il.

Commentant sur ce qui pourrait être une solution au problème de Beni au Nord-Kivu, Mundos préconise «l’approche globale» qui n’implique pas le seul volet militaire.

Pour lui, il faut actionner tout le monde, avoir des gens sincères, ne pas tomber dans le jeu de l’ennemi qui veut intoxiquer la population et la monter contre son armée.

«Les gens croient que c’est seulement l’armée qui peut trouver une solution à ce problème ADF et les autres sont là pour démoraliser l’armée. Le jour que tout le monde va se lever pour dénoncer l’ennemi, ce problème finira», croit le général Akili.

Fin de l’indiscipline militaire et appelle à la collaboration

Le nouveau commandant de la 33ème Région Militaire a aussi déclaré avoir noté une indiscipline dans le chef de certains militaires présents dans son rayon de commandement. Il se fixe comme mission de renforcer «coûte que coûte» la discipline militaire en mettant notamment fin à l’implication des militaires dans des dossiers douaniers, fonciers, etc.

Il révèle que les rencontres avec les différents responsables de l’armée ont déjà commencé pour connaître le pourquoi de l’implication des militaires dans des dossiers qui ne sont pas de leur ressort.

Une indiscipline observée également à cause des militaires qui se comportent en chef coutumier parce qu’étant restés sur place pendant plus de dix ans. Une situation anormale selon le commandant de la 33ème région militaire.

«Aucun militaire ne peut justifier son indiscipline par un salaire insuffisant», avertit-il, avant de promettre : «On va faire en sorte que cette image de notre armée qui est la dixième en Afrique s’améliore encore et que cela soit visible par votre concours».

Le général Mundos, qui a noté la recrudescence de l’insécurité dans plusieurs entités de la province caractérisée notamment par le «banditisme urbain», insiste sur la collaboration avec la population à travers la sensibilisation de la presse. Ce manque d’implication des couches de la population implique aussi l’insuffisance dans la dénonciation des auteurs de l’insécurité.

Pour lui, il s’observe une certaine limite dans les démarches de lutte contre l’insécurité parce que les gens attendent seulement une solution venant de la police et de l’armée.

«Il faut un mariage sincère entre la police, l’armée et la population», explique-t-il.

Il se fixe comme approche la participation de tous dans la recherche des solutions aux problèmes sécuritaires dans le Sud-Kivu et le Maniema. Il promet aussi de renforcer la capacité combative de ses hommes. Une capacité combative qui ne peut pas être renforcée si les personnes mal intentionnées continuent à raconter n’importe quoi sur l’armée et ses responsables pour décourager les troupes et fragiliser le pays, prévient-il.

Le nouveau commandant 33ième Région militaire est arrivé le lundi 27 août 2018, dans ville de Bukavu en provenance de Kinshasa.

MEDIA CONGO PRESS / PrunelleRDC

*avant-titre de www.congo30juin.com

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