Via Bruxelles et la Cenco : 3 ans après, le G7 distrait encore l’Opposition !

 

  • On ne peut pas parler de hasard du calendrier. A l’approche de la date anniversaire de la sortie officielle du G7 ce 14 septembre 2018, les ex-sociétaires de la Mp viennent de se remobiliser par le canal du Gouvernement belge, des Evêques de la Cenco et des présidentiables de l’Opposition invalidés et non invalidés. Ils tiennent à garder le leadership de l’Opposition…

 

  • L’heure étant au bilan du «partenariat» noué à Paris et formalisé à Ile de Gorée et à Bruxelles-Genval, le G7 aurait dû saisir l’occasion pour en débattre. Il s’en est abstenu de peur de voir l’Udps se reconnaître le grand perdant du deal…

 

 

Les activités diplomatiques et politiques entreprises à l’approche de la date anniversaire relèvent d’une planification avérée. Tenez ! 10 septembre 2018 : une délégation de la Cenco comprenant Mgr Fridolin Ambongo et l’abbé Donatien Nshole est reçue à Lusaka par le Président zambien Edgar Lungu. A l’issue de l’audience, le second déclare avoir demandé à ce dernier de «peser de tout son poids pour convaincre le gouvernement congolais de parachever la mise en oeuvre des mesures de décrispation politique selon l’accord de la Saint-Sylvestre», de «trouver un consensus sur la machine à voter ou de recourir, à défaut, aux bulletins papiers» et de «clarifier le cas des personnes enregistrées dans le fichier électoral sans empreintes digitales». 11 septembre 2018 : Didier Reynders est en Angola après l’étape du Congo-Brazzaville. Du communiqué final de sa rencontre avec son homologue Manuel Domingos Augusto, il ressort, s’agissant de la RDCongo, que Bruxelles et Luanda «ont réitéré l’importance d’un processus véritablement inclusif qui puisse aboutir à des élections crédibles, libres et transparentes le 23 décembre 2018, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre et au calendrier électoral approuvé à cette fin, facteurs indispensables pour arriver à un résultat accepté par toutes les parties et à une stabilisation durable en RDC». 11 septembre 2018 : Didier Reynders est en Afrique du Sud. La ministre des Affaires étrangères Lindiwe Sisulu, rapporte la presse belge, se limite à déclarer son pays «prêt à s’investir pour que le processus électoral aboutisse en RDC». 12 septembre 2018 : à Bruxelles, à l’initiative et sous le leadership de Moïse Katumbi, les candidats invalidés (Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito) et validés (Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi et Vital Kamerhe), posent des préalables pour les élections du 23 décembre prochain. Dont celui de la réintégration des «invalidés» signifiant la révision des critères d’éligibilité et d’inéligibilité fixés dans la loi électorale. On peut supposer que pour agir en connaissance de cause, ils doivent avoir attendu les informations émanant de Reynders pour la Belgique et de Mgr Ambongo pour la Cenco. Ont-ils parlé de bilan du rapprochement «G7-Opposition» ? NON !

 

Pourtant, on se devait de le faire. Car, inspirée en Belgique et aux Etats-Unis, la fronde ayant secoué la Majorité présidentielle avec pour raison la lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat par ses sociétaires a une date de référence pour l’histoire : 14 septembre 2015. Soit la veille de l’ouverture de la seconde session ordinaire de l’Assemblée nationale prévue dans la Constitution du 15 septembre au 15 décembre.

En ce jour anniversaire, il est utile de rappeler à la mémoire collective cette fronde à la base de la crise politique actuelle impactant le processus électoral. Il est évident que sans cette fronde, la solution négociée, recherchée à Venise, à Ibiza et à Paris par la Mp et l’Udps, aurait été trouvée.

Or, le premier acte posé par le G7 à son apparition a été non seulement de basculer dans l’Opposition (c’est son droit légitime) au point de tenter d’en prendre le contrôle (c’est également son droit légitime), mais de boycotter le dialogue visant justement l’organisation d’un processus électoral voulu inclusif et apaisé. Autant celui préconisé par le Président Joseph Kabila que celui proposé par le Conseil de  sécurité de l’Onu avec la facilitation de l’Union africaine.

Trois ans après, tout esprit rationnel ne peut que se demander ce que le pays a engrangé comme bénéfices de la fronde du G7. D’aucuns pourraient brandir la non candidature du Chef de l’Etat à sa succession. C’est faux étant donné que l’alinéa 2 de l’article 70 pour le Président de la République, l’alinéa 2 de l’article 103 pour le Député national (Assemblée nationale), l’alinéa 2 de l’article 105 (Sénat) et l’alinéa 6 de l’article 197pour le Député provincial (Assemblées provinciales) ont été conçus par le législateur congolais pour éviter au pays la survenance de tout vide juridique surtout en cas de non tenue des élections dans les délais constitutionnels. Le législateur a lié au même sort ces institutionnels détenteurs du mandat électoral.

Juriste de la maison G7, Christophe Lutundula est bien placé pour le savoir. Hélas ! il a mis ou laissé mettre  les atouts, entendez le Savoir et l’Avoir, de son regroupement politique au service du contraire.

Probablement que les « parrains » de Bruxelles et de Washington avaient convaincu les Katumbistes  des facilités de se défaire de Joseph Kabila au plus tard fin décembre 2016, élections ou pas.

A preuve : alors que d’un côté, l’Opposition montée en Île de Gorée en décembre 2015 et formalisée à Bruxelles en juin 2016 réclamait la tenue des élections dans les délais constitutionnels, de l’autre côté elle préconisait le schéma « régime spécial« , projetant ainsi la fameuse «Transition Sans Kabila». D’où la non tenue ni en 2016, ni en 2017 des congrès préparatoires. Ce n’est qu’en 2018 que les Opposants concerné vont s’y investir avec des plans en des dizaines sinon en centaines de milliards de dollars Us.

Le G7 coupable

Force est alors de constater que le G7 est aujourd’hui dans ses petits souliers à cause d’un Moïse Katumbi ressemblant à la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf.

En effet, avec les malheurs qui s’abattent sur sa personne à cause notamment des affaires post-Accord de la Cenco (nationalité italienne et passeport falsifié même si pour ce dernier, les autorités belges l’ont classée sans suite !), tout le monde – à  commencer par Fatshi avec qui il avait passé  le deal du boycott de tous les Dialogues – réalise que cet homme est tout, sauf le leader qu’il prétendait être.

Conséquence : à l’Udps, on commence à voir les choses autrement. Même s’ils ne le disent pas ouvertement, les Tshisekedistes apprennent à leurs dépens qu’ils sont la victime première et principale de la fronde du G7 remontant à septembre 2015.

Primo, ils ont perdu leur chef charismatique en la personne d’Étienne Tshisekedi à qui le G7, avec la complicité de Fatshi, a imposé un rythme de travail incompatible avec son état de santé.

Secundo, ils ont perdu concomitamment nombre de leurs cadres, entre autres Joseph Kapika, Bruno Mavungu, Bruno Tshibala, Valentin Mubake et Samy Badibanga.

Tertio, ils ont perdu beaucoup de leurs partisans (lisez combattants), les uns décédés, les autres arrêtés, les autres démotivés à la suite d’une lutte de près de quatre décennies au profit d’une minorité.

Quand on entend maintenant Fatshi lancer l’Opération 1$ pour la campagne électorale sans attendre le choix du candidat commun de l’Opposition, c’est qu’il prend conscience de l’échec du deal passé le 10 décembre 2015 à Paris avec Moise Katumbi. Il sait que le moment est venu de tourner la page d’une aventure sans lendemains. Simplement parce qu’il sait désormais – à  l’instar de bien des observateurs et analystes – que le coupable a un nom : G7 !

Et comble d’ironie : il assiste à la détermination des Katumbistes de reprendre le pouvoir à tout prix qu’il veut prendre.

A l’«heure du cobalt»…

En quittant le navire Mp à une année seulement de la fin du second mandat de Joseph Kabila, les membres du G7 n’avaient qu’une préoccupation majeure : succéder à leur Autorité morale, le temps du break d’une année.

C’est d’ailleurs moins pour faire respecter la Constitution que pour « conserver » le pouvoir qu’ils ont monté leur groupe. Car si la préoccupation majeure était sincèrement de contraindre Joseph Kabila à respecter la Constitution en ce qui concerne les mandats, ils devaient se dire «mission accomplie, adieu !»  dès l’instant où le Chef de l’Etat a fait exactement ce qu’il se devait de faire.

Or, ce n’est pas ce qui se passe à ce moment précis. Le déploiement diplomatique de la Belgique et «diplomatique» de la Cenco tout comme la réunion de Bruxelles sont d’abord des opérations de sauvetage pour Moïse Katumbi et non pour Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Vital Kamerhe ou Félix Tshilombo.

Qu’ils veuillent l’admettre ou non, à l’«heure du cobalt», le Joker pour l’axe Bruxelles-Washington est le dernier gouverneur du Katanga et non les autres.

Dans cette logique, le préalable essentiel – comme relevé ci-dessus – est la réintégration des candidats «exclus» dans la compétition présidentielle, le premier d’entre eux étant celui sur qui de gros investissements en termes de lobbying ont été opérés. Partant, la machine à voter, le fichier électoral, le déploiement des observateurs internationaux etc. sont juste des accessoires.

En un mot : trois ans après sa fronde, le G7 continue de distraire l’Opposition avec des accessoires !

Le stratagème trouvé est de débattre de tout, sauf du bilan…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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