BALISES. Présidentiables à électorat plutôt ethno-tribal !

«Faute de respecter ces préalables, la CENI et le Gouvernement seront tenus responsables du chaos et des conséquences auxquelles conduira l’organisation d’une parodie d’élection».

La mise en garde est des «Leaders de l’Opposition» réunis le 12 septembre 2018 à Bruxelles.

Dès lors que la question normale est de savoir ce qu’il adviendrait du pays si effectivement le chaos prédit venait à se produire, la réponse normale se devine au travers du profil des présidentiables présents, en l’occurrence Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Vital Kamerhe, Félix Tshilombo Tshisekedi et Adolphe Muzito, mais aussi – même sans l’être – Antipas Mbusa Nyamwuisi.

Commençons par ce dernier.

 

Antipas Mbusa Nyamwisi se veut le leader naturel du Nord Kivu, province congolaise adossée au Rwanda et à l’Ouganda. Il est de notoriété publique que sa vie politique dépend essentiellement de Yowerie Museveni, son «parrain». Deux fois candidat malheureux à la présidentielle (2006 et 2011), il ne veut pas renouveler l’expérience, conscient de ne pouvoir faire le poids devant les présidentiables validés et invalidés.

Aussi, à l’heure actuelle, vend-t-il son leadership au plus offrant : Moïse Katumbi Chapwe. Il le fait cependant sans conviction.

 

Adolphe Muzito s’est présenté carrément en candidat de l’Ouest, partie comprenant l’Equateur, le Bandundu, Kinshasa et le Kongo Central. L’annonce avait été faite par le journal «Le Potentiel» dans son édition du 13 mai 2015. Le chapeau du titre «Présidentielle 2016 : Muzito, candidat de l’Ouest» est formulé en ces termes : «En 2016, la présidentielle se jouera sur plusieurs tableaux. Avec la disqualification plus que probable de Joseph Kabila de la course – par le fait du verrou constitutionnel – les jeux paraissent largement ouverts. Ils seront nombreux à se bousculer au portillon. Le clivage Est-Ouest qui a toujours caractérisé la scène politique congolaise pourrait dès lors resurgir. Si à l’Est, Kamerhe et Katumbi émergent du lot des présidentiables, à l’Ouest, Adolphe Muzito prend de plus en plus de l’ampleur. Ses tribunes reprises dans la presse traduisent les ambitions de celui qui se positionne pour porter haut la voix de l‘Ouest dans la grande bataille électorale de 2016. Dans la ville haute, on en parle déjà».

Dès lors qu’il n’a jamais démenti, on peut l’admettre : il se veut le candidat des provinces occidentales.

Pourtant, il a conscience du fait que son emprise se limite sur le Bandundu, précisément le Kwilu, et sur la partie est de Kinshasa. Même en étant Premier ministre presque quatre ans durant, Adolphe Muzito n’a su s’imposer ni au Kongo Central, ni au Grand Equateur, et même pas dans le reste du Bandundu.

 

Jean-Pierre Bemba a eu la lucidité de ne pas se présenter en candidat de l’Ouest. Mais, cela n’en est pas moins évident. Un certain Herman Cohen – qui s’est sérieusement investi dans son acquittement par la Cpi – l’a présenté en leader des «Anamongo» qui, à l’en croire, constitue la communauté majoritaire en RDCongo. Evidemment, c’est faux.

Ce qui est cependant vrai, c’est qu’une bonne franche dans l’espace lingalaphone se reconnaît en lui pour des raisons évidentes. Il ne peut toutefois s’estimer en territoires conquis puisque même dans son terroir du Sud-Ubangi, il n’a plus de plébiscite.

 

Félix Tshilombo Tshisekedi (ou Félix Tshisekedi Tshilombo) a un leadership kasaien avéré, mais essentiellement dans la communauté «luba-lulua» ayant des tentacules à Kinshasa et au Katanga. Cependant, il a pour handicap le manque de l’aura du père, Etienne Tshisekedi. En plus, si la rue «luba-lulua» lui est acquise par fidélité à la mémoire du Sphinx, il n’en est pas de même de l’élite «luba-lulua» effrayée, elle, à l’idée de voir Fatshi échouer dans la gouvernance institutionnelle en raison de la délicatesse des enjeux en cours.

 

Vital Kamerhe exerce un leadership avéré dans l’espace kivutien, principalement au Sud-Kivu et, dans une certaine mesure au Nord Kivu. Or, cet espace a la singularité d’avoir un trop plein de leaders à se bousculer au portillon. Il se dit, en plus, que ses déboires sentimentaux influent négativement sur son électorat.

 

Moïse Katumbi Chapwe exerce le même leadership avéré dans l’espace katangais, et encore le Katanga minier sur l’axe «Lubumbashi-Likasi-Kolwezi». Celui qui intéresse le plus les Occidentaux, Belges en tête. En dehors de l’espace katangais et dans une moindre mesure à Kinshasa via le TP Mazembe, il n’a à proprement parler pas d’emprise sur le reste du pays.

Plan B inspiré de Jules César

A partir de cette démonstration, on peut supposer que Bruxelles est à la recherche des leaders provinciaux manquants. On ne sera pas surpris de voir dans les jours ou les semaines à venir des «Leaders de l’Opposition» réunis dans la capitale belge être rejoints par des leaders s’affichant qui du Kongo Central, qui du Sankuru, qui de l’ex-Province Orientale etc., question de …boucler la boucle.

Il faut être d’une naïveté désespérante pour croire que la Belgique joue la carte nationale congolaise au nom de sa devise «L’union fait la force» alors que sa véritable force est dans un communautarisme proche de l’autodétermination de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles.

Transposé à et sur son ex-unique colonie au monde, entendez la RDCongo, ce communautarisme s’exprime par le profit des présidentiables qui se sont retrouvés à Bruxelles en juin 2016 pour la création de «Rassemblement» et en septembre 2018 pour les «présidentiables validés et invalidés» préconisant le chaos dans leur pays si leurs 9 préalables ne sont pas remplis.

Dans les deux cas, le leader des leaders est le même : Moïse Katumbi Chapwe.

Quand on sait que tous ces présidentiables comptent essentiellement sur l’électoral de la «province d’origine», on comprend d’emblée que chacun ait son Plan B inspiré de Jules César : «J’aimerais mieux être le premier dans ce village que le second à Rome» !

C’est cela, le chaos annoncé et planifié.

C’est contre cela que tout Congolais éveillé doit se lever…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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