EDITORIAL. Présidentiables «oublient» Kabila et Cour constitutionnelle

Intitulée «COMMUNIQUE CONJOINT DES LEADERS DE L’OPPOSITION DE LA REPUBLIQUE

DEMOCRATIQUE DU CONGO», la dernière déclaration en date engageant l’Opposition politique au travers des signatures d’Antipas Mbusa Nyamwisi, Jean-Pierre Bemba Gombo, Moïse Katumbi Chapwe, Adolphe Muzito Fumutshi, Félix Tshisekedi Tshilombo et Vital Kamerhe LwaKanyinginyi se singularise par une insolite : la non-évocation du nom de Joseph Kabila et de la Cour constitutionnelle.

Effectivement, nulle part dans l’introduction ni dans les préalables numérotés 1 à 9 allusion n’est faite à l’un et/ou à l’autre.

Pourtant, dans leurs déclarations habituelles, surtout celles de ces temps derniers, les mêmes Opposants présentent la Cour constitutionnelle en institution instrumentalisée par le Chef de l’Etat.

Que s’est-il passé à Bruxelles pour ne pas les épingler ? Serait-ce par simple oubli ? Ou plutôt par stratagème d’aménager une passerelle ?

A ce que l’on sache, commentant chacun son invalidation, les présidentiables Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito ont utilisé abondamment le terme «instrumentalisation».

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En attendant de savoir pourquoi ce silence pour le moins étrange, notons qu’au même moment, à Bruxelles, il s’est produit dans l’appareil judiciaire belge un événement non moins étrange également : le classement sans suite du dossier judiciaire ouvert à charge de Moïse Katumbi au sujet du passeport falsifié. Un très sale dossier impliquant des faussaires dans les réseaux du présidentiable en chef !

Si ce type de passeport avait été trouvé entre les mains d’un «mwana Ndjili», c’est sûr que le pauvre serait depuis à Saint Gilles (prison bruxelloise). Il n’aurait jamais été rapatrié.

Notons-le encore : le conciliabule de Bruxelles s’est produit au moment où l’administration Donald Trump a quasiment insulté la Cpi !

Moralité : les leaders de l’Opposition réunis dans la capitale belge se sont sentis gênés d’en rajouter, s’agissant de la Cour constitutionnelle.

D’où la nuance dans la formulation du préalable n°4. Il y est question de «… participation effective des candidats exclus ou invalidés pour des raisons politiques afin d’assurer la tenue d’élections inclusives».

Par exclu, s’entend Moïse Katumbi tandis que par invalidés, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito.

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Concrètement, chantres du respect intégral et absolu de la Constitution, les présidentiables invalidés et validés ont résolu de violer pour des raisons politiques l’article 168 selon lequel «Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires. Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers».

A ce stade, il reste à admettre que même le présidentiable ayant annoncé avec pompe son intention de saisir les instances judiciaires internationales – dont celles de l’Union africaine – fait «glisser» à son tour le temps. La Cpi – qui se prononce ce lundi 17 septembre 2018 sur l’affaire «subornation des témoins» – n’apprécie pas le piège dans lequel le Mlc a tenté de l’enfermer.

Sur ces entrefaites, ce présidentiable va devoir, cette fois-ci, siéger au sénat au cours de la session ordinaire de septembre à décembre 2018. La dernière.

En principe.

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Oui, en principe. Car, en lisant entre les lignes le communiqué conjoint du 12 septembre 2018, on réalise que les préalables n°4 (participation effective des candidats exclus ou invalidés pour des raisons politiques afin d’assurer la tenue d’élections inclusives) et n°9 (restructuration et audit de la CENI conformément au prescrit de l’accord de la Saint Sylvestre) traduisent une volonté avérée de remettre à zéro le compteur électoral, comme relevé dans la manchette. Une volonté de «glisser» davantage.

Comment, du reste, ne pas le reconnaître lorsque les présidentiables renvoient sine die ce que le «peuple pris à témoin» attend d’eux : la désignation du candidat et du programme communs ?

En ménageant déjà le Président Joseph Kabila et la Cour constitutionnelle, ils font ce qu’un certain Lita Bembo disait à l’époque des Stukas, son orchestre : «attaquer le côté le plus pete pete» (lisez : «attaquer l’adversaire par son côté le plus faible).

Il s’agit, on s’en doute, du Gouvernement et de la Ceni. Dans ces institutions – ne relisez pas svp ! –  il y a des places à conquérir et à conserver, le temps de réunir les conditions nécessaires à l’organisation des élections qui soient libres, démocratiques, transparentes, inclusives et apaisées !

Pour terminer, constatons à l’unanimité que les présidentiables réunis à Bruxelles se sont en plus abstenus d’évoquer la fameuse et non moins fumeuse «Transition Sans Kabila».

Normal : le Chef de l’Etat ayant respecté la Constitution, et son dauphin étant désigné, ce schéma ne tient plus la route…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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