Alors que l’Onu salue les avancées électorales, Dr Mukwege rêve encore de la Transition…

 

* C’est à croire qu’étant en plus opposé à tout ce qui est de nature à réduire sinon à enrayer les causes des violences sexuelles, le médecin qui ‘répare les femmes’ entend protéger son job qui lui ouvre maintenant une carrière internationale en Syrie, en Irak etc. ! Il sait que «zéro femme violée = zéro boulot, donc zéro titre honorifique»…

 

 Cinquante mille femmes violées et soignées en une vingtaine d’années, la moyenne est de 2.500 victimes par an. Toutes de nationalité congolaise, ces femmes sont essentiellement originaires du Sud-Kivu et fréquentent le même centre médical de Panzi. En attendant de savoir comment sont-elles en majorité de la même province où sont pourtant déployées les troupes de la Monusco dont les tâches primordiales sont la protection de la population civile et l’accompagnement du processus électoral, force est de constater que la RDCongo a vécu le 22 juin 2016 à Kimpesky Hotel un événement important : la remise du «Prix Butter Wolrd» au Président Joseph Kabila pour les efforts réalisés dans la réduction à 50 % des cas des violences sexuelles commis sur le territoire national. Curieusement,  Dr Denis Mukwege n’y a jamais fait allusion dans ses déclarations…

 

Dans sa dépêche du 11 octobre 2016 intitulée «RDC : les cas des violences sexuelles réduits de 50% en deux ans», le site radiookapi.net note : «En réduisant de 50% le nombre de cas de violence sexuelles commises en RDC, nous sommes encore loin du compte. Car, même un seul cas de violence sexuelle est un cas de trop. L’ambition du Congo et de tous les Congolais devrait être le cas ‘zéro’. Un moment où, aucune femme congolaise, aucune fille congolaise, aucune maman congolaise ne peut souffrir, dans sa chair ou dans sa mémoire, d’un quelconque acte qui est contraire à ses droits».

Le plaidoyer est de Zainab Hawa Bangura, représentante spéciale du Secrétaire général de l’Onu chargée de la Question des violences sexuelles dans les zones en conflit.

«Ces chiffres indiquent qu’avec de l’engagement politique et le soutien des partenaires, la RD Congo est capable de réussir ce pari», a renchéri Mamadou Diallo, représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en RDC.

Pour rappel, ces prestations ont eu lieu au cours d’une cérémonie organisée cette date par Mme Jeanine Mabunda, représentante personnelle du chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants.

21 mois après cette cérémonie, soit le 27 mars 2018, le site africanewsrévèle sous le titre «RDC : les femmes victimes de vols et de violences sexuelles», qu’«En RDC, des milliers de civils subissent un regain des violences et des viols dans les villages du Kivu depuis plus d’un an, menacés par des hommes qui n’hésitent pas à se servir de leurs armes contre une population vulnérable».Le média signale que «La plupart des victimes se font suivre à l’hôpital de Panzi à Bukavu dirigé par le célèbre gynécologue-obstétricien Denis Mukwege, surnommé ‘l’homme qui répare les femmes’ et évalue le nombre de ces victimes» et reprend en citation les propos de ce dernier selon lesquels «En 2015, on avait observé une diminution sensible des violences sexuelles, des patientes qui se présentaient à l’hôpital. Malheureusement, depuis fin 2016, et 2017, là vraiment, c’est une augmentation remarquable». Ce qui corrobore les déclarations du 11 octobre 2016.

Mais, surtout, africanews souligne que «La protection des civils représente la priorité des Nations unies, qui renouvellent mardi le mandat de leur force en RDC, la plus importante au monde avec quelque 16.000 militaires, sur fond de tensions politique, sécuritaire et humanitaire en plein processus électoral».

Ces réponses se singularisent par l’amalgame

Effectivement, toutes les résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu depuis une dizaine d’années renouvellent parmi les tâches confiées à la Monuc/Monusco la protection de la population civile. Dont la population vulnérable constituée de femmes et enfants.

Pour ne prendre que la dernière en date (Résolution 2409/2018 du 27 mars 2018), le Conseil de sécurité décide, au point 31, que «les priorités stratégiques de la MONUSCO sont de contribuer à : a) Assurer la protection des civils, telle que décrite au paragraphe 36, alinéa i) de la présente résolution». Les résolutions précédentes (2215/2015, 2277 et 2293/2016, 2348, 2360 et 2389/2017 portent les mêmes indications.

D’où la question de savoir comment, depuis son déploiement sur le territoire national avec priorité l’Est du pays, surtout du Kivu en proie aux troubles récurrents, la Monuc/Monusco ne parvient pas à contrer les violences sexuelles.

La réponse de ceux qui font une lecture politisée des Résolutions de l’Onu est connue : la responsabilité de la sécurisation de la population relève du Gouvernement. Ce qui est vrai. Et c’est pour cela que Dr Denis Mukwege accuse formellement les officiels de son pays «de ne rien faire, ni pour protéger les populations ni pour mettre fin à la multiplication des groupes armés dans l’est du pays», reprend «Jeune Afrique» dans sa livraison du 14 octobre 2018 intitulée «RDC – Denis Mukwege : « Depuis deux ans, nos gouvernants défient le peuple».

Visiblement, le médecin a un problème de logique dans ses interviews.

Dans celle accordée le 23 septembre 2018 au journal «La Libre Afrique», et sous le titre «Dr Denis Mukwege : ‘La guerre du Congo est une guerre économique qui se fait contre le corps des femmes’», voici ce qu’il rapporte personnellement de la guerre : «Aujourd’hui, en 2018, on a dû soigner quelque 50.000 victimes. Et cela ne se calme pas. On soigne encore 150 femmes chaque mois (…). En 20 ans, les responsabilités ont beaucoup évolué ».

A l’observation selon laquelle «Le Congo est très riche en matières premières. L’Est du Congo renferme du cobalt, du coltan. Mais ces richesses font le malheur de la population locale qui est exploitée», l’interviewé précise : «C’est peut-être pour cela que les solutions tardent à venir. Les belligérants profitent de la situation et de la catastrophe humanitaire de l’Est du Congo. Cela prolonge la crise du Congo. La guerre du Congo n’est pas une guerre ethnique. Certains politiciens et journalistes essaient d’en faire une guerre ethnique. Mais non, c’est une guerre économique, pour contrôler les ressources naturelles du Congo. Une guerre économique qui se fait contre le corps des femmes : c’est une honte pour notre humanité».

Mais, à la question «Pourquoi le conflit perdure-t-il ?», il déclare : «C’est tout simple : il manque une volonté politique pour arrêter cela et pour assurer la paix en République démocratique du Congo. Ce message, je l’ai reçu des victimes. Quand on demande à ces femmes violées ce qu’elles souhaitent en priorité, la réponse est unanime : la paix».

Se prendre les pieds dans le tapis

Ces réponses se singularisent par l’amalgame en ce que, d’un côté, Dr Denis Mukwege reconnaît le Congo victime d’une guerre économiquepour le contrôle de ses ressources (en voit mal les belligérants congolais réaliser un tel exploit) et, de l’autre,  il s’abstient d’engager la responsabilité, pourtant avérée, des multinationales internationalessoutenues, elles, par des puissances étrangères qui, elle, financent via l’Onu le budget d’une Monusco inefficace dans la protection de la population civile !

Capable de réparer les femmes, incapable cependant de dénoncer le rôle de ces puissances et de leurs multinationales, le médecin dérive sur les élections.

Ainsi, à la question «Pensez-vous que les élections au Congo puissent améliorer la situation des Congolais ?», il répond : «Ce n’est pas un problème d’homme, mais bien un problème de système. Si le système ne change pas, rien ne changera. Ce seront les mêmes acteurs, avec les mêmes recettes qui vont reproduire le même modèle. C’est le système congolais qui doit changer, pas uniquement les individus».

A l’observation selon laquelle «Des élections vont avoir lieu, c’est déjà cela…», il se défoule carrément : «Ah oui ! La Constitution prévoyait des élections présidentielles en 2016, nous sommes en 2018. Les Congolais veulent des élections libres, transparentes, équitables et crédibles. Et ce ne sera pas le cas. Pourquoi donc accepter ces élections, juste pour légitimer un pouvoir qui symbolise tous les maux de notre pays ?».

Quand il lui est demandé ce qu’il préconise, il se dévoile puisqu’il se prononce pour «…une transition citoyenne pendant laquelle un gouvernement civil aurait eu pour tâche d’organiser des élections crédibles, libres et transparentes qui permettraient l’apaisement. Sinon, ce sera une parodie d’élections et nous aurons les mêmes hommes, les mêmes recettes et donc les mêmes conséquences : le Congo ira plus mal qu’aujourd’hui».

Entendre fin septembre 2018 ce médecin revenir sur la caution versée par les candidats pendant que la liste officielle des éligibles a déjà été rendue publique, c’est la preuve qu’il en est encore au schéma de la Transition, même s’il se défend de postuler à la magistrature suprême. Dire que dans ses résolutions, le Conseil de sécurité de l’Onu reconnaît les avancées significatives réalisées dans la préparation des élections.

Tout n’est que diversion. En réalité, l’homme tient à protéger son job. Il est conscient du fait que «zéro femme violée = zéro boulot, zéro titre honorifique». Comme relevé ci-dessus. Cela n’arrive que lorsqu’on se prend les pieds dans le tapis.

Pourtant, avec un titre comme le «Prix Nobel de la Paix», il se devait d’adapter son discours, même politique, à l’esprit de paix. Un vrai challenge…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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