EDITORIAL. Les Udpésiens prêts à prendre cette fois tous les risques…

1994. Léon Kengo wa Dondo revient à la primature pour la 3èmefois depuis sa première nomination à la tête du Gouvernement 1982.

Ce retour résulte de la neutralisation du schéma dédoublé de la Conférence nationale souveraine (Cns) et du Conclave politique de Kinshasa (Cpk) à l’initiative de Mgr Laurent Monsengwo, alors président du Haut conseil de la République (Hcr) faisant office de parlement issu des premières assises citées.

Grâce à cette neutralisation, l’institution législative recomposée prendra la dénomination «Haut Conseil de la République-Parlement de Transition», en abrégé Hcr-Pt.

Au cours de sa première conférence de presse en tant que Premier ministre via les Accords du Palais du Peuple, Léon Kengo répond à une question de la presse faisant état de sa trahison puisque trois ans plus tôt, il avait rejoint l’Opposition radicale dénommée alors Union sacrée.

A l’Udps qui se vantait d’avoir des mains propres puisque n’ayant jamais exercé formellement le Pouvoir d’Etat depuis sa création en 1982, le vrai patron de l’Union des démocrates indépendants (Udi) demande à ce parti de le rejoindre aux affaires «pour se mouiller le maillot». Comme tout le monde.

Effectivement, la première tentative de l’Udps d’investir la primature à la faveur des Accords du Palais de Marbre I et II fut bloquée par la mauvaise gestion des ambitions, Etienne Tshisekedi ayant ignoré dans la composition du gouvernement les compagnons du parti et de la plateforme. Il avait déplu aux acteurs politiques de premier plan comme Marcel Lihau, Frédéric Kibassa, Vincent M’Bwankiem et autres Faustin Birindwa pour l’Udps, Joseph Iléo et Léon Kengo pour l’Union sacrée.

L’ayant fait à trois reprises (1991, 1992 et 1997), le lider maximo aura servi de marchepied à bon nombre d’acteurs politiques pour devenir ou redevenir ministres dans les gouvernements qui vont se former sur ces entrefaites.

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Et, malheureusement, le stratagème va se répéter après le Dialogue intercongolais.

En effet, boudant la Transition «1+4» négociée à Sun City, Etienne Tshisekedi verra d’autres compagnons de l’Opposition radicale rejoindre les institutions de la République et les institutions d’appui à la démocratie mises en place à cette occasion.

Résultat, l’Udps est à ce jour le seul des grands partis politiques à avoir certes pignon sur la rue, mais sans avoir des députés nationaux, des sénateurs, des députés provinciaux et même des gouverneurs de province qui soient en exercice.

Aussi, est-il absent des sphères où se décide la marche du Congo, subissant de ce fait des actes et des actions auxquels il ne prend nullement part. Cas justement de la Constitution et des lois de la République.

D’ailleurs, en 36 ans d’existence, l’Udps n’a pas son nom lié à une seule loi du pays.

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On croyait les Udépésiens suffisamment avertis des expériences du passé. Visiblement, mais non !

A preuve : alors que la Mp a cherché à les rapprocher pour la gouvernance institutionnelle du processus électoral, ils vont lui préférer le G7 en croyant jouir du lobbying international d’un certain Moïse Katumbi.

Trois ans après, l’honnête ordonne de l’admettre : ils sont la victime première et principale du deal G7-Udps via Katumbi et Fatshi passé le 10 décembre 2015 à Paris.

Ils ont perdu leur leadership sur l’Opposition radicale.

Ainsi, de 1990 à 2018, soit pendant une trentaine d’années, les Udépésiens labourent dans l’eau.

Ils ne récoltent (lisez pèchent) ni poisson, ni fleur d’eau !

Ils agitent la rue en profitant des crises politiques ou socioéconomiques inhérentes dans la gestion de tout Etat, promettant le paradis à une population déboussolée mais capable, le moment venu, de se souvenir de la non tenue des promesses des bourgeons.

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Qu’ils se ressaisissent maintenant en faisant monter haut les enchères – notamment en menaçant de ne plus reconnaître Joseph Kabila Président de la République en cas de non tenue des élections le 23 décembre 2018 – c’est dans l’ordre normal des choses.

L’opinion sait que cette menace a été brandie en 2015, en 2016 et en 2017.

L’évoquer pour 2018 ne convainc personne.

L’opinion retient seulement qu’à l’instant, l’Udps n’est partie prenante ni à la tenue de la marche du 26 octobre, ni au rejet pur et simple de la machine à voter, ni à la désignation du candidat commun.

Les combattants ont décidé de prendre désormais tous les risques.

Que va devenir sur ces entrefaites l’Opposition radicale qu’ils rendent orpheline délibérément ? Et avec elle les ONGDH (Asadho, Acaj, Vsv…), les mouvements pro-démocratie (Filimbi, Lucha, Cocorico…) et le Clc ?

La réponse est attendue au courant de la semaine du lundi 22 au dimanche 28 octobre !

Une terrible semaine…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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