Entre Marche et Réunion de Jo’bourg : le «G7 des présidentiables» en débandade…

 

  • Qu’ils soient revenus de Johannesburg à Kinshasa la veille de la manifestation est une circonstance aggravante, car c’est bien la preuve qu’ils n’auront pas participé aux préparatifs de la marche…

 

  • Après tout, se sachant invités en Afrique du Sud par l’ONG «In Transformation Initiative» les 24 et 25 octobre 2018, ils avaient le libre choix entre l’essentiel et l’accessoire. Ils ont choisi l’accessoire…

 

 

 

Au départ de Kinshasa, les Opposants partis à Jo’bourg n’ont pas révélé à l’opinion l’invitation reçue de l’ONG ITI «fondée en 2013 par d’anciens acteurs de la transition post-apartheid sud-africaine pour ‘soutenir […] les solutions pacifiques et durables’ aux conflits à travers la planète», cette organisation leur ayant donné «une opportunité de discuter des problèmes qui se posent autour des élections en RDC’, selon Jenkins», relève Jeune Afrique dans sa livraison du 24 octobre 2018 mise en ligne à 14h51 sous le titre «RDC : ITI, la discrète ONG sud-africaine qui veut rassembler l’opposition congolaise». Or, l’objectif affiché de cette réunion a été la désignation du candidat commun et l’adoption du programme commun en vue de l’alternance démocratique dont l’Opposition se veut en toute légitimité bénéficiaire tout en sachant, elle aussi, que par le jeu électoral la Majorité est en droit de garder le pouvoir. Que les gros gabarits comme Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi aient alors séché le rendez) vous signifie simplement qu’ils n’ont accordé que peu d’intérêts à l’initiative de l’ONG inconnue au demeurant des sphères internationales…   

 

Sont alors présents en Jo’bourg au moment où cette chronique est publiée Vital Kamerhe(Unc) Martin Fayulu(Ecidé), Eve Bazaiba(Mlc) Adolphe Muzito(Urép), Freddy Matungulu(Cnb), Jean-Bertrand Ewanga(Ensemble) et Gilbert Kakondeet Claude Ibalanki(Udps).

Cette représentation soulève d’emblée le problème sérieux d’engagement formel.

En effet, si Kamerhe, Fayulu, Muzito et Matungulu peuvent décider en toute liberté, il n’en est pas le cas de Bazaïba et d’Ewanga pour les candidats invalidés Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, encore moins pour Kakonde et Ibalanki que tout le monde sait obligés de se référer à Fatshi même pour chaque signe de ponctuation dans le communiqué final !

Sous le titre «Johannesburg : l’opposition congolaise réaffirme le rejet de la machine à voter», Radio Okapi rapporte dans sa dépêche du 25 octobre les propos d’Adolphe Muzito. «Aujourd’hui [mercredi], nous en étions en discussion pour nous mettre d’accord sur le programme commun, sur le candidat commun mais aussi sur la charte qui doit organiser notre structure», dit ce présidentiable.

A l’en croire, «les participants ont aussi consacré la journée de mercredi à leur démarche visant à sensibiliser les dirigeants du monde, en particulier ceux de la SADC, ‘pour qu’ils participent à la pression que fait le peuple congolais pour obtenir de bonnes élections et dans le délai».

Sur Kinshasatimes.cd, l’Opposition va plus loin dans la livraison du 24 octobre intitulée «Les leaders de l’opposition congolaise sont en Afrique du Sud pour décider sur le portrait-robot du candidat unique». «Selon l’opposition », rapporte le site, «les institutions du Gouvernement en Afrique du Sud vont les aider à choisir le candidat unique de l’opposition».

Ainsi, même Iti est assimilée à une institution gouvernementale sud-africaine !

Du «G18» au «G6» en moins d’un mois…

La veille, répondant à la question d’Edmond Izuba du site Objectif-infos.cd et de Rtvs de savoir pourquoi l’Udps n’est pas en Afrique du Sud, Jean-Marc Kabund ironise : «Nous ignorons les objectifs et les organisateurs de ces assises ». C’est plutôt lui qui demande au journaliste : «…c’est pour quoi faire ?».

Il faut reconnaître que depuis le week-end dernier, ce parti accentue ses distances à l’égard du «G7 des présidentiables» en voie de devenir un «G6» alors qu’il était il y a quelques semaines seulement un «G18» à la première concertation technique avec la Ceni.

La sélection naturelle à la Darwin est en train de faire son affaire.

«Entre la machine à voter et le boycott des élections, l’Udps a choisi le moindre mal. Notre stratégie se fonde sur deux convictions : c’est de faire d’abord partir Joseph Kabila le 23 décembre 2018 et s’attaquer à son système selon les résultats qui seront donnés par la Ceni. Parce que de toutes les façons, l’Udps n’a pas à apprendre à dire à qui que ce soit», a renchéri  Kabund quasiment sur le même ton qu’Augustin Kabuya, premier à descendre dans l’arène en tirant «à bout portant» sur les autres présidentiables pourtant du même bord.

Parmi les déçus de l’exclusion figure Jean Mabaya. «L’ACC soutient la tenue des élections à la date du 23 décembre 2018 », déclare-t-il avant de dégainer à son tour : «l’ACC dénonce avec véhémence le fait qu’un club d’amis veut prendre en otage toute l’opposition au lieu de ratisser large en vue d’une victoire certaine de l’opposition. Il rappelle à cet effet que l’opposition est plurielle».

«Géopolitique oblige»

Connue de tous les protagonistes – et même du Clc qui annonce pour après la marche du 26 octobre une communication – la crise de confiance qui sévit dans l’Opposition, surtout entre les présidentiables, a pour cause unique le «partage du pouvoir» en cas de victoire électorale.

Le candidat commun «élu» par ses pairs est soumis à l’obligation de céder des postes stratégiques dans les Institutions politiques de la République : Assemblée nationale, Sénat et Gouvernement. Chaque candidat entend «vendre son électorat» au candidat commun  moyennant le poste soit de président ou de vice-président de l’une des deux chambres du Parlement, soit au niveau du Gouvernement celui de Premier ministre ou de vice-Premier ministre en charge de l’un ou l’autre des ministères dits de souveraineté.

Et là, «géopolitique oblige», on voit mal – juste un exemple – Jean-Pierre Bemba diriger à l’Equateur la campagne du candidat Félix Tshilombo Tshisekedi, ou encore Gabriel Kyungu en faire autant, au nom de Moïse Katumbi, au Katanga.

A supposer que le candidat commun soit Vital Kamerhe, l’épreuve reste la même. C’est aussi le cas pour le candidat commun qui serait Muzito, Fayulu ou Matungulu.

Il n’est pas exclu qu’à l’Udps on ait perçu ces évidences.

Dans cette perspective, ce parti a résolu de jouer son va-tout…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Congo30juin.com

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s