EDITORIAL. «Militarisation» des élections ? Stop : distraction !

Vendredi 26, samedi 27 et lundi 29 octobre 2018 auraient pu se confondre avec les «Trois Glorieuses»,  n’eut été le «trou» du dimanche 28.

Qu’à cela ne tienne !

Faisons comme si ces trois dates les étaient effectivement, de façon que pour la postérité soient retenus les faits suivants :

26 octobre : le «G7 des présidentiables» organise sa marche contre la MAV (machine à voter) et le fichier électoral dans son état actuel comprenant électeurs et candidats sans empreintes digitales ;

27 octobre : le Fcc effectue sa sortie officielle au stade Tata Raphaël avec comme événement-clé la présentation du candidat à la présidentielle Emmanuel Ramazani Shadary, ERS, à son électorat ;

29 octobre : la Céni reçoit du Gouvernement le charroi automobile et aérien devant assurer le transport du matériel électoral et du personnel affecté à la tenue des élections.

En résumé : on aura assisté à la démonstration des forces de la part des protagonistes concernés, en l’occurrence la Majorité, l’Oppositionet le Pouvoir organisateurdu processus électoral, la Céni.

Dans cette affaire, plus que le fichier électoral, la MAV justifie le bras de fer entre forces concourant au suffrage universel.

***

Dans son discours de circonstance à l’occasion de la remise du charroi le 29 octobre dernier, Corneille Nangaa a livré à l’opinion une information importante : au 10 novembre 2018, entendez en moins de deux semaines, plus aucun équipement ou accessoire destiné aux élections ne sera en souffrance à l’extérieur du pays, l’extérieur qui commence par les pays voisins.

Avec le matériel en déploiement, on peut au moins être sûr d’une chose : d’ici au 15 décembre 2018, la Céni sera prête avec ce qu’elle a prévu en termes de logistique.

La distraction consiste, à partir de l’instant, à continuer de croire que cela est impossible au motif par exemple de non publication du plan des dépenses électorales, de couleur du charroi ou de saison pluvieuse.

Eelle consiste surtout à introduire un nouveau grief dans le processus électoral : sa militarisation. Un «opposant» appartenant à « Dynamique de l’Opposition » animée par Martin Fayulu alerte l’opinion au sujet des risques de la couleur kaki pendant qu’un autre doute du déploiement à cause de la saison pluvieuse.

C’est à croire que ce dernier ne sait même pas qu’en 2006, le second tour de la présidentielle et les provinciales avaient eu lieu enoctobretandis qu’en 2011, la présidentielle et les législatives s’étaient tenues en novembretandis que le référendum constitutionnel en 2005 s’était déroulé en décembre.

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S’agissant de l’apport de l’Armée, il est bon de rappeler à la mémoire collective les dispositions de l’article 187 de la Constitution ainsi libellées : «Les Forces armées comprennent la force terrestre, la force aérienne, la force navale et leurs services d’appui. Elles ont pour mission de défendre l’intégrité du territoire national et les frontières. Dans les conditions fixées par la loi, elles participent, en temps de paix, au développement économique, social et culturel ainsi qu’à la protection des personnes et de leurs biens».

C’est tout de même surprenant que les chantres du respect intégral de la Constitution ne connaissent pas l’existence de cet article.

Quand alors on sait que les Fardc ne mettent pas à la disposition de la Céni des armes de guerre, mais du matériel roulant et flottant utilisable en temps de paix, il y a lieu de déduire que certaines prises de position relèvent simplement de la distraction.

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La distraction dangereuse est aussi celle de l’état d’indécisiondans lequel va se retrouver l’électorat le 23 décembre 2018. Dans une chronique récente, a été évoqué le «spectacle» d’un électeur ou d’une électrice pro-Opposition entrant dans un bureau de vote avec consigne formelle de ne pas toucher à la MAV.

Evidemment, il ou elle se fait identifier. Et, entre la fin de l’identification et l’urne, il y a l’impression du bulletin de vote.

Que fait-il ou fait-elle alors ? Glisser dans l’urne un bulletin inexistant parce que non conforme ? Et revendiquer par la suite sa comptabilisation ?

En politique, il faut toujours avoir deux fers au feu.

En l’espèce, même en ne voulant pas de la MAV (premier fer), il est indiqué pour l’électorat de savoir manier tout de même cette machine (deuxième fer). Car, le premier fer veut dire boycott des élections.

Dès lors que ne seront pris en compte que les bulletins conformes passés par la MAV, il importe peu que le taux de participation soit bas. C’est le résultat récolté qui compte.

Ce serait de ce fait une bavure dans le chef de l’Opposition que de penser à l’invalidation du suffrage exprimé au motif de ne représenter que la moitié, voire le tiers sinon le quart de l’électorat.

Il est vrai que dans la logique de l’Opposition congolaise, le rejet de la MAV s’insère dans le stratagème de faire passer l’élection d’Emmanuel Ramazani Shadary pour résultat d’une fraude (lire AMUSONS-NOUS UN PEU !). Donc de préparer l’opinion à accepter un énième dialogue postélectoral visant le partage du pouvoir. L’évidence, toutefois, est que la Majorité continuera de garder l’initiative politique. Et l’Opposition restera forcément demanderesse.

Partant, la distraction va persister. Au détriment, naturellement, de la démocratie !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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