EDITORIAL. Candidat commun de l’Opposition : c’est possible !

Ile de Gorée, Bruxelles, Washington, New York, Pretoria, Paris, Genève : l’Opposition n’en finit pas de se chercher elle-même, donnant l’impression de courir avec désespoir après son ombre.

Cette fois-ci, elle n’a pas de choix. Elle doit se déterminer par rapport à la candidature commune.

Normal : de tous les candidats dont les dossiers ont été déposés en bonne et due forme aux Brtc de la Ceni, seul Emmanuel Ramazani Shadary du Front commun pour le Congo (FCC) ne s’affiche pas de l’Opposition. Le reste, soit une vingtaine, l’est.

Pour l’instant, on ne sait pas trop pourquoi «Darwin» s’est invité et confortablement installé dans cette famille politique d’autant plus que le programme commun et la candidature commune sont devenus l’affaire exclusive du «G7 des présidentiables» comprenantMoïse Katumbi,Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi,Vital Kamerhe, Martin Fayuluet Freddy Matungulu.

Les autres ? Ils ont été comptés, pesés et «exclus» pour éviter tout encombrement.

Quand est-ce que cette sélection naturelle s’est-elle produite ? Qui l’a suscitée ? Et à quelle fin ?

La seule réponse qui tienne la route est celle du «partage équitable et équilibré» des maroquins, car il va bien falloir, comme relevé dans une chronique récente, que chacun des six candidats restants cède son électorat au candidat commun en contrepartied’un poste majeur dans l’une ou l’autre des institutions politiques restantes : Assemblée nationale, Sénat et Gouvernement.

***

Avec tous les reports que l’on enregistre par rapport au rendez-vous décisif de Genève – celui annoncé pour la désignation de ce candidat et qui se tient du 9 au 11 novembre 2018 – forte est la tentation de penser ou de croire l’Opposition incapable de réaliser l’exploit de la candidature commune.

Erreur. Grosse erreur.

En effet, l’adversaire principal pour le Fcc n’est pas le «G7 des présidentiables».

C’est Bruxellesdans ses deux dimensions : capitale de la puissance coloniale belge et siège actuel de la Commission européenne.

Cette Bruxelles-là ne voudra pas échouer, surtout après avoir entraîné presque toutes les puissances occidentales dans sa fronde contre Kinshasa. Une fronde qu’aucune logique cartésienne n’explique en Relations internationales.

Il est de notoriété publique, en la matière, que les relations entre Etats (en bilatéral ou en multilatéral) s’établissent entre Institutions : chef d’Etat à chef d’Etat(ou de Gouvernement si on est en régime parlementaire), Gouvernement à Gouvernement, Parlement à Parlement, Cours et Tribunaux à Cours et Tribunaux.

Ces relations-là ne s’entretiennent pas entre Gouvernement et Partis politiques.

En Belgique, pas plus que dans d’autres Etats organisés, le Gouvernement belge ne s’ingère pas dans la gestion des Partis politiques belges. Ces partis sont des faits privés.

Partant de ce principe, il est illogique de voir le Gouvernement belge s’ingérer dans la gestion des partis politiques congolais quand bien même membres des partis politiques belges, les officiels belges sont en droit de favoriser les relations entre leurs partis et les partis politiques congolais sans que cela n’énerve le Droit international, encore moins la morale.

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En l’espèce, il est connu de l’humanité entière que le Gouvernement belge – au travers de son ministère des Affaires étrangères – a résolu de violer tous les principes établis en se comportant ouvertement en «parrain» de l’Opposition congolaise (Bruxelles-Genval).

La Belgique a cru faire sur son ex-colonie ce que la France a cru faire en fédérant les Opposants de la Syrie et de la Libye contre les Gouvernements établis. On connaît la suite : les deux pays ont été littéralement détruits, donnant du tonus à l’islamisme radical dont les actions terroristes ont des effets effroyables un peu partout dans le monde. Même l’Afrique en fait les frais dans le Sahel, dans la Corne de l’Afrique et maintenant dans les Grands Lacs.

Consciente de l’échec de son approche congolaise, la Belgique sait qu’elle doit absolument se rattraper. Aussi, va-t-elle peser de tout son poids sur le conciliabule de Genève de façon à imposer la désignation du candidat commun de l’Opposition.

Il est évident que dans cette optique, elle mobilisera les énergies nécessaires, en interne comme en externe, pour atteindre son objectif, la fin justifiant les moyens.

Devant ces évidences, le Fcc peut est libre de douter d’une désignation qui soit véritablement consensuelle et qui puisse être favorable à Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi ou à Martin Fayulu, sinon à Vital Kamerhe ou à Freddy Matungulu.

Mais, a-t-il un autre fer au feu pour parer à toute éventualité ?

Au moment où on relance par médias interposés le recours à l’article 64sans l’alinéa 2 et le spectre de la fameuse «Transition Sans Kabila» (dernières déclarations de Christian Mwando et d’Hervé Diakiesse), le Fcc – qui se déploie déjà en provinces en prévision des élections du 23 décembre 2018 – est appelé à y faire face. Simplement parce que la pauvre machine à voter – même reconnue par Mgr Fridolin Ambongo utilisable uniquement pour les législatives et les provinciales et non pour la présidentielle – se révèle ce qu’elle est aux yeux des anti-Kabila : juste un prétexte.

Moralité : la désignation du candidat commun de l’Opposition à Genève, c’est possible.

Même pour la diversion…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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