De Genval à Genève : L’Udps, le grand perdant !

 

  • La maison du lider maximo a des fissures. Augustin Kabuya, Peter Kazadi, Jean-Marc Kabund ainsi que la «base-Congo» et la « base-Diaspora» signifient clairement à Fatshi leur désaccord au sujet de la désignation de Martin Fayulu comme candidat commun. Une première : le chef a reçu un ultimatum : rentrer à Kinshasa dans les 48 heures…

 

Depuis son plébiscite le 30 mars 2018 – date de son élection à main levée au poste de président national de l’Udps – Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi est pour la première fois face à une crise qu’il se doit intelligemment de gérer au risque de perdre son leadership. Proches collaborateurs et bases communient dans la fronde contre la désignation de Martin Fayulu en qualité de candidat commun de l’Opposition pour la présidentielle du 23 décembre prochain. «…je ferais tout pour convaincre la base de l’UDPS. Si nous voulons le changement, il passera par la candidature de Martin Fayulu. Le changement aujourd’hui s’appelle Martin Fayulu. Nous n’avons pas de choix (…). Tactiquement c’était la meilleure chose à faire pour plus de chance de gagner les prochaines élections. Il faut qu’on accorde maintenant tout notre soutien au candidat commun», a beau dire Fatshi sur «Actu30». Même s’il lui arrive de garder intactes ses chances d’être entendu et compris des siens, la vérité est que son leadership a désormais du plomb dans l’aile…

 

Premier à réagir négativement à la désignation de Martin Fayulu : Augustin Kabuya. Rappelant sur «Top Congo fm» que «L’Udps s’est battue pendant 36 ans sans trahir cette population » et relevant le reproche que l’on fait souvent à ce parti de mener seul le combat, il se désole de constater que lorsque l’Udps «accepte de marcher avec d’autres», le résultat est le même : se retrouver «victimes de la trahison». Et de lancer à la cantonade cet avertissement : «Je tiens à préciser que nous n’accepterons jamais qu’on nous impose un autre Zahidi Ngoma. Nous ne nous sommes pas battus pour avoir un candidat».

Il n’a jamais été d’accord avec la formule de la candidature commune, poursuit-il. Il est d’avis que ce qui vient de se passer à Genève n’est d’autre qu’une façon de cracher «sur la mémoire d’Etienne Tshisekedi » et la position de l’Udps est claire : «Ça ne se négocie pas».

Là, on est le 11 novembre 2018 juste après l’annonce de la «fumée blanche».

Le 12 novembre, c’est un autre cadre qui libère toute sa colère dans les colonnes du «Journal des Nations». «Le choix du candidat commun de l’opposition ne répond ni à la logique démocratique ni à celle politique», déplore Peter Kazadi, directeur de cabinet adjoint de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Il ajoute : «Je n’ai pas sacrifié ma jeunesse pour subir la dictature du petit nombre. Je reste attaché à la résolution du congrès de l’UDPS désignant Félix Tshisekedi Candidat président» et prévient : «Nous ne voterons pas Martin Fayulu. Nous sommes contre cette désignation. Nous sommes la base et c’est Félix Tshisekedi qui doit être le candidat commun parce que nous sommes le plus grand parti de l’opposition. Nous n’accepterons pas cela».

Pendant que le «sacrilège» est en train de se commettre au siège de l’Udps à Limete où les combattants en colère décrochent l’affiche de Fatshi et barricadent le petit boulevard avec des pneus et des branches d’arbres en feu, Adolphe Muzito commet l’imprudence de révéler les secrets du vote.

Dans une interview à «objectif-infos.cd», il présente Fatshi et Félix en victimes «à cause de leurs égos surdimensionnés» ! En effet, il établit d’abord qu’il a été demandé «aux quatre candidats en lice de proposer chacun deux noms, en commençant par le sien en premier lieu, et le second, celui d’un des trois autres candidats».

Au décompte des voix, les «assesseurs» de circonstance constatent que «outre son nom, Kamerhe a proposé celui de Matungulu. Tshisekedi, lui, celui de Fayulu, en plus du sien. Quant ‘aux plus petits’, ils se sont confortés. Fayulu s’est choisi en premier, avant de jeter son dévolu sur Matungulu. Idem pour le leader de Congo Na Biso qui, hormis lui-même, a avancé le nom du candidat de la Dynamique de l’Opposition», en l’occurrence Fayulu.

D’où la conclusion «Et c’est ici que Tshisekedi et Kamerhe se sont neutralisés… ».

Adolphe Muzito a pourtant conscience du fait que Félix est édifié de l’opinion négative de Fayulu sur sa personne, de même que Vital Kamerhe apprend à ses dépens que son professeur à l’Université de Kinshasa, Freddy Matungulu, ne lui a pas rendu l’ascenseur…

Bilan des 3 ans

A l’Udps, la colère ne peut que gonfler. Aussi, après Augustin Kabuya et Peter Kazadi, le secrétaire général Jean-Marc Kabund prend lui-même le relais de la fronde anti-Fayulu en exigeant le retour à Kinshasa de Fatshi. «Le président Félix Tshisekedi a 48 heures pour le faire. Félix Tshisekedi doit revenir au pays battre campagne dans un bref délai. L’Udps a payé un lourd tribut dans le combat pour la démocratie. Notre pays ne peut soutenir aucun autre candidat que son président, Félix Tshisekedi, désigné par le Congrès, organe suprême du parti», déclare-t-il sur www.congoprofond.net. Et de conclure à son tour : «Le document de Genève est de nul effet. L’UDPS ne s’inscrit pas dans la logique du boycott et ira aux élections avec ou sans la machine à voter».

Sur ce point précis, l’Udps-RDC est en communion parfaite avec l’Udps-Diaspora.

Il faut reconnaître que depuis le deal passé avec G7 via Moïse Katumbi le 10 décembre 2015 dans un hôtel de Paris, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi a pour péché l’amateurisme confinant à la naïveté. Le bilan des trois ans de compagnonnage (décembre 2015-décembre 2018) avec les caciques du G7 (Katumbi, Mwando, Kyungu et autres Lumbi) se révèle catastrophique pour les combattants, notamment la disparition du lider maximo (pour cause d’imposition d’un rythme de travail incompatible avec son état de santé), l’exclusion de Bruno Mavungu, Samy Badibanga, Bruno Tshibala, Joseph Kapika et autres Valentin Mubake et la démobilisation de nombreux combattants.

« A quelque chose, malheur est bon», dit-on. Peut-être qu’il aura fallu la douche froide en provenance du 11 novembre 2018 pour le convaincre de l’évidence selon laquelle de Genval en 2016 à Genève en 2018 en passant par le centre interdiocésain en 2016 et d’autres étapes depuis 2017, l’Udps est et reste le grand perdant des enjeux politiques.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

 

PROCHAINEMENT :

Pourquoi Muzito a-t-il révélé les secrets du vote ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s