Seul «Lumumbiste» à Genève. Muzito : pourquoi a-t-il révélé les secrets du vote ?

 

  • …en raison du poids politique de Félix A. Tshilombo Tshisekedi et de Vital Kamerhe – de loin supérieur à ceux réunis de Martin Fayulu et de Freddy Matungulu – Adolphe Muzito devait s’abstenir de se comporter en arbitre. Dire des «éliminés» qu’ils «se sont neutralisés» et préciser «Sûrement, à cause de leurs égos surdimensionnés» ne peut que se révéler provocateur…

  

L’interview exclusive a été recueillie par Bijou Ndjodji pour le compte du website www.objectif-infos.cd. Diffusée à Kinshasa le 12 novembre 2018 au moment où la tension montait aux sièges respectifs de l’Udps à Limete et de l’Unc à Kasa-Vubu, elle pouvait avoir pour but de remette les choses au point puisqu’à en croire l’interviewé, Martin Fayulu n’a pas été désigné en qualité candidat commun mais plutôt de porte-parole. Dans le chapeau, il est clairement dit : «C’est une exclusivité signée Objectif-infos.cd. ‘Martin Fayulu Madidi n’a pas été désigné candidat commun, pour représenter l’Opposition aux élections de Kabila’, confie à Objectif-infos.cd, Adolphe Muzito, l’un de 7 leaders de l’Opposition présent à la rencontre de Genève. Le Premier ministre honoraire et candidat Président de la République invalidé indique par contre que le leader de la Dynamique de l’Opposition a été désigné porte-parole de l’Opposition, pour mener jusqu’au bout le combat de toute leur coalition, afin de casser cette parodie d’élections, que la Centrale électorale et son président, Corneille Nangaa, entendent organiser en faveur du Front commun pour le Congo, Fcc. Adolphe Muzito a apporté cette lumière, pour fixer l’opinion sur cette désignation de Martin Fayulu, qui, selon lui, n’est que la première partie du combat, dont l’objectif final est d’obtenir la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles, et de permettre au peuple congolais, de se choisir librement ses dirigeants; mais aussi et surtout d’apaiser les esprits surchauffés des bases notamment de l’UDPS de Félix Tshisekedi et de l’UNC de Vital Kamerhe, qui ne juraient que sur la désignation de leur leader respectif, comme candidat commun devant représenter l’Opposition à une parodie d’élection présidentielle le 23 décembre prochain. Une élection dont le vainqueur est déjà connu d’avance». Jusque-là, rien à dire. C’est plutôt dans la queue, comme pour le serpent, que se trouve le venin. Et le venin est ainsi décrit :

 

«S’agissant de la question sur le modequi aura conduit à la désignation de Martin Fayulu, Adolphe Muzito précise qu’il a été à deux niveaux, entre les 4 leaders de l’Opposition dont les candidatures ont été retenues à la prochaine présidentielle. A savoir, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu et Freddy Matungulu. Les 3 autres leaders, Moïse Katumbi (exclu), ainsi que Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito (invalidés), n’ayant même pas pris part à la désignation dudit porte-parole.

«’Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, considérés pourtant comme les plus grands [compris dans le sens des favoris], se sont malheureusement neutralisés eux-mêmes’, a indiqué le leader du mouvement Nouvel Élan. Car, poursuit-il, il a été demandé aux 4 candidats en lice, de proposer chacun deux noms, en commençant par le sien en premier, et le second, celui de l’un de trois autres candidats. Et, c’est ici que Tshisekedi et Kamerhe se sont neutralisés. Sûrement, à cause de leurs égos surdimensionnés.

«Tenez, outre son nom, Kamerhe a proposé celui de Matungulu. Tshisekedi, lui, celui de Fayulu, en plus du sien. Quant ‘aux plus petits’, ils se sont confortés. Fayulu s’est choisi en premier, avant de jeter son dévolu sur Matungulu. Idem pour le leader de Congo Na Biso, qui, hormis lui-même, a avancé le nom du candidat de la Dynamique de l’Opposition.

«Résultats : Fayulu et Matungulu ont obtenu, chacun, trois (3) voix et sont d’office restés dans la course. Tshisekedi et Kamerhe, eux, avec une (1) voix chacun, sont éliminés. Au second tour, comme il s’agissait de choisir qui de Fayulu et de Matungulu, va mener le combat, en tant que porte-parole de l’Opposition, ‘pour casser cette parodie d’élections, c’est comme cela que Martin Fayulu a été désigné, grâce notamment à sa virulence’».

«‘C’est après la victoire dans cette première partie du combat, que les 7 leaders de l’Opposition se réuniront cette fois-là, pour désigner le candidat commun, celui-là qui va représenter la force alternative au régime actuel, à la vraie présidentielle libre, transparente, crédible et apaisée’», a conclu Adolphe Muzito».

Le texte est reproduit ici intégralement.

Sauf tentative de s’offrir en substitution…

Point n’est besoin d’être analyste ou observateur avisé pour admettre que l’initiative d’Adolphe Muzito de révéler le premier les secrets du vote s’avère une bavure en ce que celle-ci entame une confiance qui est, dans l’Opposition, loin d’être la denrée la mieux partagée.

Déjà, du point de vue «géopolitique», étant ressortissant de l’ex-Bandundu à l’instar de Freddy Matungulu et de Martin Fayulu, le Premier ministre honoraire n’avait aucun intérêt à se substituer en «porte-parole» de la conférence de Genève. Il devait laisser la sale besogne à quelqu’un d’autre. Ceci de un.

De deux, comme relevé plus haut, en raison du poids politique de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi et de Vital Kamerhe – de loin supérieur à ceux réunis de Martin Fayulu et de Freddy Matungulu – Adolphe Muzito devait s’abstenir de se comporter en arbitre. Dire des «éliminés» qu’ils «se sont neutralisés eux-mêmes» et renchérir «Sûrement, à cause de leurs égos surdimensionnés» ne peut que se révéler provocateur. Il éloigne toute perspective de rapprochement puisqu’il accentue la méfiance.

Ce n’est pas tout. En 2015, lors qu’il avait annoncé son intention de briguer la magistrature suprême, Muzito s’était présenté en candidat de l’Ouest. Comme pour suggestionner une confrontation électorale avec un candidat de l’Est. On peut dès lors soupçonner ses prises de position favorables à Fayulu (justement ressortissant de l’Ouest) et défavorables à Tshilombo Tshisekedi et à Kamerhe (ressortissants de l’Est puisque le Centre a toujours été placé dans cette partie du pays), comme un pion de substitution.

Entre-temps, il a conscience du fait qu’aucun lumumbiste véritable ne jouerait une telle carte par ces temps. Sauf si, lui-même, s’offre en substitutionauprès des «parrains» fatigués des filleuls de ces 58 ans et demi d’Indépendance. Filleuls auto-disqualifiés à Genève.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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