Interview à Radio Okapi Néhémie Mwilanya : «Nous nous avons un héritage à protéger»*

  • «Nous ne pouvons accepter que ce pays soit entre les mains de cette classe politique aujourd’hui discréditée par cette tragi-comédie qui a eu lieu à Genève». 

Coordonnateur du Comité stratégique du Front Commun pour le Congo (FCC), Pr Néhémie Mwilanya Wilondja a accordé le 14 novembre 2018 une interview d’une cinquantaine de minutes à Radio Okapi. Les questions ont porté notamment sur la genèse de la plateforme électorale initiée par le Président Joseph Kabila qui en est l’Autorité morale, les allégations sur le financement public des manifestations publiques, la désignation du candidat Emmanuel Ramazani Shadary à la présidentielle du 23 décembre 2018, la publication de l’équipe de campagne, la machine à voter et Genève. Réalisée à 8 jours du lancement de la campagne électorale prévue du 22 novembre au 21 décembre 2018, cette interview est édifiante pour tout protagoniste du processus électoral congolais en ce qu’elle justifie l’impératif de la consolidation des acquis des mandats du Président Joseph Kabila. De ce dernier – dont il est le Directeur de cabinet – il dit justement : «Il faut lui rendre justice. C’est un homme qui est arrivé à la tête de ce pays à 29 ans, qui a trouvé un Etat inexistant, qui a travaillé à refonder l’Etat, à réunifier ce pays et qui n’a pas fait cas de son pouvoir. Pour lui, le pouvoir c’est un instrument, un moyen pour faire l’unité du pays, pour relancer le processus de démocratisation de ce pays». Des élections du 23 décembre 2018, il déclare : «Le troisième message, c’est de lancer l’appel à la population d’être extrêmement vigilante parce que nous savons qu’après le flop de Genève, les forces centrifuges vont se réorganiser de tenter encore des appels à manifestations pour tenter de perturber le processus  électoral». Il est vrai que le deuxième message consiste à «confirmer que le FCC fera tout ce qui a dans son pouvoir pour sensibiliser les institutions compétentes en charge du processus électoral qu’au 23 décembre il y ait élection dans le pays». Pour rappel, le 2 novembre 2018, au chapiteau de Pullman hotel, Pr Néhémie Mwilanya Wilondja a lancé l’avertissement selon lequel «Il n’y aura pas de victoire sur le tapis vert pour personne». Le 27 octobre 2018, à l’occasion de la sortie officielle du Fcc et de la présentation du candidat Emmanuel Ramazani Shadary, il a clarifié les choses au stade Tata Raphaël en déclarant : «Nous allons jouer le match, et bien jouer le match». INTERVIEW.

RADIO OKAPI : Monsieur Néhémie Mwilanya, bonjour. Vous le savez, au mois de juillet 2018, on a constaté le début de la signature du Charte constitutive du Front commun pour le Congo par plusieurs personnalités. D’où est venue cette idée puisque la Majorité existait déjà ?             

NEHEMIE MWILANYA: Je pense qu’il était clair que c’était une idée géniale du Président de la République qui est l’autorité morale aujourd’hui du FCC. Il vous souviendra quand même que c’est depuis 17 ans qu’il est à la tête de ce pays. Il a une longue expérience de ce pays. Il a une bonne connaissance de ce pays et de sa classe politique, des sources d’instabilité que nous avons connues dans ce pays. Il connaît aussi les leviers sur lesquels il faut agir pour mettre ce pays sur orbite. 

Je pense qu’il a bien constaté que les maillons faibles qui empêchaient le pays d’être sur le rail, c’était l’instabilité politique, une instabilité politique qui était caractérielle parce qu’elle était la conséquence de l’Etat même de la classe politique qui était très divisée et dont les pans entiers étaient sous les ordres de l’extérieur. Voilà ! 

Après avoir fait ce constat, il s’est fait le devoir, en tant qu’acteur majeur, d’assumer ses responsabilités d’Etat. Je crois que tout était parti de là. 

Il était aussi question de capitaliser une belle expérience de la politique d’ouverture qu’il a menée depuis qu’il est à la tête de ce pays, où les gens qui lui étaient totalement hostiles, à de différents moments de l’histoire de ce pays, ont compris que lui-même était une chance de part ses qualités intrinsèques et également de part sa propension de vouloir rassembler au prix de ce pouvoir qu’il exerçait. Il a donc capitalisé cette expérience de dialogue. Et c’est ce qu’il nous a amené à ce résultat.

RADIO OKAPI : Quelles sont les idées forces du FCC parce qu’on entend les opposants dire que la seule idée force du FCC c’est l’argent ?

NEHEMIE MWILANYA : Je pense que les faits peuvent aussi contredire l’assertion des opposants. Quand on parle trop de l’argent, il est fort probable que ce dernier soit le maître  de ceux qui l’évoquent à tort ou à travers. 

Je me rappelle dernièrement, au cours de la première sortie du FCC à Kinshasa, on a voulu mettre ce  succès sur le compte de l’argent. Mais personne n’a parlé de l’argent lorsqu’on est descendu à Mbuji-Mayi où nous avons connu la même adhésion, si pas plus, parce que là, vous avez une population qui vous a suivi au stade plein à craquer et qui a bravé la pluie diluvienne et notre candidat a dû insister pour que la population accepte de partir et que l’on puisse communier autrement le lendemain par une conférence de presse. Et vous êtes quand même témoin que personne n’a parlé d’argent à ce moment-là. Non. 

Je pense qu’il faut être sérieux et constater que c’est la seule idée qui vaille, cette idée du rassemblement des Congolais autour de ce qui leur est cher dans leur propre pays, l’unité et la souveraineté qui ont été mises à rude épreuve tout au long de leur histoire de 1960 jusqu’à aujourd’hui. C’est donc parfaitement un impératif catégorique qui s’est imposé par le Président de la République qui gère ce pays. Et chaque jour qui passe prouve que c’était une nécessité et particulièrement au regard de l’actualité récente.

RADIO OKAPI : Souvent on vous a entendu parler de l’amour du Congo par les idées forces du FCC, mais après 17 ans de règne, qu’est-ce que le FCC pourra apporter que la Majorité présidentielle n’a pas pu réaliser pendant ce laps de temps ?

NEHEMIE MWILANYA: Ce qui est de particulier avec le FCC, j’ai eu à le dire au cours d’une séance d’adhésion, est que le FCC est composé d’hommes et de femmes qui ont pris conscience des méfaits qu’ils se sont battus pendant longtemps eux-mêmes et qui ont décidé dorénavant de se battre pour ce pays. Je crois qu’il faut mieux avoir à faire à quelqu’un qui a fait une expérience, mauvaise soit-elle, et qui prend conscience à un certainement du droit chemin qu’il doit suivre et qui s’y engage fermement. Je pense que c’est peut-être cela la différence et c’est ce qui nous conduit vers le renouvellement de la classe politique. Une révolution mentale. On n’a pas à jeter les uns dans le fleuve ou à considérer les uns comme l’enfer. Non. On a juste besoin de faire passer un message que, chers frères et sœurs, il y a un héritage que nous avons à préserver. 

Nos pères de l’indépendance se sont battus pour conquérir cette indépendance et avoir un pays aux dimensions continentales, doté d’autant de richesse qu’il faut protéger et préserver, qu’il faut  promouvoir et dont il faut se servir pour bâtir un avenir radieux pour nos enfants et nos petits enfants. 

Toute la différence est là dans ce souci de remise en cause collective, mais également pendant cet impératif d’élargissement du champs opérationnel de la plate-forme de manière à ce qu’elle rassemble au mieux la classe politique derrière elle, le peuple congolais rassemblé autour des idéaux  de préservation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, mais également pour être à même de mobiliser la population au travail et relever les défis du développement de ce pays.

RADIO OKAPI : Le 8 août 2018, le Président Joseph Kabila a désigné Emmanuel Ramazani Shadary comme celui qui défendra le flambeau du FCC à l’élection présidentielle en décembre prochain. Certains cadres de votre mouvement ont dénoncé en son temps, en murmurant pour certains, un choix non concerté. Qu’est-ce que vous en dites ?

NEHEMIE MWILANYA : D’abord, je n’ai pas entendu parler de ces murmures et il est difficile du reste d’entendre le son de murmures. Ce qui fait que je m’en tiens aux faits. 

Les faits sont là et il n’y a eu aucune déclaration discordante depuis la nomination de notre candidat. De deux, il faut féliciter le Président de la République qui a joué le jeu démocratique au sein de la plate-forme. Figurez-vous que ce n’était pas la Majorité, ni le PPRD. C’était le FCC dans toute sa diversité. Et il a pris le temps de consulter tous les regroupements membres du FCC et de leur donner la possibilité, chacun, de faire des propositions. Mais ce qu’il a mis entre les uns et les autres c’était juste un critérium. Onze critères qui balayaient pratiquement aussi bien les aspects idéologiques, les aspects liés au courage politique que la compétence et bien d’autres. Au bout de ces consultations, il a à nouveau rassemblé l’ensemble de regroupements de la plate-forme pour partager la synthèse de ces consultations. Je viens de le dire autant. Avant il n’y pas eu la volonté de faire cavalier seul, autant après et le même jour et bien après encore, le candidat désigné a continué de bénéficier du soutien de ses pairs. Regardez cette belle image du jour où il est allé déposer sa candidature comment il était tenu de part et d’autre par ses camarades de tous les regroupements politiques du FCC au point que la sécurité était débordée par les militants, mais aussi par des responsables des regroupements qui tenaient à accompagner ainsi leur collègue qui eu toute leur confiance.

RADIO OKAPI : Le 25 octobre 2018 le FCC a organisé son meeting au stade Tata Raphaël de Kinshasa. Les opposants ont dénoncé l’utilisation des moyens de l’Etat, des fonctionnaires de l’Etat obligés de participer  au meeting, de l’argent de l’Etat utilisé pour corrompre les foules qui ont été drainées au stade Tata Raphaël. Certains candidats à l’élection présidentielle ont même exigé, conformément à la loi, disent-ils, la démission du Premier ministre et la radiation du candidat du FCC à l’élection présidentielle.

NEHEMIE MWILANYA: Je pense que les différents candidats étaient sous l’effet de la surprise parce qu’il faut toujours  avoir à l’esprit que cette capacité  a été donnée pendant longtemps gratuitement à l’opposition et parce que les faits ont démontré le contraire. Et donc, on se réveille un matin pour constater que la ville  est partie vers le Président Joseph Kabila et sa plate-forme. Il fallait trouver des explications, il fallait bien monter une communication pour se faire bonne conscience, surtout ne pas donner l’impression qu’on a perdu la bataille.  

Je crois que tout s’est joué à ce niveau-là parce que, sinon en ce qui concerne l’affaire de l’utilisation des moyens, je venais d’y répondre et j’ai dit que les gens vivent une autre époque. Aujourd’hui le pays est géré sous mode caisse, c’est-à-dire le pays est géré par les caisses/caisses, ce qui entre et ce qui est dépensé et le tout passe par la chaîne de dépenses, de telle sorte que tout est connu. Tous les engagements qui se font au niveau du ministère du Budget et la suite, tout est connu. Ça ne sert à rien de perdre le temps sur ce sujet. 

Ma conviction est que les gens ont été pris de cours sur le renversement de la situation. La population a bien capté le message du Président de la République au-delà de tous les autres efforts qu’il a fournis : réunifier le pays, démocratiser ce pays, le remettre sur les rails de la croissance économique de manière à commencer véritablement la redistribution. La population a capté cet énième message : celui du rassemblement du peuple congolais derrière cette classe politique responsable que le Président de la république vient de mettre  ensemble autour de l’idée du Front commun pour le Congo.

RADIO OKAPI : Question : Monsieur Néhémie Mwilanya Wilondja, vous êtes le coordonnateur du Front commun pour le Congo.  Le FCC a publié  son équipe de campagne pour les élections de décembre 2018. Comment expliquer que beaucoup ont confirmé ne pas avoir été consultés. Cela n’est-il pas mal parti ?

NEHEMIE MWILANYA: Non. La plupart de ceux qui se sont précipités pour réagir se sont informés à travers  les réseaux sociaux. Je pense qu’on ne gère pas les questions essentielles  du pays  à travers les réseaux sociaux. Nous avons eu à fixer l’opinion que les listes authentiques devraient  être publiées sur le site officiel du FCC. Mais, évidemment, il faut partir de l’idée que nous vivons dans une société où il y a des interactions positives où chacun peut apporter sa contribution d’une manière ou d’une autre. N’est-ce pas  que Jésus avait douze apôtres, mais il avait aussi un certain Joseph d’Arymathée. C’est tout dire.

RADIO OKAPI : N’est-il pas paradoxal que certains membres du gouvernement occupent les mêmes fonctions aussi bien dans le gouvernement que dans l’équipe de campagne. C’est le cas du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur qui s’occupe de la sécurité des candidats et du ministre de Transport qui fait la même chose. Que répondez-vous à ceux qui pensent que c’est un peu paradoxal de faire les choses de cette manière ?

NEHEMIE MWILANYA: D’abord une petite précision. S’agissant du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, il n’est pas chargé  de la sécurité des candidats. Il est chargé de la sécurité du processus électoral. 

Au fait, l’idée ici c’est de montrer qu’au niveau du FCC, le processus électoral, la sécurisation du processus électoral est un concept global. Ce n’est pas un concept lié seulement au candidat du FCC. C’était une correction au niveau de la forme. La cellule qu’anime le vice-Premier ministre c’est celle qui est chargée de la sécurisation du processus électoral. Sinon tous les autres membres du gouvernement ou responsables à différents niveaux des institutions, il faut savoir que tous ceux qui ne gèrent pas ou n’animent pas d’institutions indépendantes, constitutionnellement ont le droit d’avoir un engagement politique. Aux membres du gouvernement, ce qui leur est interdit par la Constitution ; c’est d’animer les partis politiques, donc d’avoir des fonctions organiques au sein des partis politiques ou regroupements politiques. Or ici le FCC c’est une plate-forme électorale. Chaque membre du FCC a le droit de participer à la mobilisation de l’électorat et évidemment également de pouvoir participer à la mobilisation des idées, mais également des moyens logistiques et concourir à la réussite d’abord du processus électoral et ensuite les candidats du FCC. Il n’y a pas d’incompatibilité d’être membre d’une plate-forme électorale et d’apporter son expertise à la réussite de son camp politique avec le fait d’être membre du gouvernement. Vous savez qu’il y avait un débat au Parlement sur cette question d’incompatibilité autour de la loi électorale. On voulait même que les députés qui voulaient concourir de faire un choix de la même manière. Au niveau des membres du gouvernement, c’était le même débat. C’est clair. L’opinion levée était que les députés et les membres du gouvernement pouvaient garder leurs fonctions et concourir comme candidat. Et à partir du moment où on pouvait accepter qu’on puisse concourir comme candidat, on peut bien s’associer avec d’autres dans les cas des plates-formes électorales et chacun peut apporter sa contribution sur les plans politique et technique.

RADIO OKAPI : Nous sommes à moins  de 45 jours  de l’élections, une frange de la société civile et de la classe politique continuent d’appeler à un consensus sur la machine à voter et de 10 millions  d’électeurs sans empreinte digitale. Qu’en pensez-vous ?

NEHEMIE MWILANYA: Tout  a été dit à ces deux sujets. Je pense qu’il y a moins un problème technique qu’un problème légal, qu’un problème tout à fait lié à la conjoncture politique, politicienne, c’est-à-dire à tentative d’utilisation de ces deux problématiques à des fins de blocage du processus électoral. Parce que les cas des électeurs à empreintes illisibles, nous avons eu à démontrer à plusieurs reprises que cette hypothèse est prévue par la loi sur l’identification des électeurs. L’électeur n’est pas identifié que par l’empreinte digitale. Il y a le nom, le post-nom, y compris les adresses e-mails. Toute la panoplie d’éléments d’identification de l’électeur de telle sorte que lorsqu’il se fait que vous exercez, vous êtes agriculteur, forgeron et à force d’exercer ce travail manuel, lorsqu’on vous soumet à l’exercice de la prise d’empreinte digitale, vous avez des problèmes de doigts et finalement les empreintes ne sont pas prise de manière  fiable, la loi a prévu la solution à cela. D’abord la loi n’a pas prévu comme solution d’exclure ces genres d’électeurs parce que vous posez un autre  problème, ce qui est lié  à la participation politique. Ça, ce n’est pas la première considération.

Au-delà des autres identifiants qui peuvent nous permettre de savoir si un tel électeur a bien le droit de participer au vote ou pas, il y a l’affichage des listes qui permettrait à chacun d’aller dénicher ses électeurs  qu’on pourrait considérer des fictifs. Troisièmement, aujourd’hui parmi ces six millions d’électeurs, il y a ceux qui sont à même temps candidats de telle sorte qu’aller dans le sens d’exfiltrer ces gens, on viole le droit constitutionnel, mais également on va perturber l’électorat  et on sera obligé de modifier même la loi sur la répartition des sièges et on crée une situation bien  voulue de remise en cause de tous les agrégats du processus  électoral.

Pour la machine à voter, à un certain moment, le débat qui était ouvert était celui de la légalité. Or la loi dit que le vote se fait par bulletin à papier ou par voie électronique. La voie électronique ne permet pas ou n’admet pas l’usage ou l’intervention de papier. C’est ça la différence entre les deux modes de vote prescrits par la loi électorale. Et aujourd’hui, tout le monde sait que l’usage de la machine à voter, c’est juste pour imprimer le bulletin de vote. A partir du moment où nous sommes dans l’option du bulletin de vote qui est juste pur imprimer. La machine à voter rentre dans la définition légale.

Je voudrais vous surprendre en vous disant qu’au passage d’une délégation étrangère, certains leaders d’opposition sont allés jusqu’à dire que d’ailleurs les bulletins qui sont imprimés, cinq minutes après, on peut être à mesure d’effacer toutes les écritures qui s’y trouvent de sorte que ça va fausser le vote.

Au cours d’une audience qui leur a été accordée de notre côté, ils ont partagé cette surprise et ils avaient bien les bulletins qu’ils avaient reçus la veille parce qu’eux-mêmes sont passés par l’essai de vote. Et pendant qu’on était en train d’échanger autour de ce sujet, l’un d’eux a sorti le bulletin et il s’est rendu compte  que l’encre était toujours là-bas. Cela a rappelé un peu l’histoire de l’encre indélébile, où certains candidats en 2011 prétendaient que ce n’était pas vraiment indélébile.

RADIO OKAPI : Après qu’ils soient mis d’accord pour désigner un candidat commun de l’opposition, deux leaders se sont désengagés, Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi, de cet accord. Cela va certainement arranger le FCC.

NEHEMIE MWILANYA : Le FCC n’est pas à être arrangé par les contradictions, l’immaturité et bien d’autres qualificatifs qu’on peut apporter et l’opposition elle-même et à ses agissements. Le FCC a un crédo et il travaille derrière ce crédo. Son objectif, c’est de faire adhérer le gros de notre population si pas toute la population à ce crédo de l’intérêt national. Je crois que ce qui s’est passé à Genève, vous pouvez utiliser les qualificatifs utilisés par le camp de l’opposition. A Limete, l’on a estimé que  c’est un complot contre le Congo et à d’autres endroits on a estimé que c’était une bien triste comédie et d’autres encore ont rivalisé des qualificatifs par rapport à ceux qui ont signé cet accord, ceux qui se sont rebiffés. S’il y a des considérations à émettre, c’est commencer à dire que le Congo mérite mieux que cela. C’est mieux que cette classe politique qui ne trouve pas mieux que d’être à la solde de l’étranger, de faire le sous-traitant de la politique étrangère d’autres pays contre leur propre pays. Le Congo mérite mieux que cette classe politique qui, finalement, veut accéder aux charges d’Etat et qui n’a pas le sens de la parole, aucun sens de responsabilité comme on l’a bien constaté.

Je pense que c’est cela toute la problématique des enjeux de ces élections. On va à une élection avec une offre à deux volets : le volet programme et le volet personnel politique. Ici on constate que sur le volet programme, cette classe politique n’a pas de programme propre. Elle exécute le programme de ceux qui  la poussent à se rassembler aujourd’hui et à mener la politique de terre brûlée pour tenter de pouvoir jouer au révisionnisme par rapport au processus électoral en cours. En ce qui concerne la qualité du personnel politique, on constate aujourd’hui qu’on a à faire  à des gens qui ne sont pas préparés à assumer de hautes charges d’Etat et nous nous avons un héritage à protéger. Nous ne pouvons accepter que ce pays  soit entre les mains de cette classe politique aujourd’hui discréditée par cette tragi-comédie qui a eu lieu à Genève. 

RADIO OKAPI : Avez-vous un message à adresser à des millions de Congolais qui vous suivent aussi bien au pays qu’à l’étranger qui aspirent à des élections crédibles, transparentes et surtout apaisées ?

NEHEMIE MWILANYA: Je crois que le premier message, c’est celui de croire au leadership du Président Joseph Kabila. Il faut lui rendre justice. C’est un homme qui est arrivé à la tête de ce pays à 29 ans, qui a trouvé un Etat inexistant, qui a travaillé à refonder l’Etat, a réunifier ce pays et qui n’a pas fait cas de son pouvoir. Pour lui, le pouvoir c’est un instrument, un moyen pour faire l’unité du pays, pour relancer le processus de démocratisation de ce pays.

Aujourd’hui, nous allons vers les élections et il a respecté la loi fondamentale de ce pays. Il a pris  soin de rassembler la classe politique pour la mettre en ordre de bataille de la préservation des acquis de cette lutte dont nous sommes bénéficiaires des pères de l’indépendance. Je crois que c’est d’abord cet hommage  que la nation entière doit rendre à cet homme qui a tout donné pour ce pays. 

Le deuxième message, c’est de confirmer que le FCC fera tout ce qui a dans son pouvoir pour sensibiliser les institutions compétentes en charge du processus électoral qu’au 23 décembre il y ait élection dans le pays.

Le troisième message, c’est de lancer l’appel à la population d’être extrêmement vigilante parce que nous savons qu’après le flop de Genève, les forces centrifuges vont se réorganiser de tenter encore  des appels à manifestations pour tenter de perturber le processus électoral. Mais le peuple, qui s’est mobilisé massivement à travers  l’enrôlement, qui a  soutenu ce processus tout au long de cette période où l’on tente de l’amener vers la voie de la transition sans Kabila, ce peuple, nous croyons qu’il entend notre message : il va rester extrêmement vigilant. 

Nous croyons que le moment venu, il fera le bon choix. Il ne fera pas le choix des leaders qui ont étalé au grand jour leurs insuffisances et leurs inféodations aux intérêts étrangers. Mais il fera le choix du Congo qui est porté par le candidat du Front commun pour la Congo.

* La titraille est de www.congo30juin.com

* La transcription est de Daniel Toluwele Boyombe (Acp)

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