A cause du fichier électoral corrompu, les électeurs de Fayulu se privent d’accès aux bureaux de vote !

  • En toute logique, ils n’ont même pas besoin de boycotter la machine à voter qui n’est qu’un outil secondaire par rapport au fichier électoral, outil principal…

De la machine à voter et du fichier électoral, lequel de ces deux outils a prépondérance sur l’autre ? La manipulation de l’opinion fait penser à la première puisqu’on en parle trop. Pourtant, c’est le second. Au motif simple qu’une élection, c’est d’abord une question de fichier. Dans n’importe quel domaine de vie, toute élection s’effectue essentiellement sur base du fichier électoral sur lequel se fonde le corps électoral. En politique comme en religion, en affaires comme en asbl ou ONG ou encore en mouvement pro-démocratie soumis à l’élection des animateurs, la priorité est à la confection du fichier électoral. Dès lors qu’on le remet en cause, l’élection ne se justifie pas…

            De son séjour au Grand Nord où il a lancé sa campagne électorale, Martin Fayulu est aux anges ! «Martin Fayulu à Béni : le grand triomphe», titre en manchette «Le Potentiel» dans sa livraison du 6 décembre 2018. «Première étape de sa campagne : Martin Fayulu réalise un raz-de-marée à Beni !», renchérit «La Prospérité» le même jour. «RDC : début de campagne, tracasseries et bains de foule pour Fayulu», balance «La Libre Afrique», version électronique africaine de «La Libre Belgique», encore le même jour. Toujours le 6 décembre, 7sur7.cd met en ligne la dépêche portant le titre «Campagne électorale : à Goma, M. Fayulu accueilli en grande pompe par la population». 

Pour le 7 décembre, il est question pour le candidat Lamuka de se rendre à Bunia.  Normal : les images sont éloquentes, l’homme mobilise.

Cependant, il y a un problème. Un vrai. Radio Okapi l’annoncé sans sa dépêche du 6 décembre 2018 intitulé «Elections 2018 : à Beni, Fayulu réitère son refus de la machine à voter». 

Au fait, depuis qu’il a formellement donné le go de sa campagne électorale le 2 décembre 2018 via l’interview accordée à Rfi, MaFa (diminutif de Martin Fayulu) se singularise par une ambiguïté : d’un côté, il appelle la population à voter pour lui le 23 décembre 2018 puisqu’il incarne le Changement, mais, de l’autre, il récuse l’utilisation du fichier électoral et de la machine à voter. L’argument évoqué pour le premier est d’être corrompu et pour la seconde d’être illégale. 

Dans cette interview, il est catégorique au sujet de la machine à voter. «J’ai dit au peuple congolais : ne permettez pas à quiconque d’organiser des élections avec la machine à voter, parce que c’est illégal ! La fraude est préparée. Nous devons, à partir de ces élections, commencer à établir un Etat des droits (…) Nous demandons à nos électeurs qu’on n’installe même pas la machine à voter dans les bureaux de vote. Que personne ne puisse organiser les élections en utilisant la machine à voter !», a-t-il déclaré. 

            A Rfi qui va lui demander s’il ne se prépare pas à contester l’élection et à une journée de vote entravée le 23 décembre 2018, il botte carrément en touche. «Non. Nous disons simplement qu’on doit être sérieux, qu’on doit être responsable. On doit penser à ce peuple. Monsieur Shadary a dit qu’il va continuer l’œuvre de Kabila. C’est-à-dire qu’il va continuer à enfoncer le Congo. Je dois arrêter cela», a-t-il répondu. C’est tout !

Elite noyée dans de telles incohérences…

            Au fait, tout esprit capable de réfléchir a conscience du décor planté par Lamuka le 23 décembre : 

– au mieux, les électeurs de Martin Fayulu ne vont pas empêcher l’installation des machines à voter mais plutôt son utilisation. Ils se présenteront aux bureaux de vote et obtiendront des agents de la Ceni des bulletins qu’ils ne s’interdiront d’imprimer, bulletins qu’ils iront par la suite glisser dans les urnes en sachant par avancequ’ils seront automatiquement invalidés. Ni la Ceni, ni la Cour constitutionnelle n’en tiendront compte.

– au pire, ils susciteront des troubles devant les bureaux de vote en empêchant les autres électeurs d’accéder aux bureaux de vote.

            Première conséquence : au mieux, Martin Fayulu obtiendra 100 % des voix sans cependant être proclamé vainqueur ! Au pire, il obtiendra 0 % des voix.

            Mais, avant d’obtenir les bulletins de vote, les électeurs doivent régler le problème de validité du fichier électoral. Or, tout porte à croire que la Céni maintiendra le fichier dans son état actuel. Pendant que Lamuka le qualifie en effet de corrompu, la Centrale électorale est d’un avis contraire. 

            Deuxième conséquence : les électeurs de Martin Fayulu seront obligés de ne même pas entrer dans les bureaux de vote au risque de valider le fichier électoral dit corrompu.

            Ainsi, privés d’accès aux bureaux de vote, ils se priveront en même temps d’obtention des bulletins et d’accès aux urnes.

            C’est tout de même surprenant de voir l’élite congolaise anti-Kabila puisque pro-Fayulu se révéler incapable d’appréhender des évidences aussi élémentaires et ne pas parvenir à tirer la conclusion du boycott pur et simple des élections du 23 décembre 2018.

             Même l’esprit cartésien qui caractérise les Occidentaux doit bien se demander si le Congo mérite une alternance politique favorable à une telle élite dramatiquement noyée dans des incohérences et des incongruités…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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