EDITORIAL. Sanctions de l’UE : assumons et dressons nos fronts !

On ne sait pas trop à quoi est due la coïncidence : l’Union européenne a choisi la date du 10 décembre 2018pour renouveler ses sanctions,  jour choisi pour la remise du Prix Nobel de la Paix au Dr Denis Mukwege à Oslo, en Norvège. 

Il est bon de rappeler que ces sanctions, prises en 2017, reconduites en 2018 et renouvelées pour 2019 «incluent une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et un gel des avoirs ainsi que l’interdiction de mettre des fonds et ressources économiques à la disposition des personnes listées».

Retenez avec moi la dernière phrase : des fonds et des ressources à la disposition des Congolais. 

De qui s’agit-il ? Ne suivez pas mon regard. Retenons seulement que l’Union européenne accorde des fonds et des ressources économiques à des personnes physiques congolaises qui défendent certainement ses intérêts. Autant dire une corruptionqui ne dit pas son nom. Des personnes ayant pour mission, naturellement, de placer la RDCongo dans le classement des pays les plus corrompus au monde. 

Il est évident que Kinshasa ne devrait pas rester indifférente.

Par des voix et des voies autorisées – dont celles du Vice-Premier ministre des Affaires étrangères en la personne de Léonard She Okitundu – elle a réagi. 

Les Congolais, les patriotes s’entend, ne pouvaient se faire d’illusion : Bruxelles (ou Strasbourg) avait sa «dignité» à préserver. 

***

Maintenant que c’est fait, regardons les choses en face, et froidement.

Qui se réjouissent le plus du renouvellement des sanctions de l’Union européenne ? Ne nous gênons pas de les citer : les compatriotes congolais se comportant en Opposants politiques et «politiques» : acteurs politiques, activistes de la Société civile dont ceux des ONGDH, des mouvements dits pro-démocratie, des médias etc.

L’Histoire renseigne pourtant que dans ce Congo de Kasa-Vubu et Lumumba, de Mobutu et de Tshisekedi, de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila, les ensembles se font et se défont au gré des vagues. 

Qui savait que des Kasa-Vubuistes et des Lumbumbistes deviendraient des Mobutistes entre 1965 et 1990 ? Qui savait que des Mobutistes deviendraient des Tshisekedistes entre 1965 et 1997 ? Qui savait que des Mobutistes et des Tshisekedistes deviendraient des Kabilistes de Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila entre 1997 et 2018 ?

Par expérience, des politiciens comme Olivier Kamitatu (mobutisteen 1990, bembisteen 1998, kabiliste-josephisteen 2006, katumbisteen 2015 et désormais fayuliste) ne devrait pas avoir la langue fendue en saluant les sanctions occidentales à l’encontre des compatriotes dont il a été l’un des proches hier et qu’il pourrait retrouver demain à ses côtés. Ce qui est valable pour lui, l’est pour tous les autres Opposants. 

***

Déjà, dans cette affaire, la lecture géopolitique relève que les sanctions ont d’abord été sollicitées et encouragées par Moïse Katumbi Chapweet Cécile Kyenge. Le premier est soupçonné de détenir en plus de la nationalité congolaise les nationalités zambienneet italienne. La seconde est italienned’origine congolaise. Eurodéputée, elle joue un grand rôle dans la discréditation du leadership politique, diplomatique, sécuritaire, économique et socio-culturel congolais. 

Ce «couple» sème des graines de la haine desquelles pourraient germer les raisins de la colère.

Prions pour que cela ne se produise pas. 

Dès lors que nous savons que plusieurs Etats membres de l’Union européenne et de l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) rêvent de Berlin II, il n’est pas exclu que Moïse et Cécile soient eux-mêmes instrumentalisés pour un plan qui les dépasse. 

Raison pour laquelle les patriotes de tous les coins et recoins du pays doivent s’assumer devant les sanctions de l’Union européenne qu’aucune logique ne justifie si ce n’est celle des dissensions congolaises susceptibles de déboucher justement sur Berlin II. 

Pour ce faire, nous devons organiser de bonnes élections, même si la contestation pré-électorale, électorale et post-électorale est déjà programmée. 

Nous devons prouver aux yeux du monde que la récusation du fichier électoral et de la machine à voter est un stratagème visant cette contestation.

Nous devons placer les Occidentaux devant leurs responsabilités de sorte qu’à l’issue des élections, ils décident de la levée ou du maintien de leurs sanctions.

C’est le Congo qui en sortira grand et fort. En 58 ans d’Indépendance, nous avons la première occasion de dresser nos fronts longtemps courbés.

Alors, dressons-le !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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