Kindu, Lubumbashi etc. Kabila n’a pas besoin d’incidents électoraux, Fayulu, si !

  • Ne pouvant revenir sur sa parole en instruisant son électorat d’accepter le fichier électoral (qu’il qualifie de corrompu) et la machine à voter (qu’il qualifie d’illégale), Martin Fayulu est à la recherche de tout élément perturbateur devant le tirer du piège dans lequel il s’est enfermé : être Président de la République pour 2 ans seulement, en violation de la Constitution dont il s’est fait le fervent défenseur, et remettre à zéro un processus électoral se révélant laborieux et cela en faveur de ses «parrains» prêts à le sacrifier en 2021… 

Après l’acte posé le 8 août 2018, à savoir le respect de la Constitution alors qu’il était soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat, Joseph Kabila ne peut que se presser de voir se tenir les élections à la date fixée par la Céni dans son calendrier électoral : le 23 décembre prochain. Et dès lors que la Constitution ne l’empêche pas d’y revenir pour un nouveau bail de cinq ans – par exemple en 2023 – il a tout à gagner de la tenue de bons scrutins. Partant, tout ce qui est de nature à retarder ce processus va à l’encontre de ses ambitions, somme toute légitimes. Après tout, même si un report pouvait s’imposer, il ne serait même pas de trois mois, vu le niveau des préparatifs atteint par la Centrale électorale… 

Quoi de plus normal que dans ses deux dernières sorties médiatiques (interviews au journal «Le Soir» et à l’agence «Reuters»), il ait été rassurant. Dans la première, il déclare le 1erdécembre 2018 : «Pour les élections, tout va très bien se passer (…). Ce seront les meilleures élections que ce pays aura connues depuis 1959. Je crois que nous auront été du bon côté de l’histoire». Dans la seconde, le 9 décembre 2018, il renchérit : «Nous avons l’intention de faire des élections aussi proches de la perfection que possible» et ajoute : «Les observateurs qui pensent que les élections ne seront pas libres et équitables, je ne les ai pas encore vus venir nous dire quels sont nos défauts».

            Il exprime ainsi sa foi profonde dans la tenue des élections le 23 décembre 2018.     

Par contre, Martin Fayulu trouve pleinement son compte dans tout incident susceptible de se produire avant, pendant et après l’organisation des élections. 

Et pour cause !

S’étant volontairement fait prisonnier du rejet du fichier électoral et de la machine à voter, il prend maintenant conscience du non-sens du succès de sa campagne électorale. A l’image de la personne évoquée par Jésus-Christ en Marc 8 :36, verset selon lequel «Et à quoi sert-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perd son âme ?», il apprend à ses dépens que la mobilisation des foules ne va nullement l’amener au Palais de la Nation par la voie des urnes. 

Normal : sa participation au processus électoral ne vise pas la conquête de la magistrature suprême. Elle a pour objectif la démonstration de force pour son schéma favori de «Transition Sans Kabila» au pire et, au mieux,  de négociations avec le Fcc en se mettant en position de force.  

Partant, il a besoin, lui, de voir des incidents(comme ceux de Kindu et de Lubumbashi) se multiplier sur le reste de son parcours. Surtout s’ils peuvent conduire au report, voire à l’annulation des élections pour cause d’insécurité généralisée.

Déjà, sa coalition est indexée par l’Udps. Le 10 décembre 2018, c’est-à-dire la veille des incidents de Lubumbashi, Jean-Marc Kabund a réagi à la perturbation du meeting de la coalition Cach à Bunia par plusieurs jeunes s’affichant «Ensemble» de Moïse Katumbi. «Encore une provocation de Lamuka, la réplique sera à la hauteur», a-t-il averti. 

Ainsi, «Lamuka» allume de petits feus ici et là pour atteindre l’objectif d’embrasement général.

Présidentiable-kamikaze

A propos justement des incidents de Lubumbashi, les réseaux sociaux ont été bombardés la journée du mardi 11 décembre 2018 d’une vidéoassortie d’une photoavec des images prises à bord d’une Jeep.  

Dans la vidéo, la caméra est fixée sur trois acteurs : Eve BazaïbaAdolphe Muzitoet Martin Fayulu. La secrétaire générale du Mlc alerte la communauté internationale sur l’attentatdont le candidat Lamuka vient d’être victime de la part, dit-elle, de la Garde républicaine. La victime, elle, est en position couchée de dos, entre les pieds de Muzito faisant le secouriste. Chemise blanche immaculée et non froissée, elle est d’en train d’aider Bazaïba à citer des personnalités à contacter rapidement, notamment la cheffe de la Monusco Leila Zerrougui. Bien plus, Bazaiba s’appuie sur cet attentat pour justifier le rejet de la machine à voter et soutenir la thèse selon laquelle Joseph Kabila ne veut pas d’élections ! 

Dans la photo assortie apparaissent à gauche de Fayulu deux visages : Gabriel Kyunguet l’épouse de Fayulu. Le premier est en train de rirependant que la seconde est calme. Trop calme pour une femme dont le mari est atteint d’une balle tirée à bout portant. Ces images ont circulé en boucle. Petite insolite : le site La Libre Afrique, très proche de Moïse Katumbi, a fait sa manchette du jour avec les échauffourées de Lubumbashi, mais en s’abstenant d’utiliser la photo visiblement de la manipulation. 

Effets collatéraux inattendus et inespérés : on a désormais des doutes sur l’authenticité des images antérieures poignantes présentant Martin Fayulu avec des visages tuméfiés à la suite, selon les uns, des coups de matraque reçus des agents de l’ordre, et les autres des balles toujours tirées à bout portant sur lui et qu’il parvient toujours à esquiver. On sait maintenant de l’homme qu’il est capable de tout pour entretenir la victimisation.  

A quelque chose, dit-on, malheur est bon. Ainsi, les protagonistes, surtout extérieurs, sont (comme) avertis : la première campagne électorale inaugurant la première alternance politique via les urnes à se tenir en RDCongo aligne des acteurs congolais qui se comportent en femmes ou en hommes d’Etat, d’un côté, et en femmes et en hommes politiques, de l’autre.

Or, le pays a besoin des premiers et non des seconds.

En suscitant à dessein des incidents parce que conscient de bénéficier du soutien d’une certaine communauté internationale via des ONGDH et des mouvements dits pro-démocratie financés par elle, Martin Fayulu confirme ce qu’il est en réalité : un présidentiable-kamikazechoisi à Genève pour autre chose que des élections crédibles. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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