EDITORIAL. Pourquoi des termes «médiocres», «voyous», «idiots» !

Lancée le 22 novembre 2018, la campagne électorale s’achève le 21 décembre prochain. Soit 48 heures avant la date des élections du 23 décembre, la veille de la Nativité consacrant, pour les Chrétiens, la naissance du Christ Seigneur et Sauveur.

A moins d’une semaine de la clôture, des termes injurieux à retenir pour le «Hit-Parade» sont trois : «médiocres» (dixit cardinal Laurent Monsengwo), «voyous» (dixit Jean-Pierre Bemba) et «idiots» (dixit Martin Fayulu), même si ce dernier à l’excuse de ne l’avoir pas utilisé pour qualifier les Kasaïens.

Curiosité à retenir : les trois acteurs sont originairesde l’Ouest du pays et deux précisément du Bandundu, l’une des provinces classées «Quartier latin» de l’élite congolaise (Monsengwo et Fayulu). 

Pourtant, cela ne devrait jamais, mais alors jamais se produire dans une société où les valeurs fondamentales sont encore de mise. 

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Prenons le cas de l’injure «médiocres». Est-ce qu’un prélat, de surcroît unique cardinal du pays, et encore retenu parmi les 9 conseillers du Pape, avait le droit d’utiliser ce terme, en plus publiquement ?

Il a inspiré au Comité laïc de coordination (Clc) des initiatives défiant l’Autorité de l’Etat. Par exemple : organiser des manifestations publiques sans indiquer à l’Autorité publique établie l’itinéraire ni le point de chute, mettant d’office la Police dans l’impossibilité de travailler convenablement.

Croyant jouir de la bénédiction de la Cenco et même de Rome, le Clc est allé plus loin en initiant une campagne contre la machine à voter.

Et voilà qu’à l’avènement de Mgr Fridolin Ambongo, il s’est rétracté en préconisant le consensus autour de cet outil. Et Jonas Tshiombela – qui a rejoint par opportunisme – va surprendre l’opinion en faisant la déclaration selon laquelle on ne peut pas aller à l’encontre de la volonté de la Hiérarchie. Comme pour dire que les manifestations organisées en décembre 2017 et en janvier et février 2018 avaient obtenu la caution de la Cenco. Or, sous Monsengwo, le Clc l’a quasiment défiée.

Au final, il reste à constater que la Cenco vient d’interdire formellement au clergé catholique de s’engager dans la campagne électorale aux côtés des acteurs politiques.  

Dès lors qu’il en prend acte, le Clc doit être interpellé par les victimes des manifestations politisées organisées à son initiative et au cours desquelles il y a eu des morts, des blessés, des arrestations et des pillages…

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Prenons le cas de l’injure «Ce sont des voyous». Jean-Pierre Bemba, rapporte «Jeune Afrique», a réagi en ces termes à la suite de la rétractation de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi et Vital Kamerhe par rapport à l’Accord de Genève. 

Les faits établissent qu’au cours des 10 ans qu’il il a été à La Haye, ce n’est pas lui qui était dans la rue, au pays, pour entreprendre des manifestations publiques. Ce sont les «voyous» qui mobilisaient la population. 

Mais qu’est-ce que Genève leur a réservé comme postes ? 

Fayulu, sans base politique véritable, la présidence de la République.

Bemba, à peine sorti de la prison malgré une base politique évidente, la primature.

Muzito, sans base politique véritable et à peine ayant rejoint l’Opposition, la présidence de l’Assemblée nationale.

Matungulu, sans base politique, le poste de gouverneur de la Banque centrale.

Et à Kamehre ? Rien.

Mais, surtout à Fatshi, premier de tous à disposer d’une vraie base politique ? La présidence du Sénat soumise, elle même, à des futures élections (sénatoriales) prévues en mars 2019. 

Résultat : pendant que Fayulu, Bemba et Muzito entrent en fonction en janvier, Fatshi doit attendre !

Bien entendu, c’est la faute aux règles du jeu faisant que l’Ouest prenne les leviers principaux du Pouvoir et l’Est obtienne la portion congrue (Vice-primature des Finances et Economie attribuée à Moïse Katumbi) pendant que le Centre une hypothétique présidence de la chambre haute.

A dire vrai, Jean-Pierre Bemba a la réputation d’être asocial. Il a quasiment perdu la plupart de ses amis, et ceux qui restent à ses côtés ne le sont que par résignation.

Né avec une cuillère d’argent dans la bouche, il a l’injure facile.

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Quant à Martin Fayulu, il a une volubilité qui lui fait commettre des abus de langage comme celui appliqué aux Kasaïens dans son interview à Colette Braeckman. «Quant au Kasaï, il est divisé…Les gens ne sont pas idiots: ils savent que le changement, c’est Fayulu…», a-t-il déclaré. En soi, la phrase est correcte. Elle la serait davantage en éliminant l’incise «les gens ne sont pas idiots». Il aurait dit «Quant au Kasaï, il est divisé…Les gens savent que le changement, c’est Fayulu…» que personne n’en serait frustré.

Tout compte fait, l’alternance politique escomptée de la présidentielle du 23 décembre 2018 ne peut avoir de sens et de valeur qu’au travers de l’élimination du langage grossier, surtout dans le chef du leadership.

Sur ce point-là, constatons seulement que le candidat Fcc, E.R. Shadary, dont on redoutait les éclats de langage en raison du surnom «coup sur coup», est celui qui mène une campagne propre et sobre !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Ndongo

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