Trop parler «tue…» Fayulu : «…je vis à Kinshasa et avec les gens du Kongo central, nous formons le même peuple» !

  • Ainsi, dans son entendement, les Congolais de l’ex-Equateur, de l’ex-Province Orientale, de l’ex-Katanga, du Nord Kivu, du Sud Kivu et du Grand Kasaï ne font nullement partie de son peuple…
  • Déjà, dans sa cartographie électorale, il stigmatise la communauté Bashi du Sud-Kivu qu’il assimile à Vital Kamerhe et omet le Maniema…
  • En plus, les leaders kasaïens n’apprécient pas l’allusion aux «idiots» faite à l’endroit de leurs communautés par Martin Fayulu. D’où le lâchage en cours !

«Je suis originaire du Bandundu mais je vis à Kinshasa et avec les gens du Congo central, NOUS FORMONS LE MEME PEUPLE, soit plus de dix millions 700.000 électeurs. Dans l’Equateur Jean- Pierre Bemba me soutient donc tout l’Ouest m’est gagné et à Kinshasa (Ndlr : Kisangani) c’est Eve Bazaiba du MLC qui va faire campagne pour m’accueillir tandis que Moïse Katumbi mobilise le Katanga en ma faveur. Quant au Kivu, Vital Kamerhe est, certes, populaire à Bukavu, chez les Bashi, mais dans le Nord du Kivu, le patron c’est Mbusa Nyamwisi et il me soutient. Quant au Kasaï, il est divisé…Les gens ne sont pas idiots : ils savent que le changement, c’est Fayulu…»…

            Ces propos sont extraits de l’interview de Martin Fayulu 2018 à Colette Braeckman du journal «Le Soir». Ils sont visibles et lisibles dans le carnet de la journaliste belge. Le candidat de la coalition «Lamuka» les a tenus à Bruxelles le 18 novembre 2018, trois jours avant son retour à Kinshasa le 21 novembre.

            Ne les ayant pas désavoués aussitôt publiés, il en assume la responsabilité.

            S’il est vrai que Eve Bazaïba (pour l’ex-Province Orientale), Moïse Katumbi (pour l’ex-Katanga) et Mbusa Nyamwisi (pour le Nord-Kivu) ont fait leur part du boulot aux étapes de Kisangani, de Lubumbashi, de Kolwezi, de Beni et de Butembo, il est tout aussi vrai que Jean-Pierre Bemba s’apprête à faire la sienne dans l’ex-Equateur et à Kinshasa. 

            Seulement voilà : le candidat Lamuka traîne comme un boulot à ses pieds les propos à la fois sécessionnistes et discriminatoires qui ne pouvaient que le rattraper tôt ou tard. 

Xénophobie

            Effectivement, en commençant par souligner dans son interview qu’il est originaire du Bandundu et qu’il vit à Kinshasa, mais surtout en insistant sur le fait qu’avec les gens du Congo Central (lire Kongo Central) il est du même peuple représentant 10.700.000 électeurs– encore que les ressortissants de ces deux provinces ne se reconnaissent pas forcement en lui – Martin Fayulu circonscrit son espace deprédilectionune fois élu président de la République.

            Ainsi, les autres Congolais – n’en déplaise à Bemba, à Katumbi et à Mbusa Nyamwisi – ne sont pas de son espace. 

            Comment, du reste, en serait-il autrement lorsque, détaillant librement sa cartographie électorale, il élimine volontairement la communauté Bashi. Il en dit exactement ceci : «Quant au Kivu, Vital Kamerhe est, certes, populaire à Bukavu, chez les Bashi»…

            Il n’est un secret pour personne que l’homme déteste sérieusement Kamerhe. Dans l’une de ses déclarations fracassantes, il a dit le 7 juillet 2017, à l’issue d’une conférence-débat organisée par l’IDGPA d’A. Mbata au sujet d’un ralliement éventuel de l’Unc : «S’il vous plaît, arrêtez ce débat, si Vital Kamerhe adhère au Rassemblement moi je quitte…». Le 15 décembre 2017, à Paris, il est revenu à la charge en refusant de se réunir avec des «aventuriers», allusion faite notamment à Vital Kamerhe. 

Mais de là à en vouloir aux Bashi relève de la xénophobie.

Ce n’est pas tout.

A l’analyse de sa réponse, il se constate que le candidat Lamuka, après avoir cité  une à une les provinces dans leur configuration précédente, ne reprend pas le Maniemadans sa cartographie électorale. C’est à se demander ce qu’il s’en est allé faire à Kindu le 9 décembre 2018.

Pour l’espace kasaïen, il dit : «Quant au Kasaï, il est divisé…Les gens ne sont pas idiots : ils savent que le changement, c’est Fayulu…». Dans le milieu concerné, l’allusion aux «idiots» ne passe pas du tout. Exactement comme à la Mp l’insulte du cardinal  Laurent Monsengwo «médiocres». Exactement comme à la coalition Cach à propos de l’injure proférée par Jean-Pierre Bemba en réaction à la rétractation de Fatshi et de Kamerhe par rapport à l’Accord de Genève. «Ce sont des voyous», a-t-il déclaré à Jeune Afrique. La facilité avec laquelle certains leaders de l’Ouest commencent à indisposer leurs collègues du Centre et de l’Est doit inquiéter les patriotes.

Aussi, il paraît que les «Kasaïens» de Lamuka n’ont pas apprécié l’allusion. Fayulu n’avait qu’à trouver un autre terme que «idiots». D’où, laisse-t-on entendre, la fronde de Sessanga et de Lubaya susceptible de s’étendre à d’autres acteurs kasaïens.

Hors-jeu pendant les 5 prochaines années

            Les esprits éveillés sont évidemment en train de se demander pourquoi Martin Fayulu, «élu» par ses pairs de Lamuka candidat commun de l’Opposition (ou plutôt porte-étendard de l’Opposition, selon Adolphe Muzito), s’est-il livré à des propos susceptibles de se retourner contre lui un jour ou un autre, avant ou après les élections. 

            Pour certains, il n’a pas apprécié les 2 ans de mandat que ses «parrains» lui ont imposé, de même que le rejet du fichier électoral et de la machine à voter dont il s’est fait le chantre. L’Accord de Genève, pour rappel, prévoit l’organisation des nouvelles élections présidentielle, législatives et provinciales en 2021. 

Pour d’autres, dès lors que les élections du 23 décembre 2018 se feront avec le fichier électoral dans son état actuel et la machine à voter, ses chances de remporter la présidentielle sont annihilées. Or, n’étant candidat ni à la députation nationale, ni à la députation provinciale, il se met hors-jeu pendant les cinq prochaines années. 

            Sur son chemin de retour à Kinshasa, il a fait escale à Bruxelles. Et à la simple question «La défection de MM. Tshisekedi et Kamerhe pourrait-elle hypothéquer votre victoire ? », il a laissé son cœur parler abondamment avec pour résultat catastrophique la phrase assassine «…je vis à Kinshasa et avec les gens du Kongo central, nous formons le même peuple».

            Déduction normale : il crée une première mondiale  en ne se reconnaissant pas du peuple congolais dans son ensemble mais du peuple du Bandunduet du Kongo Centralqu’il déclare constituer un groupe ethno-tribal et sociologique à part.  

            Un vrai et gros choc pour les populations de l’intérieur qui l’ont accueilli chaleureusement, populations prêtes à sanctionner leurs leaders, coupables à leurs yeux de ne les avoir pas prévenus de la position véritable du candidat de la coalition Lamuka.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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