Prétextant de la position des Eglises, Pierre Lumbi sans voix devant des dates qui le rattrapent !

Aux points 5 et 7 de son communiqué du 16 décembre 2018 relatif à l’acceptation de la machine à voter, le directeur de campagne de la coalition Lamuka justifie son rétropédalage par les recommandations de la Cenco et les récentes (sic) déclarations de la Ceni selon lesquelles «ces machines peuvent servir pour d’autres tâches telle que l’impression des bulletins de vote». Ceci au cinquième point. Au septième, elle «tient à informer l’opinion tant nationale qu’internationale que conformément à la loi électorale et dans le plus strict respect de toutes ses dispositions, seuls les résultats issus du comptage manuel des  bulletins déposés dans les urnes, en outre validés par les témoins des partis politiques et les observateurs indépendants des réseaux catholiques, protestants et de la société civile devront être pris en compte». Pourtant, les dates sélectionnées dans cette chronique prouvent le contraire. Du 14 février au 15 décembre, pendant que la Ceni a plus d’une fois souligné le fait que la machine à voter est juste une imprimante et que ne seront pris en compte que les bulletins papier et pendant que la Cenco en a appelé plusieurs fois au consensus autour de cet outil, la position de l’Opposition n’a jamais varié : ni machine électorale, ni fichier électoral. D’ailleurs, dans l’Accord de Genève, la coalition Lamuka en a fait un des 9 engagements irrévocables pour le candidat commun. «Spécial» est quasiment rattrapé. L’autre dirait surpris en flagrant de mensonge. TENEZ ! 

14 février 2018. Sur Rfi, répondant aux inquiétudes des Etats-Unis, Corneille Nangaa déclare : «Ce que nous proposons au Congo, ce n’est pas un vote électronique mais un vote à papier. La machine à voter va simplement servir à imprimer les bulletins de vote».

22 juin 2018. Invité Afrique, Corneille Nangaa déclare : «Nous allons voter avec des machines à voter le 23 décembre et nous sommes bien engagés pour cela».

17 septembre 2018 : à l’occasion de la présentation par les experts de l’organisation britannique « Westminster fondation for democraty » du rapport sur la machine à voter, l’Abbé André Masinganda, 1er secrétaire général adjoint de la CENCO, déclare : «La CENCO n’a cessé d’appeler au consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter. J’ose croire que ce qui a été fait comme étude constitue l’amorce de ce processus de parvenir à ce processus de l’utilisation ou non de cette machine pour avoir des élections crédibles et apaisées». 

4 octobre 2018. A l’issue de la première «Concertation technique Ceni/Candidats à la présidentielle», les candidats Fayulu Martin, Kamerhe Vital, Matungulu Mbuyamu Freddy et  Tshisekedi Félix signent un communiqué dans lequel ils reconnaissent au nombre de leurs «préoccupations majeures en rapport avec le processus électoral en cours», notamment «1. la problématique de la machine à-voter qui est une modalité de vote électronique interdite par la loi électorale lors du processus en cours (article 237 ter) et introduite d’autorité par la CENI. Ce qui est inacceptable».Relevant que «Les réponses fournies n’ayant pas rencontré» leur préoccupations, ils ont demandé à la Céni de «convoquer en toute urgence un cadre de concertations entre parties prenantes au processus électoral en cours pour des discussions en profondeurs de toutes ces préoccupations». Ce qui a été fait le 10 octobre 2018. 

13 octobre 2018. Rfi fait sa revue de presse avec le titre «désaccords au sujet de la machine à voter». Il est justement question de la réunion du 10 octobre 2018. Selon Le Phare, relève-t-elle, «Martin Fayulu, Jacquemin Shabani représentant de Félix Tshisekedi, Freddy Matungulu et Théodore Ngoy persistaient à soutenir que la machine à voter n’est pas conforme à la loi électorale, alors que pour le président de la Céni Corneille Nangaa, l’heure n’est plus au débat sur l’aspect juridique de la machine, mais plutôt à son expérimentation sur le terrain».

11 novembre 2018. Dans l’Accord dit de Genève, les leaders de la coalition Lamuka persistent et signent. A l’article 4 relatif aux ENGAGEMENTS IRREVOCABLES DU CANDIDAT COMMUN, le point 3 oblige ce dernier à «Porter les revendications de l’Opposition contenues dans les déclarations de Kinshasa du 13 août 2018 et de Bruxelles du 12 septembre 2018 notamment le rejet de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral, la sécurisation du processus électoral et la décrispation politique jusqu’aux élections du 23 décembre 2018». 

22 novembre 2018. Dans leur message intitulé «des élections crédibles pour une véritable alternance démocratique», publié à l’issue de son assemblée plénière extraordinaire du 20 à cette date, «la CENCO demande à la Centrale électorale de rassurer le peuple congolais que la machine ne sera exclusivement utilisée que pour l’identification des candidats et l’impression des bulletins de vote, de procéder uniquement au comptage manuel des voix et d’afficher les procès-verbaux (P.V.) dans tous les bureaux de vote et de dépouillement le même jour». 

2 décembre 2018. Invité Afrique de Rfi, Martin Fayulu se prononce sur la machine à voter. «J’ai dit au peuple congolais : ne permettez pas à quiconque d’organiser des élections avec la machine à voter, parce que c’est illégal ! La fraude est préparée. Nous devons, à partir de ces élections, commencer à établir un Etat des droits (…) Nous demandons à nos électeurs qu’on n’installe même pas la machine à voter dans les bureaux de vote. Que personne ne puisse organiser les élections en utilisant la machine à voter ! »

5-15 décembre 2018. En campagne électorale au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à l’ex-Provinciale Orientale, à l’ex-Katanga, à l’ex-Equateur et à l’ex-Bandundu, le candidat de la coalition Lamuka persiste et signe : pas de machine à voter illégale et pas de fichier électoral corrompu.  

16 décembre 2018. Alors que depuis plusieurs mois, l’opinion avertie se demande comment l’électorat de l’Opposition va s’y prendre une fois au bureau de vote (car s’il respecte les instructions, le bulletin sera nul), Pierre Lumbi crée l’événement en s’appuyant sur les recommandations de la Cenco et les déclarations récentes de la Ceni. 

Chronologie d’Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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