Coalition Lamuka et MAV. Lumbi s’est-il substitué à la «Conférence des Leaders» ?

  • La machine à voter et le fichier électoral font partie des ENGAGEMENTS IRREVOCABLES auxquels la Conférence des Leaders instituée dans l’Accord de Genève a soumis le candidat commun en la personne de Martin Fayulu…
  • Dans le communiqué du 16 décembre 2018, Pierre Lumbi n’indique ni le lieu ni la date de la réunion des Leaders de Lamuka. De deux choses l’une : ou l’initiative est la sienne, ou la Conférence des Leaders a refusé d’en assumer la responsabilité. Des leaders, d’ailleurs, qui n’assument jamais rien. Autant lorsqu’ils étaient au pouvoir que maintenant qu’ils sont à l’Opposition… 

Le 16 décembre 2018, Pierre Lumbi – directeur de campagne du candidat Martin Fayulu – a cru créer l’événement en annonçant dans un communiqué apparemment confectionné dans la précipitation l’acceptation de la MAV (machine à voter) en avançant comme argument principal la position de la Cenco et de la Ceni. «Ainsi, conformément aux recommandations de la CENCO et aux récentes déclarations de la CENI, ces machines peuvent  servir pour d’autres tâches telle l’impression des bulletins de vote», écrit-il. Il se fait seulement que les couleuvres ne se laissent pas avaler facilement quand on sait que depuis novembre 2017, la Cenco n’a cessé d’en appeler au consensus autour de la machine à voteret depuis février 2018, la Ceni n’a cessé d’affirmer que «La machine à voter va simplement servir à imprimer les bulletins de vote». Par contre, l’Opposition radicale pré-Genève devenue – via la coalition Lamuka post-Genève – a continué d’ignorer les positions de la Hiérarchie catholique et de la Centrale électorale, et cela jusqu’au 15 décembre 2018. Lire chronique «Pierre Lumbi sans voix devant des dates qui le rattrapent !»…    

            Introduit par le paragraphe «À moins de dix jours de la date retenue pour la tenue des élections Présidentielle, Législatives, Nationales et Provinciales, le 23 Décembre 2018, la coalition LAMUKA tient à fixer l’opinion tant nationale qu’internationale sur sa position en rapport avec la suite du processus électoral, particulièrement en ce qui concerne l’utilisation de la machine à voter»,le communiqué de presse comprend neuf points. 

Le 1erpointest ainsi libellé : «La coalition Lamuka tient, à rassurer l’opinion quant à sa détermination à participer aux élections du 23 décembre 2018, n’envisage nullement le boycott et surtout n’acceptera aucun report de ces scrutins».Par le 2èmepoint, elle «rappelle que ces élections sont le fruit d’énormes sacrifices, y compris en vies humaines, consentis par notre peuple qui aspire à l’alternance politique dans notre pays». Au 3èmepoint, Lamuka «tient donc à ces élections et ne ménagera aucun effort pour que celles-ci reflètent exactement la volonté du peuple; ces élections doivent être apaisées, crédibles, transparentes et démocratiques » et au 4èmepoint,  elle établit que «C’est pour cette raison que la coalition Lamuka est opposée au vote électronique, notamment avec l’usage de la machine à voter, proscrit par notre loi électorale en son article 237 ter, mais que la CENI s’obstine à imposer à l’absence de tout consensus en la matière».

C’est toutefois au5èmepointqu’il y a amalgame. La coalition Lamuka soutient : «Ainsi, conformément aux recommandations de la CENCO et aux récentes déclarations de la CENI, ces machines peuvent servir pour d’autres tâches telle l’impression des bulletins de vote ». D’où, au 6èmepoint, son «appel pressant à toutes les congolaises et à tous les congolais à aller voter massivement pour leur candidat Martin Fayulu Madidi dans la paix et la sérénité en évitant tout acte de provocation d’où qu’il vienne». 

Au 7èmepoint, Lamuka tient «à informer l’opinion tant nationale qu’internationale que conformément à la loi électorale et dans le plus strict respect de toutes ses dispositions, seuls les résultats issus du comptage manuel des bulletins déposés dans les urnes, en outre validés par les témoins des partis politiques et les observateurs indépendants des réseaux catholiques, protestants et de la société civile devront être pris en compte » et au 8èmepoint,  elle «appelle le peuple congolais à la plus grande vigilance pour protéger son vote». 

Sa conclusion, au 9èmepoint, est rendue en ces termes : «Il est temps pour nous tous d’engager la reconstruction de notre pays si ravagé; et les prochaines élections sont déterminantes et cruciales à cet effet». 

Signé Pierre Lumbi Okongo, directeur de campagne, Kinshasa le 16 décembre 2018. 

Décision sujette à caution…

            Soixante-douze heures après, Martin Fayulu semble moins pressé d’annoncer la «bonne nouvelle» à son électorat. Il s’en est abstenu aux étapes d’Inongo, de Kikwit, de Gungu, d’Idiofa etc. Ou tout au moins, les médias qui couvrent sa campagne n’en disent rien. 

            Tout observateur averti aura cependant constaté que la rétractation s’est produite 48 heures avant la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu consacrée au processus électoral en RDCongo. Ce qui incite à penser que ce communiqué aura servi à la consommation extérieure. 

            Ce qui n’empêche pas cependant de l’analyser dans ses parties essentielles.

            Comme relevé ci-dessous, en justifiant son rétropédalage par les recommandations de la Cenco, la coalition Lamuka doit savoir que la Bible est claire en Matthieu 5 :37 lorsqu’elle dit «Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin» et en Jacques 5 :12 «Mais que votre oui soit oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement».

            Si justement Pierre Lumbi tombe entre les mains du malin et est sous au jugement de sa propre  conscience, c’est parce qu’il y a violation flagrante de l’un des «ENGAGEMENTS IRREVOCABLES» énoncés à l’article 4 de l’Accord de Genève. L’Acte d’Engagement brandi à l’endroit de Fatshi et Kamerhe appelle à sanctionner Bemba, Katumbi, Matungulu, Muzito et Fayulu. Evidemment, cela est impossible dans la mesure où aucun des 5 n’est formellement reconnu comme source de décision par rapport à la machine à voter.

            A supposer alors que Pierre Lumbi ait pris sur lui une si grosse responsabilité, on réalise du coup la nature véritable du mandat confié à Martin Fayulu, réduit à se soumettre à la volonté de son directeur de campagne !  

Conséquence : la décision d’accepter la machine à voter est juste à caution.

D’ailleurs, comment ne la serait-elle pas puisque rien n’est dit sur et du fichier électoral, le frère jumeau de la machine à voter (lire chronique intitulée «Lamuka : ‘OUI’ à la MAV, silence sur le fichier électoral !».

Rétropédalage des promesses ?

Justement, c’est là que bât blesse. Car, il ne suffit pas de flatter le «peuple» dans le sens du poil en disant des élections du 23 décembre 2018 qu’elles «sont le fruit d’énormes sacrifices, y compris en vies humaines, consentis par notre peuple qui aspire à l’alternance politique dans notre pays», encore que Pierre Lumbi a oublié lui de rendre hommage.

Mais, de là les Congolais réduire à un ballon d’essai, à un test de popularitégrandeur nature, voilà un acte d’une gravité extrême. 

Là, les ONGDH comme Acaj et Asadho, les mouvements pro-démocratie comme Lucha et Filimbi, le Comité laïc de coordination qui ont encouragé la coalition Lamuka dans son obstination à rejeter la machine à voter et le fichier électoral sont comme pris dans un piège dont ils auront du mal à se sortir. A moins de se livrer, eux aussi, au rétropédalage. Ce qui ne semble pas le cas puisqu’ils ne relaient pas jusque-là le communiqué de Pierre Lumbi. 

La gravité se conçoit dans ce que le «peuple» va désormais comprendre des promesses de la coalition Lamuka.  Dans la foulée de la volte-face, demain on assistera à l’annonce, par exemple, à la révision du budget de 146 milliards USD, à la non application du transfert du camp Kokolo à Beni ou à  l’impossible création de 20 millions d’emplois ! Encore dans la même foulée, les promesses des candidats Lamuka aux législatives et aux provinciales sont susceptibles d’être mises en doute. Terrible épreuve pour un regroupement politique à la recherche de la reprise du pouvoir.  

Liquéfaction de l’Opposition !

            Il faut avouer que le Congo a énormément souffert ces 3 dernières années de l’aventure du G7. Précisément depuis le rapprochement, en décembre 2015, avec l’Udps sous mandat non pas d’Etienne Tshisekedi (à l’époque fortement affaibli par la maladie), mais de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, alias Fatshi. 

Pour rappel, c’est à cette époque la coalition G7-UDPS a choisi la voie de la radicalisationayant conduit à Ile de Gorée, à Bruxelles-Genval et plus tard encore à Bruxelles, à Pretoria, à Paris et à Genève. 

A cause de cette radicalisation, le mariage contracté le 10 décembre 2015 à Paris s’est disloqué le 12 novembre à Genève.  

 Que le cerveau-moteur du G7, en la personne de Pierre Lumbi, se soit chargé personnellement d’annoncer le rejet de la MAV prouve que le G7 a réussi son objectif : la liquéfaction de l’Opposition!

Sur cette voie, hélas ! que de sang, que de larmes, si bien que le simple fait de voir Pierre Lumbi se substituer à la Conférence des Leaders et de constater que depuis le 16 décembre 2018, ni Jean-Pierre Bemba, Freddy Matungulu, ni Moïse Katumbi, Adolphe Muzito, encore moins Martin Fayulu ne prononcent clairement sur le rétropédalage par rapport à la Mav ou au fichier électoral incite à croire qu’une page est en train de se tourner. Celle du «Congo de l’Acte général de Berlin» (lire EDITORIAL).

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo 

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Tél. : 0993833277

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