EDITORIAL. Pressions pour boycotter la victoire de Shadary

A analyser les réactions «disproportionnées» enregistrées à la suite de l’annonce, par la Céni, du report au 30 décembre prochain des élections initialement prévues le 23 décembre, on a la certitude que tout concourt à la contestation généralisée de toute victoire du candidat n°13.

Il n’y a rien de surprenant à cela puisque c’est devenu le modus operandi des Oppositions en Afrique. Avant les scrutins, elles préviennent la fraude. Pendant la campagne, elles mettent en exergue la fraude. Après élections, elles proclament les premières les résultats leur donnant vainqueurs, et une fois les résultats contraires proclamés, elles prennent à témoin «l’opinion tant nationale qu’internationale» de la réalisation de leurs appréhensions !

Et ça marche ainsi.

***

Parmi les Opposants, prenons deux en train d’affectionner ce jeu malsain.

D’abord, Marie-José Ifoku, la seule femme candidate. 

Invalidée par la Céni pour «défaut de nationalité d’origine», elle avait saisi la Cour constitutionnelle pour être rétablie dans ses droits. Le 3 septembre 2018, la haute cour a validé sa candidature. 

Tout le monde l’aura toutefois constaté : avant et pendant la campagne électorale, elle a passé tout son temps à squatter les médias pour se plaindre des tracasseries policières quand elle ne prédit pas le chaos électoral résultant de la tenue des élections. En réalité, elle qui avait eu du mal à réunir la caution de 100.000 USD ne pouvait nullement disposer de finances solides pour une campagne électorale nécessitant au minimum 50 fois plus en termes de logistique (transport routier, aérien et fluvial, imprimés, couverture médiatique) et de rémunération. 

Prenons ensuite Martin Fayulu. Devenu soudain «magnat du pétrole» (!) selon Bbc pendant que Francis Kalombo, dans une vidéo, dit de lui qu’il n’a même pas su gérer la station d’essence qu’il avait montée à Kinshasa, ce candidat se retrouve soudain avec de gros moyens pour battre, pardon faire campagne à l’américaine. Tout le monde sait que c’est avec l’argent (visible) des invalidés Katumbi, Bemba et Muzito (très soucieux de la pauvreté dans laquelle baignent les Congolais) et l’argent (invisible) des puissances réunies à Genève qu’il fait le tour du pays à la recherche des voix du souverain primaire.   

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Que peut-on attendre de ces deux candidats si ce n’est la contestation programmée de la victoire d’Emmanuel Ramazani Shadary ?

Quelqu’un objecterait : et Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi ! 

Qu’on veuille bien l’admettre ou pas, Fatshi est vraiment son fils de son père. 

Le 6 novembre 2011, Etienne Tshisekedi – qui n’avait pas encore entamé sa campagne électorale – s’était proclamé par avance vainqueur d’une présidentielle prévue le 28 novembre. Pendant la campagne électorale, il déclarait mener celle-ci non pas pour lui-même (puisque déjà élu) mais pour les candidats Udps aux législatives.

Le 30 novembre 2011, convaincu de sa victoire, il avait lancé via le journal  «Le Soir» à l’endroit de Vital Kamerhe cette phrase insultante pour les Kivutiens (Nord et du Sud) : «Les voix récoltées par Kamerhe au Kivu, cela ne me concerne pas. Avant-hier, il est venu ici et j’ai refusé de le recevoir… Cela ne me dit rien».

Que son fils, à l’étape de Matadi, ait déclaré à son tour le 17 décembre dernier «Si le candidat de la continuité est déclaré vainqueur n’acceptez pas ces résultats» et qu’il ait ajouté à l’attention de la Centrale électorale «La CENI, il ne faut même pas oser tromper le peuple. Ce jour-là, nous ne serons pas là pour blaguer. Le 23 décembre, méchant, méchant», on est-là dans une affaire d’ADN.

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Bien entendu, dans cette bataille ouverte, le Fcc a un problème sérieux : la timiditédans sa communication. La famille politique à laquelle appartient Joseph Kabila ne sort pas assez ses griffes pour préparer l’«opinion tant nationale qu’internationale» à la victoire annoncée de son candidat. Elle risque de commettre la même erreur de 2006 et de 2011 en donnant l’impression de douter de sa propre victoire alors que celle-ci semble acquise en raison, entre autres, du fait qu’à cause de leurs egos, les leaders de Lamuka et de Cach «se sont mutuellement neutralisés», pour paraphraser Adolphe Muzito lorsqu’il justifia l’échec de Fatshi et de Kamerhe.

Malheureusement, lorsque la contestation va embraser la rue, c’est à ce moment-là que l’obligation régalienne de rétablir l’ordre public se fera avec le déploiement de la police, et parfois de l’armée, avec au final le même bilan des victimes «des balles réelles tirées à bout portant».

Or, c’est justement ce que recherche l’Opposition en actionnant ses outils de contestation appelés à faire pression pour le boycott de la victoire de Shadary.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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