Réactions épidermiques. Nshole, Lamuka, Opposants du Grand Nord : pourquoi ?

  • L’abbé Donatien Nshole se prononce par médias interposés sans s’informer au préalable auprès de la Ceni ni attendre la position officielle de la Cenco. Pierre Lumbi initie une journée ville-morte superbement ignorée des Kinois. Bindule en appelle au soulèvement populaire. Tshipassa y trouve un complot contre les Nandé. Décidément…

Il aura donc fallu la décision de la Ceni de renvoyer au mois de mars 2019 les élections à Beni, à Butembo et à Yumbi pour des raisons sanitaires et sécuritaires pour qu’on apprenne des Opposants et des activistes de la Société civile alliés le fonctionnement normal des écoles, des églises, des marchés, des bureaux etc. dans les deux villes principales du Grand Nord, au Nord Kivu. Et inciter subtilement l’opinion à établir la complicité entre le Gouvernement et la Communauté internationale dans le surdimensionnement des faits relatifs à Ebola, une maladie devenue subitement «imaginaire». Pourtant, elle est bien-là, la fièvre à hémorragie d’Ebola. Le saccage, à Beni, le 27 décembre dernier, du centre d’hébergement des malades par des militants de l’Opposition en colère a eu comme effet boomerang la dispersion, dans la nature, d’une vingtaine de pensionnaires, provoquant l’anéantissement des efforts déployés jusque-là pour contenir l’épidémie…

Croisons alors les doigts, mais surtout prions Dieu pour que les malades reviennent d’eux-mêmes au centre, sans qu’il y ait des effets collatéraux dans la ville de Beni et de Butembo. On imagine la panique que sèmerait la moindre rumeur de découverte d’un cas d’Ebola dans un quartier, une église, un marché ou un magasin. Toute cette partie de la République serait mise en quarantaine, et les conséquences seraient catastrophiques aux plans économique et social.

C’est ici l’occasion de stigmatiserla propension de certains leaders d’opinion à réagir de façon épidermique à l’annonce d’une décision de si haute porte politique comme celle faite par la Ceni le 26 décembre 2018.

Si cette propension peut se comprendre côté acteurs politiques, elle ne peut l’être côté acteurs apolitiques, surtout les religieux. Les premiers sont censés vivre dans et de l’agitation. Les seconds, non. 

Or, en agissant à l’unisson comme ils l’ont fait les 26 et 27 décembre dernier, politiques, religieux, activistes des Droits de l’homme ont alimenté et excité la colère de ceux des compatriotes de Beni et de Butembo – pour la plupart des jeunes – qui sont allés saccager le bureau de représentation de la Ceni et, l’objectif raté, se sont défoulés sur le centre d’hébergement des malades d’Ebola. 

Ce qui n’aurait pas dû arriver est malheureusement arrivé : la psychose de la peur va gagner les deux villes avec éventualité de repousser vers juin 2019 les élections législatives et provinciales programmées en mars prochain. 

L’autre dirait : est pris qui croyait prendre !

Ce qui est à déplorer, c’est le discours confus des acteurs politiques du Nord-Kivu. Cas des honorables Bindulede l’Unc et Tshipassade la Dcf. 

Le premier a soupçonné la Ceni de vouloir priver son candidat favori, Martin Fayulu, de l’électorat de l’axe Beni-Butembo. Rien de surprenant : sa base, a-t-il annoncé dernièrement, lui a demandé de rejoindre le candidat n°4 au détriment du candidat n°20 (Fatshi) soutenu pourtant par son parti dans le cadre de la coalition Cach. Et d’appeler sa base à se soulever. Message entendu : la base a saccagé le centre Ebola. Depuis, Bindule s’est tu !

Son collègue Tshipassa a réduit la décision à un complot contre la communauté Nande ! Il a soupçonné le Gouvernement et la Ceni d’actionner le schéma de balkanisation du pays. Message entendu : la communauté a saccagé le centre Ebola. Depuis, il s’est tu, lui aussi.

Sur ces entrefaites, la coalition Lamuka a lancé un mot d’ordre de «journée ville-morte» sur toute l’étendue du pays pour ce vendredi 28 décembre 2018. Message non entendu : Kinshasa, qui s’apprête à fêter Nouvel An, a superbement ignoré cette initiative. D’ailleurs, la coalition Cach, tout en déplorant la décision de la Ceni s’agissant de Beni et de Butembo où elle n’a pas fait campagne au motif que Lamuka aurait instrumentalisé un groupe pour un attentat contre Fatshi et Kamerhe, n’adhère pas à la «journée ville-morte». Elle soupçonne Lamuka de collusion avec le Fcc pour boycotter les élections et aller à un dialogue qui débouchera sur le partage du pouvoir, a déclaré Jean-Marc Kabund. 

Finalement, que va-t-il se passer ? Personne de raisonnable ne voit les agents de la Ceni – même hautement sécurisés par la Pnc, les Fardc et la Monusco – prendre les risques d’ouvrir le 30 décembre 2018 les bureaux de vote à Beni et à Butembo avec un électorat (alias base) très monté contre la Centrale électorale. 

Résultat : avec ses réactions de plus en plus disproportionnées, l’Opposition – coalition Lamuka principalement – conforte la position de la Ceni de décaler la tenue des élections. Malheureusement pour elle, l’archevêché de Kinshasa, le secrétaire général de la Cenco et le Comité laïc de coordination qui lui servent de cheval de Troie lui font rater le rendez-vous du 30 décembre. A Beni, à Butembo et à Yumbi.

L’autre dirait : est pris qui croyait prendre !

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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