EDITORIAL. Joseph Kabila fait hériter à Félix d’un Etat stabilisé !

A l’heure où il s’apprête à faire la passation des pouvoirs avec le Chef de l’Etat resté en fonction jusqu’à l’installation effective de son successeur issu des urnes (alinéa 2 de l’article 70 de la Constitution), Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi est conscient de l’évidence : l’ordre institutionnel mis en place en 2006 n’a aucune fois été perturbé.

Pas plus tard que ce samedi 19 janvier 2019, réagissant à l’appel de l’Union africaine relatif à la suspension de la publication des arrêts de la Cour constitutionnelle au sujet du contentieux électoral, Jean-Marc Kabund a déclaré : « L’UDPS/Tshisekedi fait observer à l’Union Africaine et aux autres partenaires de la RD Congo qu’il n’y a ni crise politique ni crise institutionnelle dans ce pays, la question de la contestation électorale trouvant sa source dans la constitution et les lois du pays, textes légaux qui règlent des conflits nés des élections, en l’espèce le contentieux des résultats de l’élection présidentielle qui relève de la compétence exclusive de la Cour Constitutionnelle de la République Démocratique du Congo”. 

Effectivement, le Président de la Républiqueest là. Les deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) sont là. Le Gouvernement est là. Les Cours et Tribunaux sont là. Institutions d’appui à la démocratie, la Céni, le Cnsa, le Csac et la Cndh sont là.

En plus, les instruments dits du Pouvoir, en l’occurrence la Fonction publique, la Territoriale, la Diplomatie, la Justice, l’Armée, la Police, les Renseignements et le Portefeuille sont là. Et la Banque centrale, au travers de laquelle on voit la monnaie nationale, est là. De même que les entreprises du Portefeuille sont là

Bref, l’Etat normal fonctionne.

Ainsi, Joseph Kabila se sera assumé par rapport aux prescrits de l’article 69 de la Constitution rendus en ces termes : «Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des Institutions ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux». 

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Or, à l’avènement de la Révolution-Pardon prônée par Laurent-Désiré Kabila, l’Etat se trouvait dans un délitement total. Et à l’avènement de la Réconciliation nationale prônée par Joseph Kabila à son accession à la magistrature suprême, le Congo était devenu un Etat virtuelavec ses 4 administrations parallèles à celle du Gouvernement central, c’est-à-dire 4 «Présidents de la République», 4 «Parlements», 4 «Gouvernements», 4 «Cours et Tribunaux», 4 «Fonctions publiques», 4 «Territoriales», 4  «Diplomaties», 4 «Justices», 4 «Armées», 4 «Polices», 4 «Renseignements» et 4 «Portefeuilles»,  tous concurrents aux Institutions et aux Instruments du pouvoir côté Kinshasa. 

Pour rappel, il y avait, le Rcd, le Mlc, le Rcd-Kml et le Rcd-N, chacun avec son administration autonome. Des quatre, aucune n’a rendu compte de sa «gouvernance». La majorité a même osé rendre Kabila responsable de tout le mal qu’elle a fait au peuple entre 1998 et 2003, avant le 1+4…

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L’Udps se doit de reconnaître qu’en dehors de sa participation au Dialogue intercongolais à Sun City I et II, son apport a été nul dans la mise en place de l’ordre institutionnel issu de ces assises. 

Prétextant l’exclusion, ce parti a longtemps joué la partition de l’auto-exclusion. Conseiller politique d’Etienne Tshisekedi, Valentin Mubake en fera l’aveu dans une interview au journal «Le Potentiel», édition n°3193 du 9 août 2004, en disant textuellement ceci : «…quand nous sommes arrivés à Sun City, nous nous sommes battus non pour avoir des postes, mais pour l’avènement de ce cadre juridico-politique. (…) Nous avons même été plus loin : les différents postes réservés à l’Udps au gouvernement, à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous les avons cédés à ceux qui en voulaient. Nous, ce n’est pas le poste».

En ne reconnaissant pas l’existence du Groupe parlementaire Udps et Alliés issu des élections de 2011, l’Udps – qui célèbre dans un mois sa 36èmeannée d’existence – se singularise par le fait de n’avoir doté le pays d’aucune loi, ni du moindre  règlement administratif. Déjà, il n’a même pas contribué au référendum ayant doté le Congo de la Constitution actuelle. Il avait fait le choix libre du boycott.

Aujourd’hui, elle accède à la magistrature suprême. Ce que le père n’a pu faire en 35 ans de  fonctionnement, le fils le fait en moins d’une année de son accession à la tête du parti.

Au-delà des circonstances ayant favorisé son élection, Fatshi sait que le Raïs ne lui lègue pas un Etat néant, comme celui hérité du maréchal Mobutu par Laurent-Désiré Kabila, Etat que ce dernier a précocement légué à Joseph Kabila faute d’avoir eu le temps de le réorganiser. 

Il hérité d’un Etat réhabilité et en modernisation par le Raïs dans tous ses compartiments

Outre les infrastructures politiques, économiques et sociales soit réhabilitées, soit nouvellement construites, mais en réalité toutes modernisées, Joseph Kabila lègue également à Fatshi des infrastructures en projet bien avancées. 

Le 5èmeprésident de la République vient quasiment moissonner là où, disons-le sans fioritures, il n’a pas semé. D’où le devoir d’honnêteté auquel le bon sens le tient.        

Et puisqu’il entre enfin au club, il ne reste qu’à lui dire : «Fatshi, bienvenu au club !».

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

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