Rattrapés par Venise et Ibiza, Le Pprd et l’Udps en reconstitution de la Gauche congolaise !

  • Initiée par Joseph Kabila via les pourparlers de Venise, Ibiza, La Haye et Bruxelles, boudée cependant par Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi alors «otage» du mercantilisme de Moïse Katumbi, la rencontre des forces socio-démocrates a finalement eu lieu le 10 janvier 2019 à la faveur de la proclamation des résultats de la présidentielle…
  • Visionnaire, le Chef de l’Etat renforce la Gauche, car après le Palu en 2006, c’est le tour de l’Udps en 2019. Il faut désormais une forte mobilisation pour asseoir la famille idéologique, le Ccu, le Prp, le Msr, l’Afdc etc. étant déjà présents… 

Qui l’eût cru ? Entendre le 10 janvier dernier Fatshi – juste après avoir remercié Dieu, et avant d’inviter l’assistance à avoir une pensée pieuse pour son père Etienne Tshisekedi – déclarer «Avec sincérité, je rends hommage au Président Joseph Kabila» et ajouter d’emblée «Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays» : voilà de quoi surprendre l’opinion puisque ce ton a contrasté avec les propos durs antérieurement tenus par l’intéressé. Or, ce ton conciliant, il aurait pu l’adopter s’il avait suivi seulement le conseil de son père, Etienne Tshisekedi, qui avait positivement répondu à l’initiative du Président Joseph Kabila d’un rapprochement entre, d’un côté, le Pprd (au nom de la Majorité présidentielle) et, de l’autre, l’Udps. Initiative confirmée du reste par les pourparlers amorcés à Venise (Italie) et poursuivis à Ibiza (Espagne), à La Haye (Pays-Bas) et à Bruxelles (Belgique) avant d’être bloqués par Fatshi. Trois ans au cours desquels on s’est épié, on s’est évité, mais surtout on s’est étripé… 

Oui, Etienne Tshisekedi, contrairement à la rumeur, s’était inscrit dans la logique du Dialogue avec Joseph Kabila. A preuve, la déclaration du 4 juillet 2016faite à l’issue de l’audience accordée par le lider maximo à son «Conseiller Politique honoraire» Valentin Mubake, selon une déclaration publiée par Augustin Kabuya, audience ayant eu lieu aprèsle conclave de Bruxelles Genval.

«Au cours de cette rencontre, le Chef du Parti s’était fait entourer de certains cadres du parti notamment Monsieur Félix TSHISEKEDI Secrétaire National aux Relations Extérieures du Parti et d’autres membres de son Cabinet» et «a fait savoir à son visiteur, en ce qui concerne les rencontres préliminaires au dialogue tant en Italie qu’en Espagne étaient ses initiatives y compris le rassemblement de GENVAL. Il a expliqué que le Dialogue restait la seule voie de sortie de la crise actuelle dans notre pays», note le secrétaire national adjoint en charge de la Communication, Information et Médias, agissant en qualité d’attaché de presse au cabinet d’Etienne Tshisekedi. La déclaration est sur le site de la Fédération Udps  Canada. 

            La vérité à rétablir est qu’au moment où, réunis à Paris le 10 décembre 2015, Moïse et Félix levaient l’option de récuser tout dialogue ayant parmi les protagonistes Joseph Kabila et au moment où les boutefeux de l’Opposition, entre autres un certain Martin Fayulu, excluaient toute possibilité de négociations directes avec la Mp via le Pprd, le Sphinx n’avait changé ni de position ni d’opinion. Il était pour le rapprochement

Brique par brique, il pose les fondations de la famille idéologique  

Le 5 avril 2017, dans son discours sur l’état de la Nation, le Président de la République a fait allusion aux pourparlers entamés en vue du Dialogue national politique inclusif annoncé dans son message du 28 novembre 2015. «Ce Forum, précédé lui-même du pré-dialogue entre la Majorité et l’UDPS, tenu dans plusieurs villes européennes, débouchera, à la Cité de l’Union Africaine, sur l’Accord du 18 octobre 2016, entre l’Opposition politique, la Société civile et la Majorité», a-t-il révélé.

Il faut admettre qu’au plan idéologique, Joseph Kabila reste convaincu que le Pprd, l’Udps et le Palu – pour ne pas citer les autres formations politiques – ont en partage la social-démocratie

Ils sont du même bord en face, notamment, du Mlc et du G7 qui, eux, ont en partage le libéralisme issu essentiellement du capitalisme pur et dur. 

Lorsque le 30 novembre 2018, interviewé par Colette Braeckman, il va estimer qu’au lieu des 600 partis politiques, il est «préférable d’avoir de grands ensembles, avec un total de quatre à cinq partis politiques qui transcendent les régions, les ethnies», c’est la preuve qu’il est aussi pour des regroupements à base idéologique. L’alternance politique ou démocratique est plus à l’aise à y effectuer que lorsqu’on est d’une idéologie différente. Il y a généralement cassure. 

Maintenant que la succession à l’Institution «Président de la République» s’opère au sein de la famille social-démocratie, Joseph Kabila mérite d’être considéré comme un visionnaire. Lentement mais sûrement, contre vents et marées, il aura posé, brique par brique, les fondations de cette famille idéologique. Et comme pour l’affirmer, répondant à la question de Colette Braeckman de savoir s’il allait certainement prodiguer des conseils à son successeur, il dira : «S’il a besoin de mes conseils, je serai toujours là, volontiers. Mon successeur, quel qu’il soit, aura non seulement besoin de l’ancien président, mais surtout besoin de dignité. Besoin de la participation des 80 millions de Congolais au pays et de tous ceux qui sont dans la diaspora, afin d’aller de l’avant dans la reconstruction du Congo».

Quand il avait fait cette déclaration le 30 novembre dernier, il misait évidemment sur Emmanuel Ramazani Shadary, son dauphin désigné. La proclamation des résultats de la présidentielle ayant consacré la victoire de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, il ne perd rien. Au contraire, il gagne en entrant dans l’histoire de la RDCongo non seulement en premier Président de la République à actionner l’alternance politique, mais aussi et surtout à favoriser le rapprochement de la Gauche congolaise systématiquement boycotté depuis le 30 juin 1960. 

En 2006, il l’avait fait avec le Palu. Le deal tient malgré le devoir d’ingratitude du «lumumbiste» Adolphe Muzito, aujourd’hui chez les libéraux capitalistes. En 2019, il vient de le faire avec l’Udps pour un deal résultant des manœuvres politiques remontant, concrètement parlant, à 2015.

La patience paie ! 

Mais surtout, le travail de rapprochement des forces socialistes commence. 

Car il faut bien que la Gauche congolaise, en reconstitution, conserve le pouvoir en 2023…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

http://www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s