«Roi nu». Fayulu : ni chef d’Etat, ni porte-parole de l’Opposition !

  • S’autoproclamer Président de la République est une chose. Miser cependant sur des Institutions détentrices d’imperium en est une autre…
  • La vérité à retenir est que n’ayant aucun poids politique au sein de l’Assemblée nationale ni du Sénat, moins encore des Assemblées provinciales, Martin Fayulu ne saura compter indéfiniment sur le soutien de la coalition Katumbi et ou de la coalition Bemba, pas plus que de la coalition Muzito… Il risque même de voir Bemba ou Muzito récupérer le poste de porte-parole de l’Opposition… 

Dans toutes ses déclarations depuis la nuit du 18 au 19 janvier 2019 – celle de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle – Martin Fayulu Madidi (MFM) est dans la logique de contestation de la victoire de Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Il est dans son bon droit. Mais, il y a ce bout de phrase suicidaire qui lui fera énormément de tort dans les milieux cartésiens occidentaux. «J’ai été élu à plus de 60 %», révèle-t-il. De la part d’un candidat qui, avant même la proclamation des résultats provisoires, déclarait, la main sur le cœur, détenir les copies de tous les PV électoraux, l’auto-investiture en qualité de président de la République sur base d’un score approximatif signifie qu’il est loin de ce qu’il dit être. Il ne rassure pas…

            «Je me considère désormais comme le seul président légitime de la République démocratique du Congo. Dès lors, je demande au peuple congolais de ne pas reconnaître tout individu qui se prévaudrait illégitimement de cette qualité, ni obéir aux ordres qui émaneraient de lui. Je demande d’ailleurs à l’ensemble de la communauté internationale de ne pas reconnaître un pouvoir qui n’a ni légitimité, ni qualité légale pour représenter le peuple congolais», a-t-il souligné le 19 janvier dernier.

            Mais, auparavant, sur l’arrêt de la Cour constitutionnelle, il s’est prononcé en ces termes : «Ce n’est ni plus, ni moins qu’un coup d’Etat constitutionnel, car il porte à la magistrature suprême un non-élu. Par cet arrêt, la Cour constitutionnelle vient une fois de plus de confirmer qu’à l’instar de la Commission électorale, elle est au service d’un individu et d’un régime dictatorial qui ne respecte ni les lois de la République, ni les règles les plus élémentaires de la démocratie et de la morale».

            Accusant Félix Tshisekedi d’être «totalement complice d’un putsch électoral», il a appelé les Congolais à «des manifestations pacifiques sur toute l’étendue du territoire national».

Conséquence : Martin Fayulu Madidi a tout du roi nu !

            Avec les déclarations du genre, l’homme est en train d’annihiler ses chances de devenir porte-parolede l’Opposition politique, conformément la loi n° 07/008 du 04 décembre 2007.

            En effet, aux termes de l’article 18 de cette loi, l’Opposition politique est représentée au niveau national par un porte-parole. Et de l’article 19, «Sans qu’il ne soit nécessairement parlementaire, le porte-parole de l’Opposition politique est désigné par consensus, à défaut, par vote au scrutin majoritaire à deux tours, dans le mois qui suit l’investiture du gouvernement, par les députés nationaux et les sénateurs, membres de l’Opposition politique, déclarés conformément à l’article 3 de la présente loiLes députés et les sénateurs de l’Opposition politique se réunissent, à cet effet, sous la facilitation conjointe des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat, à la demande écrite de tout groupe parlementaire ou politique de l’Opposition politique, selon le cas». 

L’article 20 précise à son alinéa 1 : «Le président de l’Assemblée nationale notifie le procès-verbal de la désignation du porte-parole de l’Opposition politique aux institutions de la République». L’article 21 indique : «Le porte-parole de l’Opposition politique a rang de ministre d’Etat au niveau national et du ministre provincial au niveau provincial. Il jouit des avantages et immunités y afférents». 

            Ayant manqué son rendez-vous avec le Palais de la Nation(Président de la République) après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, Martin Fayulu est en train de rater celui du «Palais du Peuple» (porte-parole de l’Opposition) au motif simple que le processus de désignation pour ce poste implique la mise en place de l’Assemblée nationale et du Sénat.

            Or, en contestant les résultats de la présidentielle du 30 décembre 2019, il remet par effet d’entraînement les résultats des législatives et des provinciales. En clair, remettre en cause les «acquis» des leaders de «Lamuka», principalement Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi et Adolphe Muzito. 

            Déjà, n’ayant aucun problème avec la justice congolaise, et étant éligibles pour le poste de porte-parole, Bemba et Muzito peuvent bien y accéder.

            Conséquence : Martin Fayulu Madidi a vraiment tout du roi nu…

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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