EDITORIAL. Fcc-Cach, balle à terre, svp !

L’impression à se dégager, quatre jours après l’investiture de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la fonction de Président de la République, est que certaines composantes de la coalition «Fcc-Cach» tardent à réaliser l’intérêt commun d’en finir avec des positions tranchées pré-électorales. 

La «passe d’armes» qui s’observe autour, par exemple, de la formation du gouvernement en est la preuve. 

Via des médias qui ne font que leur travail, proches du Raïs (Fcc) et de Fatshi (Cach) se livrent à un exercice susceptible de créer des fissures qui sont pourtant d’une extrême gravité pour la coalition pour les uns, la cohabitation pour les autres.

Tous se réfèrent pourtant à l’article 78 de la Constitution selon lequel «Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois. Le Président de la République nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions sur proposition du Premier ministre». 

La «passe d’armes», on s’en doute, porte sur l’identification ou non d’une majorité parlementaire, c’est-à-dire la nécessite ou non pour le Président de la République de désigner directement l’informateurou le Premier ministre.

***

«La loi est dure, mais c’est la loi», dit-on. De ce point de vue là, l’article 78 doit être appliqué.

Seulement voilà : faite par l’homme qui, par nature, est faillible, la loi en elle-même a son esprit et sa lettre qui sont, eux, perfectibles

Dans le contexte actuel, les forces en présence doivent intérioriser l’esprit et la lettre de la cérémonie d’investiture caractérisée par l’élégance avec laquelle les protagonistes principaux, à savoir le Président sortant Joseph Kabila et le Président entrant Félix Tshisekedi, sont entrés dans l’histoire de la première alternance politique aisée, civilisée ou pacifique (au choix). 

Chacun perçoit cette élégance selon sa propre histoire, sa propre conviction.

En 40 ans de métier, dont une trentaine en qualité de chroniqueur politique, c’est la première fois que je vis pareil événement. A 70 ans d’âge dans deux mois exactement (26 mars 2019), j’ai failli me dire le 24 janvier dernier, à l’instar de Zacharie (père du prophète Jean-Baptiste), «je ne mourais pas avant de voir le salut fait homme».

Par Sa Grâce, Dieu m’a permis de vivre (en live comme on dit) l’événement de la passation des pouvoirs entre deux fils d’opposants historiques (Laurent-Désiré Kabila et Etienne Tshisekedi), mus par la même idéologie (la social-démocratie), assistés ou encadrés par des acteurs politiques et sociaux toutes.  générations adultes et toutes tendances confondues. 

A deux, ils incarnent la réconciliation nationale, fondement de la cohésion nationale.

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Certes, ni la réconciliation ni la cohésion ne sont et ne seront totales à 100 %. D’ailleurs, c’est une grosse illusion que d’y croire. Même Jésus-Christ nous prévient en Matthieu 10 :36 lorsqu’il dit : «et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison».

Mais, c’est justement parce que le même Jésus-Christ nous a donnés en Jean 13 :34 le commandement nouveau «…Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres» que l’effort commun doit être consacré aux intérêts communs dans lesquels le peuple ou la population trouve son compte.

La veille de rendre le tablier, précisément le 24 janvier 2019, Joseph Kabila en appelé à la consolidation de la coalition des forces progressistes pour un «Congo fort et prospère». Le jour de son investiture, Félix Tshisekedi en a appelé à l’émergence d’un «Congo fort et prospère». 

A deux, ils ont ouvert une piste, tracé une voie. 

En toute logique, leurs fervents soutiens ont le devoir de s’y engager, sans nécessairement se livrer à des empoignades à porter à la connaissance du public.  Ils doivent se sentir interdits de se faire tirer les vers du nez.  Ils doivent réaliser combien tout est encore fragile !

Ils ont probablement perçu le geste fort et sympathique de la 1èreDame sortante, Olive Lembe Kabila, lorsqu’elle a arrangé la tenue de sa successeuse, Denise Nyakeru Tshisekedi…

Alors, petit conseil à la coalition Fcc-Cach : balle à terre, svp !

Il faut savoir payer le prix du compromis… 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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