Vérité des urnes et réalités du terrain. Fayulu : la bavure de compter sur des bases d’autrui !

  • «La victoire de Félix Tshisekedi, c’est ma victoire. Je demande à la population de savourer cette victoire». Tenus le 26 janvier 2019, ces propos sont de Gabriel Kyungu… 
  • De président d’Ensemble, ce dernier dit : «Moïse Katumbi Chapwe, qui a la même lecture des choses ainsi que la même vision des faits, ne s’érigera ni en ennemi, ni en obstacle de Félix Tshisekedi. Que l’on cherche ailleurs les ennemis de Félix Tshisekedi»…  

La coalition «Lamuka» tient le 2 février 2019 son premier meeting post-électoral. Pierre Lumbi Okongo s’est chargé, le 26 janvier dernier, de l’annoncer par un communiqué d’une phrase ainsi formulée : «La Coalition LAMUKA informe la population de Kinshasa qu’elle organise un grand meeting populaire avec Martin FAYULU et tous les leaders de LAMUKA le samedi 02 février 2019 à la place Ste Thérèse de N’Djili à partir de 11h00». L’insolite est que ce document, sans adresses physiques, ne désigne ni le signataire ni l’orateur principal par leur qualité. Martin Fayulu n’est même pas présenté en candidat à la présidentiel ni en président de la République élu, et Pierre Lumbi Okongo omet d’indiquer sa propre fonction… 

Le site «7sur7.cd», qui reprend une dépêche de «Vac-Radio» datée du 27 janvier dernier, note que «Lamuka continue à revendiquer la vérité des urnes. Mais certains de ses cadres, proches de Moïse Katumbi, ont tourné la page de la contestation de la victoire électorale à la présidentielle de Félix Tshisekedi. Ils ont adressé leurs félicitations au nouveau président de la République. Un des barons de Lamuka, Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, a déclaré ce samedi que Moïse Katumbi ne peut pas combattre le nouveau président duquel il est proche. Kyungu a même dit que cette alternance est aussi la leur, et qu’à ce titre les congolais devraient la savourer».

            Dans un article publié le même jour sous le titre «Messe du CLC, meeting de LAMUKA. Tshisekedi : les premiers tests s’annoncent !», «La Prospérité» retient au sujet de ce meeting que «Sur l’autre bout de la rive, le malheureux candidat de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, s’apprête à prendre d’assaut la Place Sainte Thérèse. Certainement pour tenter de s’exprimer devant ses militants et sympathisants. Chose qui lui manque depuis un moment… Ce samedi 2 février, si l’autorisation de cette manifestation publique se fait apposer du sceau lui donnant lieu d’être, le désigné de Genève qui se réclame toujours être le ‘Président légitime’ va briser l’omerta».

            Entre-temps, le journaliste Daniel Safu effectue une sortie médiatique de nature à doucher l’enthousiasme de ses compagnons. Dans l’article intitulé «Je suis de LAMUKA et je n’ai aucun intérêt avec F. Tshisekedi, je reste avec M. Fayulu jusqu’à preuve du contraire», il voit déjà ce dernier dans l’Opposition. Saisissant l’occasion de l’installation du bureau provisoire de l’Assemblée nationale (il a été élu député national), il déclare à 7sur7.cd le 28 janvier 2019 : «Faisons la politique rationnelle et non la politique du ventre, où les gens sont soumis à des mutations sociologiques. Je reste avec Martin Fayulu jusqu’à preuve du contraire. Nous mènerons une opposition radicale, une opposition teintée d’intelligence, une opposition qui va étaler les insuffisances de la Majorité et une opposition qui va accuser la Majorité au peuple souverain». 

            Mais, déjà la veille, pour «Le Potentiel» – devenu pro-Katumba, donc pro-Fayulu – la perception du parcours du candidat Lamuka est à la limite du dépit. Voire de l’énervement. Intitulé «RDC : Martin Fayulu jusqu’auboutiste !» et daté du 27 janvier passé, l’article consacré au meeting du 2 février contient trois passages interpellateurs. Le premier est ainsi formulé : «Il sied de noter que Martin Fayulu vient de décliner la main tendue de Félix Tshisekedi et continue à réclamer ‘la vérité des urnes’, s’étant proclamé seul président légitime de la République démocratique du Congo. ‘Qu’on nous parle de la main tendue, c’est impudique, ce n’est pas acceptable. C’est une main qui n’est pas propre’, a rejeté Pierre Lumbi, directeur de campagne de Martin Fayulu, sur RFI». 

Le deuxième : «Toutefois, les messages de félicitation de certains députés proches de l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, avaient jeté le trouble. Dans l’entourage de Moïse Katumbi, on assure que l’ancien gouverneur, très occupé, fixera rapidement l’opinion sur les résultats des élections qui viennent de se passer». 

Le troisième : «Nonobstant la contestation des résultats, les députés nationaux comme provinciaux de Lamuka siégeront bel et bien dans leurs assemblées respectives, en attendant la fin du contentieux. C’est le doyen des députés, Gabriel Kyungu, issu de Lamuka, qui prend la tête du bureau provisoire de l’Assemblée nationale. ‘Nous ne sommes pas pour la politique de la chaise vide et nous allons assumer le leadership de l’opposition’, assure Pierre Lumbi».

Terrain de Sainte-Thérèse dégarni

La «vérité des urnes», telle que réclamée et proclamée par certaines forces politiques et sociales, est confrontée elle-même aux dures réalités du terrain. 

Plusieurs observateurs – surtout étrangers – s’attendaient au lendemain de la proclamation des résultats provisoires par la Céni le 10 janvier et des résultats définitifs le 19 du même mois à une mobilisation forte de la rue en faveur du candidat Lamuka. De Kinshasa, Lubumbashi et Beni-Butembo, l’opinion avertie se préparait à voir des foules, et des foules, et des foules. Et en toute logique, l’Ecidé, le parti politique de Martin Fayulu, devait susciter et entretenir l’événement. 

            Hélas ! Ce parti n’a à proprement parler rien. Simplement parce que les foules observées pendant la campagne électorale ne sont pas les siennes. Elles appartiennent à des plateformes comme «Ensemble» de Moïse Katumbi et «Mlc et Alliés» de Jean-Pierre Bemba. 

Visiblement, ces foules ne voient pas pourquoi continuer de battre le trottoir pour un candidat avec lequel elles n’ont aucun lien idéologique. Ayant porté à l’Assemblée nationale et aux Assemblées provinciales leurs élus dont elles attendent l’installation, elles se positionnent dans l’Opposition.  

La bavure de Fayulu est donc de compter sur des bases d’autrui !

Il est sûr et certain que si ces bases ne reçoivent aucune consigne de participation de la part de leurs leaders, le «président autoproclamé» risque de se retrouver sur un terrain de Sainte-Thérèse dégarni. L’un des grands «mystères» de la campagne électorale à l’américaine est de savoir comment ce candidat n’a pas su placer ses candidats à lui aux législatives et aux provinciales. 

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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