EDITORIAL. Besoin urgent d’un Médiateur de la République !

A peine prend-t-il ses fonctions de Président de la République que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est déjà confronté à des remous sociaux et politiques susceptibles d’affecter son mandat. 

C’est à croire qu’il n’a pas droit aux «100 premiers jours» traditionnels de trêve.

Grèves engagées ou projetées ici, bavures policières là, meeting dit de vérité des urnes ici et là, et encore pour ce dernier avec l’appui du Clc alors que la Cenco voit certains évêques du Kasaï Central se désolidariser d’elle à ce moment précis : les ingrédients de l’explosion ou de l’implosion se réunissent.

Or, le pays est en train de sortir d’un processus électoral éprouvant. Ce qui, normalement, devrait appeler au réarmement moral des forces politiques et sociales en présence, l’heure étant à la consolidation de la cohésion nationale.

***

Coalition ou cohabitation, les Institutions qui se mettent en place doivent admettre l’impératif de cette cohésion impliquant l’inclusivité. D’autant plus que les déchirements de la période pré-électorale et électorale ne sont d’aucun apport positif à l’ère post-électorale.

Effectivement, le Congo ne gagne rien à cet instant précis des grèves organisées ou annoncées.

Bien que se justifiant ou justifiée, la grève des agents de Transco a mis à dure épreuve la patience des Kinois. Deux ou trois jours de plus, on ne sait pas ce qui se serait produit. Dieu merci : le Chef de l’Etat a pris les choses en mains, et les revendications du personnel ont trouvé la réponse appropriée.

Puisse, cependant, que cela n’ouvre pas une brèche. On imagine la catastrophe de l’effet boule de neige qui attendrait la Sctp, la Scpt, Regideso ou l’hôpital Mama Yemo.

Ne se justifiant pas, la bavure policière survenue à Lubumbashi à la suite de la marche des étudiants a entraîné mort d’hommes. Que les victimes soient trois ou quatre sinon plus, que les étudiants aient scandé ou non le nom d’un acteur politique ou qu’ils aient oui ou non provoqué les forces de l’ordre, ce n’était pas une raison pour en arriver là. Résultat : quelques politiciens ont carrément tourné en dérision l’alternance politique opérée le 24 janvier 2019 comme si la rue de l’histoire aurait roulé en leur faveur que le Congo serait devenu édénique du jour au lendemain. 

A propos justement de cette alternance, il est connu de l’opinion que la coalition «Lamuka» – du moins ce qui en reste – tient un meeting le 2 février prochain. Il s’agit, selon les organisateurs, du moyen indiqué pour édifier le peuple sur la vérité des urnes. 

Constatons seulement que la «géopolitique» commence à y faire des ravages. Des terribles terribles. Le leadership oriental(G7) et le leadership central(AR) isolent de plus en plus le leadership occidental(Mlc). Le phénomène atteint déjà le Clc qui s’apprête à quitter l’informel pour le formel. A 70 % occidental, son leadership originel avec Ndaywel, Bokana et Nlandu est pour la vérité des urnes, alias Fayulu. Le pendant central de ce leadership se tait.

Plus grave, la Cenco elle-même est visée par les démons de la division, pardon de l’Ange de la mort. Les évêques du Kasaï Central (ils seront rejoints bientôt par ceux du Kasaï Oriental, du Kasaï et du Grand Kivu) affichent leur solidarité avec le Président Félix Tshisekedi et son directeur de cabinet Vital Kamerhe. 

Le danger est là, réel.

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Que faire pour conjurer le sort ?

On n’a pas à se gêner. Le moment est peut-être venu de désigner un Médiateur de la République, genre ombudsman dans les pays scandinaves. 

Wikipédia décrit ce personnage en ces termes : «L’ombudsman est une personne chargée de représenter un ensemble de personnalités physiques ou juridiques. Son champ de compétence porte sur des différends de type administratif dans le secteur public ou privé. Comme le recours à un médiateur, le recours à un ombudsman est gratuit».

Le poste peut être créé sur le modèle du Cnsa, c’est-à-dire comme une institution d’appui à la démocratie dont la loi portant organisation et fonctionnement pourrait venir après sa mise en place, urgence oblige.

Le Chef de l’Etat peut le faire, en usant de son pouvoir discrétionnaire.

Evidemment, des personnalités susceptibles de faire l’affaire sont là. Il suffit de scruter les sphères politiques, économiques et sociales du Congo vrai. On trouvera bien quelqu’un qui fasse unanimité.

Pour l’heure, la trêve politique s’impose. 

Sans porter atteinte à la liberté d’expression ou d’information, chacun peut y contribuer en mettant suffisamment d’eau dans son vin.

Chacun sait à qui profiterait le crime. Ce n’est ni au peuple dont on se proclame le soldat, ni au «peuple d’abord».

Le pays pourrait ne pas en survivre.

Or, nous n’avons qu’un seul Congo. Celui qui vient de vivre sa première alternance politique en 58 ans et demi d’Indépendance.

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail : omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.com

Facebook : Omer Nsongo

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