EDITORIAL. Au nom et en mémoire du Sphinx…

La date du 1erfévrier entre dans l’histoire de l’Udps avec la même solennité que celle du 15 février. 

La première est celle du décès d’Etienne Tshisekedi en 2017à Bruxelles, un mois après la signature de l’Accord de la Saint Sylvestre dont l’objectif principal était la tenue des élections, à commencer par la présidentielle, les législatives et les provinciales.

La seconde est celle de la création du parti en 1982, l’objectif affiché par les pères fondateurs étant naturellement l’instauration d’une démocratie qui soit porteuse de progrès social.

Entre 1982 et 2017, il s’est écoulé 35 ans dont 8 en clandestinité (1982-1990) et 27 en légalité (1990-2017).

Long, très long parcours caractérisé par la radicalisation.

***

Il aura fallu les deux dernières années (2015-2017) de sa vie pour que, affaibli par la maladie, Etienne Tshisekedi modère ses revendications et rassure ses adversaires. D’où son implication dans les pourparlers Mp/Pprd-Udps aux étapes de Venise, d’Ibiza, de La Haye et de Bruxelles. 

Il est intéressant de relever cette «coïncidence» au sujet de l’initiative de ces contacts. 

Dans la chronique d’hier ayant pour avant-titre «Avant, pendant et après Genval» et pour titre «Vivant, E. Tshisekedi croyait au dialogue avec J. Kabila», recevant en audience son conseiller politique honoraire Valentin Mubake réputé pour son radicalisme, le lider maximo «a fait savoir à son visiteur, en ce qui concerne les rencontres préliminaires au dialogue tant en Italie qu’en Espagne étaient ses initiatives, y compris le rassemblement de GÉNVAL. Il a expliqué que le Dialogue restait la seule voie de sortie de la crise actuelle dans notre pays», relève Augustin Kabuya dans le communiqué mis en ligne sur le site de la fédération canadienne le 4 juillet 2016. 

De son côté, dans le discours sur l’état de la Nation le 5 avril 2017, Joseph Kabila note au sujet du Dialogue que «Ce Forum, précédé lui-même du pré-dialogue entre la Majorité et l’UDPS, tenu dans plusieurs villes européennes, débouchera, à la Cité de l’Union Africaine, sur l’Accord du 18 octobre 2016, entre l’Opposition politique, la Société civile et la Majorité’». 

Ainsi, la volonté de prendre langue a été partagée aussi bien par le président de l’Udps que l’autorité morale de la Mp. 

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Résultat : l’alternance politique – issue des urnes – marquée le 24 janvier 2019 par des images fortes : Joseph Kabila remettant à Félix Tshisekedi la Constitution de la République, Joseph Kabila faisant porter à Félix Tshisekedi le ruban du pouvoir, Joseph Kabila échangeant avec Félix Tshisekedi les sièges du Président sortant et du Président entrant dans une ambiance empreinte de gaieté.  

La chasse aux sorcières ? Le nouveau Chef de l’Etat n’en veut pas. Dans son discours d’investiture, la phrase-clé à retenir est : «La force et l’unité d’un peuple repose sur la solidarité et la réconciliation nationale».

Au nom justement de cette solidarité, aucun des «Genvaliens», présent ou absent à Kinshasa, ne pouvait se permettre de bouder la messe organisée en mémoire de feu Etienne Tshisekedi le 1erfévrier 2019. 

Au nom et en mémoire du Sphinx, tous les acteurs politiques et tous les acteurs religieux qui, d’une manière ou d’une autre, ont rejoint ou soutenu le lider maximo au point de lier son sort au leur ou vice-versa devraient se retrouver en la cathédrale Notre Dame du Congo ne serait-ce qu’en guise de reconnaissance. Les absents, eux, devraient se signaler par des messages, les Ntic leur permettant d’user de l’Internet. 

Si, pour tout et parfois pour pas grand-chose, ils actionnent leurs comptes Twitter ou utilisent la vidéo-conférence, comment expliquer leur silence pour un événement comme celui-là ?

Déjà, le «rattrapage» auquel ils pourraient se livrer au meeting de Lamuka ce samedi 2 février 2019, Place Sainte Thérèse, ne vaudrait rien.

Un proverbe kongo dit : «La mort fait oublier tout», notamment la rancune ou la rancœur. Il en est de même de la célébration de l’anniversaire de la mort, surtout quand on a partagé ensemble fortunes et infortunes. 

Notion relative, la «vérité des urnes», c’est d’abord une question d’état d’âme.

L’important, en cette matière, n’est pas d’avoir perdu ou gagné.

L’important est de savoir ce qu’on fait de sa victoire ou de sa défaite.

Lorsqu’au nom de la «vérité des urnes», on en vient à priver le mentor de son droit aux honneurs post-mortem, c’est qu’on a pas été un bon élève. 

Après tout, dit Blaise Pascal, «Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà».

Au nom et en mémoire alors du Sphinx, tous ceux qui ont bénéficié de l’apport d’Etienne Tshisekedi dans leur carrière et qui ont boycotté la messe du 1erfévrier 2019 doivent l’admettre : ils ont tort !

Simplement parce que la victoire électorale de Félix Tshisekedi est une chose. La messe organisée par l’Udps en est une autre.  

Omer Nsongo die Lema

@omernsongo

E-mail :omernsongo@gmail.com

www.congo30juin.comFacebook : Omer Nsongo

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